Aux États-Unis, l’euphorie suscitée par l’arrivée de Joe Biden au pouvoir s’essouffle, et ce, à un an des mid-terms, les élections de mi-mandat. En cause, notamment, les difficultés que rencontrent les deux grands projets de loi de Joe Biden, sur les infrastructures et la revitalisation de l'État providence. Les négociations patinent... et cela se reflète dans les sondages alors que Donald Trump conserve, voire renforce sa popularité.

Les démocrates sont en perte de vitesse aux États-Unis, affaiblis par plusieurs dossiers sensibles, comme le fiasco du retrait américain en Afghanistan, la crise à la frontière mexicaine qui a conduit à l’expulsion de milliers de migrants… mais aussi les discussions sur les deux grands projets de loi portés par Joe Biden, qui n’avancent pas. « Le temps presse pour le président Joe Biden », pourtant, souligne Corentin Sellin, spécialiste de la politique américaine et chroniqueur chez Les Jours, invité de RFI. Les deux prochaines semaines seront cruciales puisqu’elles détermineront l’adoption ou non de ces projets, qui dépendent l’un de l’autre. Le premier projet porte sur les infrastructures physiques (routes, pont…), le second sur la rénovation de l’État-providence (rénovation du système de santé, projets pour le climat…). En interne, les démocrates ne sont pas d’accord, les modérés critiquent un budget trop élevé, alors que les progressistes souhaitent que ces projets aillent plus loin. « Maintenant que Trump est parti, il faut trouver des points de convergence pour gouverner et légiférer, et là, c’est beaucoup plus difficile », souligne Corentin Sellin.

Donald Trump, de son côté, profite toujours d’une bonne cote de popularité auprès de l’électorat républicain. « Il a réussi quelque chose d’inédit dans le pays : quoique perdant de l’élection, il a utilisé cette défaite qu’il conteste pour renforcer son emprise idéologique dans le parti », analyse le spécialiste. Même les républicains modérés se voient obligés de le soutenir publiquement jusque dans sa théorie de fraude électorale. « De ce point de vue, Donald Trump a réussi son après-présidence en interne ». Reste à voir à présent si ce parti républicain influencé par Trump peut séduire, ou reséduire l’électorat américain. En attendant les mid-terms l’an prochain (2022), les analystes se tournent vers une élection très importante pour Joe Biden : celle de Virginie, le 2 novembre 2021, pour élire un nouveau gouverneur. Un scrutin vu comme un test pour Joe Biden, l’État ayant basculé côté démocrate depuis une quinzaine d’années. Perdre cet État serait catastrophique pour les démocrates.

 

Haïti : regain de tensions et d’insécurité après un kidnapping

17 personnes, des missionnaires de l’organisation Christian Aid Ministries et de membres de leur famille, ont été enlevés ce samedi (16 octobre 2021) dans la région située entre la capitale Port-au-Prince et la frontière avec la République dominicaine. L’institution religieuse basée dans l’État de l’Ohio a donc indiqué ce dimanche après-midi, 24h après les faits, que le groupe est composé de 16 citoyens américains et un citoyen canadien, qu’il comptait 5 hommes, sept femmes et cinq enfants. Vu la zone où cela s’est passé, les soupçons se portent sur le gang appelé 400 mawozo qui contrôle, depuis plusieurs mois, cette large zone du pays.