Fonio, mil, sorgho, maïs, avoine, sarrasin, amarante...  Les noms de certaines de ces céréales traditionnelles, ancestrales sont presque inconnus des enfants, nés en ville, nourris d’un blé ou d’un riz produit loin de chez eux. Céréales précuites, empaquetées, transformées, cuisinées sans parfois connaître l’aspect de la plante dont elles proviennent. Le dégué, servi au petit déjeuner au Sénégal, de quelle plante vient-il ? Où pousse-t-il ?
En nous installant en ville, notre alimentation a changé, notre façon de manger, et nous avons oublié, nous nous sommes adaptés. Les produits agricoles ont progressivement quitté nos marmites, et nos cuisines, notre connaissance de ces produits est restée en périphérie, en dehors de la ville. Une déconnexion, ce qui nous donne aujourd’hui, à nous mangeurs, l'impression tout de même de ne plus trop rien maîtriser. De ne plus être indépendant en ville quand les campagnes le sont encore. De ne plus manger ce qui pourrait être bon pour nous ?
La question se pose d'autant plus que le sorgho a le vent en poupe, le fonio - très digeste et sans gluten - est à la mode aux Etats-Unis, en Europe !!! Tout comme le mil ! Les manies alimentaires sont des phénomènes étranges, n'est-ce pas ?
Et si nous prenions le temps d’une émission pour redécouvrir ces céréales ancestrales, avec nos invités : Fatou Ndoye, sociologue, responsable du pôle sécurité alimentaire à l’ONG Enda Graf Sahel à Dakar, Charlotte Konkobo Yameogo, ingénieur au Centre national et technique du Burkina Faso au département technologie alimentaire, et Nicolas Bricas, socio-économiste au CIRAD et directeur de la Chaire UNESCO Alimentation du monde.

RECETTES :
Tirées du livre « Les bons bols de graines », de Nick Williamson, aux éditions Phaidon.

Avec pour la musique :
Yarabina, de Mory Kante
Seydou, de Salif Keita.