Il y a 50 ans, un groupe de jeunes étudiants maliens, portés par le vent de l’histoire, se retrouve à La Havane, à la faveur d’un échange interculturel transatlantique entre Cuba et le Mali. Le contexte politique d’alors profite au continent africain qui vit les indépendances avec enthousiasme et espoir. Sur l’île de Fidel Castro, nos apprentis musiciens découvrent les musiques locales, le Cha Cha Cha, le Mambo, le Boléro… Ils se mettent en tête de former un groupe emmené par le jeune Boncana Maïga. Las Maravillas de Mali voient le jour, enregistrent un album et font sensation aux Caraïbes.

Au Mali, les temps changent. En 1968, le président Modibo Keita est renversé par un coup d’État fomenté par le lieutenant Moussa Traoré. Les Maravillas ne peuvent plus jouir du partenariat entre le Mali et Cuba et sont contraints de rentrer au pays. L’aventure aurait pu s’arrêter là, mais le réalisateur français Richard Minier eut l’envie d’en savoir plus et mena l’enquête pendant 20 ans. Son film "Africa Mia" raconte avec sensibilité la destinée d’un orchestre devenu légendaire ! Tout commence à l’aube d’un nouveau millénaire. Le 31 décembre 1999, Richard Minier passe le réveillon à Bamako. C’est la première fois qu’il se trouve sur le continent africain et se plaît à observer les célébrations de la Saint-Sylvestre. Il arpente les rues, les clubs, les lieux festifs où la population s’apprête à accueillir l’an 2000. Son œil est alors attiré par un musicien totalement habité par son interprétation du répertoire afro-cubain. Il s’appelle Dramane Coulibaly. Sa rencontre avec Richard Minier marquera le début d’un projet cinématographique inattendu, inespéré, imprévu.

En dialoguant avec son nouvel ami, Dramane, Richard Minier réalise qu’il est en présence d’un interlocuteur essentiel, un ancien membre des fameux "Maravillas de Mali". Il se met en tête de retrouver tous les musiciens d’origine et de les réunir à nouveau. Au fil de ses allers-retours entre Paris et Bamako, il imagine un documentaire narrant l’épopée de ces valeureux artistes, pionniers d’une "world-music" qui ne dit pas son nom. S’il sympathise rapidement avec les différents acteurs de cette formation historique, il peine à convaincre le leader du groupe, Boncana Maïga, à se retourner sur son passé. Finalement, sa force de persuasion et son franc-parler portent leurs fruits. Le maestro daigne lui accorder audience et une camaraderie sincère voit le jour. Richard Minier comprend alors qu’il va pouvoir poursuivre son cheminement et achever son tournage. Cependant, les mois passent et les Maravillas vieillissent.

En 2016, Boncana Maïga est désormais le dernier représentant d’une destinée musicale unique. Artiste aguerri, producteur, compositeur, arrangeur, homme de télévision, il pressent l’urgence de faire à nouveau le voyage vers Cuba. Il y retrouve une part de sa jeunesse, de sa vérité, et peut envisager une nouvelle étape de sa vie d’instrumentiste. Il réunit au studio Egrem de La Havane, où tout avait débuté, une dizaine de musiciens locaux dont certains vieux amis d’antan et enregistre enfin un nouvel album, 50 ans après la création du disque original. Les caméras de Richard Minier immortalisent cet évènement. Les larmes de joie et de nostalgie accompagnent ces retrouvailles cubaines émouvantes, bouclent la boucle et promettent peut-être d’autres productions à venir… Après les premières projections françaises, "Africa Mia", le film mis en images par Richard Minier et Édouard Salier, sera distribué dans le monde entier. Nul doute que les capitales africaines seront impatientes de découvrir ce merveilleux conte patrimonial.

→Bande annonce de Africa Mia - La Fabuleuse Histoire des Maravillas de Mali.