À 55 ans, il était temps, pour le batteur Jean-Philippe Fanfant, de réunir enfin ses acolytes et amis autour d’un projet musical transatlantique audacieux. Entre la Guinée Conakry, les Antilles et les États-Unis, son voyage sonore nécessitait l’apport virtuose de quelques pointures de "L’Épopée des Musiques Noires" dont Manu Katché, Andy Narell, Guy Nsangué, Michel Alibo, Allen Hoist, Roger Raspail, Stéphane Castry, notamment… Since 1966 est un album riche, ambitieux, inspiré. Il ne manque plus que les oreilles avisées des amateurs de swing pour lui donner l’éclat populaire qu’il mérite. 

En Guadeloupe, la famille Fanfant est une institution… Ce sont quatre générations d’instrumentistes qui nourrissent un patrimoine séculaire. Au fil du temps, les traditions ont résisté mais se sont très progressivement transformées. La musique est évidemment l’une des matrices de la culture antillaise, le gwoka et le bèlè, notamment, ont accompagné l’évolution des mœurs et l’histoire populaire caribéenne. Jean-Philippe Fanfant est le fruit de ces constantes mutations ultramarines. Conscient de l’importance de préserver un héritage, il mâtine ses prestations toujours plus inventives d’une rythmique respectueuse des origines qu’il peaufine au hasard de rencontres et voyages intercontinentaux. Qu’il se produise avec Touré Kunda, Angélique Kidjo, Sting, Shaggy, Tania Maria ou Mario Canonge, il conserve cette exigence et cette cadence que ses racines lui imposent. 

 

Après des décennies de collaborations fructueuses aux quatre coins de la planète, il lui fallait se poser pour envisager une œuvre personnelle. La pandémie eut, au moins, cette vertu de lui donner du temps. Il convia des complices, des partenaires, à participer à son album. Since 1966 narre le cheminement artistique d’un polyrythmicien aguerri qui se balade de Conakry à New York, de Paris à Basse-Terre avec le secret espoir d’ouvrir notre esprit et nos oreilles aux différentes effluves de son univers multicolore. Les contours de ce paysage-là ne sont pas définitifs, Jean-Philippe Fanfant nous laisse le choix de poursuivre l’exploration, il suffit d’être curieux et attentif. Sa maîtrise mélodique et plurielle ne milite pas pour une meilleure exposition des traditions caribéennes, elle les affirme. Vous n’entendrez jamais Jean-Philippe Fanfant se plaindre d’être boudé par les médias métropolitains. Il sait que son travail incessant sur scène et en studio œuvre pour sa légitimité. 

 

Écoutez Kanary Conakry, Oh Happy J, Peyi Béni ou Diamente et vous ressentirez instantanément la diversité sensible de ce répertoire nourri de notes africaines, américaines, antillaises ou cubaines. L’universalité de cette invitation sensorielle est manifeste et aussi chaleureuse que le sourire radieux de son auteur. 

Jean-Philippe Fanfant vous donne rendez-vous, le 13 octobre 2021, au Sunside à Paris. Il sera entouré de ses plus fidèles compagnons de route et nous réserve quelques surprises de taille ! 

 

⇒ Le site de Jean-Philippe Fanfant.