En 1619, les premiers esclaves africains débarquaient contre leur gré sur les côtes de l'ancienne Virginie, colonie britannique d'Amérique du Nord. 4 siècles plus tard, le musicien, dessinateur et auteur, Bruno Blum, édite un coffret 3 CDs intitulé «Slavery in America» (Frémeaux & Associés) qui revitalise les chants, danses et rythmes issus de la rencontre fortuite et brutale de plusieurs cultures ancestrales.
 
Ces échos sonores de la destinée des Noirs aux Etats-Unis, dans les Caraïbes, en Amérique latine et en Afrique sont des documents précieux qui narrent l'histoire tragique de millions de «nègres» opprimés, dont la force expressive a résisté aux intimidations, humiliations et brimades quotidiennes. Qu'il s'agisse de Candomblé, de Santeria, de Bèlè, de Gwoka ou de Negro-Spirituals, la volonté farouche de clamer son identité a nourri les répertoires de la diaspora noire dans le monde. 
Au-delà de la dimension sociologique de ces trésors musicaux, l'écoute d'archives, parfois centenaires, nous éclaire sur l'importance de préserver un patrimoine et de le transmettre aux générations futures. Comment ne pas vibrer sur les chants d'invitation à la danse enregistrés en 1933 à Brazzaville ? Comment ne pas saluer le courage de Paul Robeson ou Marcus Garvey, légendaires activistes, dont les voix nous sont restituées aujourd'hui. 
De la traite négrière au retour vers la terre promise, «L'épopée» de la communauté noire fut un long chemin de douleur physique et de souffrance psychologique que seule la musique a su accompagner au fil des décennies. Elle est l'âme des esclaves et résonne dans le cœur des humanistes à l'échelle planétaire. De Jules Sims en 1914 à Mahalia Jackson en 1956, de Duke Ellington en 1926 à Count Ossie en 1961, la mémoire héroïque des premiers combattants de la liberté rejaillit avec éclat dans des œuvres mélodiques lancinantes et désormais intemporelles. 
 
http://www.africanamericanhistorymonth.gov/