Rien que pour l’Afrique de l’Ouest, l’élevage est source de revenu pour 80 millions de personnes. La contribution de l’élevage au PIB agricole est de l’ordre de 5% dans les pays côtiers, contre 40% en moyenne pour les pays sahéliens. Les systèmes pastoraux fournissent 50% de la production de viande et 70% de la production de lait. Dans les faits, on a aujourd’hui la combinaison de l’insécurité et des effets de la pandémie du Covid-19 dans les pays du Sahel et de la Savane.

L’élevage de bétail est une activité ancienne en Afrique. Il demeure traditionnel pour une large part. Toutefois, ce type d’élevage procure divers revenus, et participe largement à la lutte contre la pauvreté dans ces zones. La structure type de cet élevage traditionnel, c’est ce que les spécialistes appellent une exploitation pastorale familiale.

Pour l’essentiel, cet élevage traditionnel est dit transhumant. On garde un petit noyau au village pour le lait et la viande, et l’éleveur conduit son troupeau à travers la savane, à la recherche de points d’eau et de pâturage. Dans l’ensemble, on est tributaire des saisons. Lorsque la saison agricole commence, on quitte les zones agricoles de savane pour migrer vers les zones arides du Sahel. À la fin des récoltes, le troupeau prend le chemin inverse, suivant l’assèchement des points d’eau et la raréfaction des pâturages.

Cette transhumance ignore évidemment les frontières des États. Et voilà que les gouvernements décident la fermeture des frontières, et la quarantaine des villes, qui sont les principaux pôles de ravitaillement en intrants et les points de vente de la production.

Invité :Le docteur Ibrahima Aliou, secrétaire général de l’Association pour la promotion de l’élevage au Sahel et en savane (APESS).

Production : Sayouba TraoréRéalisation : Ewa Piedel