La flûtiste et compositrice Naïssam Jalal invente une musique riche et inspirée qui reflète sa quête identitaire, ses recherches de sens et de sons et sa foi en l’amour.

Le site de Naïssam Jalal

Son identité française et arabe, sa sensibilité jazz, son éducation classique, ses passions hip hop et funk, ses désirs de liens et de silences, rien n’est vraiment le fruit du hasard, tout s’inscrit dans un élan global, ouvert sur le monde visible et les univers invisibles. Elle est une trajectoire solide et sincère qui, de la colère aux rêves, ne néglige aucune émotion.

Naïssam Jalal est née en banlieue parisienne de parents artistes peintres. De ces formes et de ces lignes, il n’y a qu’un pas pour réveiller la musique. Ils chantent l’un et l’autre, et entraînent leur fille à l’unisson ou en canon, l’inscrivent au jardin musical puis au Conservatoire. Au premier son, au premier éclat lumineux sur l’instrument à la posture immémoriale, son choix se pose une fois pour toutes sur la flûte traversière. Dès l’enfance, elle étudie la musique classique, adolescente découvrant d’autres musiques, elle se tourne provisoirement vers la guitare. À l’époque, elle n’aime pas le jazz. La musique arabe et les chants d’Oum Kalthoum ou de Faïrouz qui, souvent, résonnent dans la voiture familiale l’horripilent.

À ses oreilles formatées par le système tempéré occidental, les voix de ces monuments de la musique arabe contemporaine sonnent faux. À 17 ans, diplôme du Conservatoire en poche, elle est bien décidée à découvrir d’autres grammaires. Lors du vernissage d’une exposition paternelle, un mai lui lance le défi d’improviser. Elle essaye et le miracle opère. De vieilles émotions enfouies surgissent et un grisant sentiment de liberté se réveille. Elle se fait le serment de devenir musicienne professionnelle. Peu après, elle plonge dans l’aventure funk de la fanfare Tarace Boulba.

À 18 ans, elle prend le large pour entamer sa quête identitaire et part pour la Syrie de ses ancêtres, étudier le nay au Grand Institut de musique arabe de Damas. Naïssam y découvre un autre monde musical, dans lequel on se délecte de quarts de tons. Plus la musique flotte dans ses oreilles et dérange les acquis de sa formation classique, plus elle en comprend l’âme magnifique. Puis elle s’envole vers l’Égypte.

Rapidement, elle rencontre Abdo Dagher, immense violoniste de musique classique arabe et musicien d’Oum Kalthoum et d’Abdel Wahab. Il la prend sous son aile, lui enseigne son art, elle en acquiert les subtilités et découvre l’importance de silence qui, chez les chanteurs-récitants du Coran par exemple, approfondit le sens et sublime la note.

Au bout de 3 ans, elle rentre en France, transformée. Elle entreprend des études de philosophie à l’Université Paris 8 et court les jams sessions. Son jeu de flûte séduit Hilaire Penda, Cheick Tidiane Seck, Mamani Keïta ou Moh Kouyaté. Elle fait alliance avec le rappeur libanais Rayess Bek, voyage et découvre le Liban où elle rencontre Osloob, un chanteur rappeur et beatboxeur palestinien ave lequel elle dessine un duo qui s’appellera plus tard Al Akhareen.

En 2011, elle décide de monter son propre groupe Rhythms of Resistance, et Un Autre Monde est le 3ème et double album du quintet, enregistré pour moitié avec l’Orchestre National de Bretagne.

Titres joués dans l’émission

  • Paysages de notre destin avec l’Orchestre national de Bretagne (album Un autre Monde 2021)

  • Un sourire au cœur avec l’Orchestre national de Bretagne voir le clip  (album Un autre Monde 2021)

  • Buleria Sarkhat Al Art avec 5tet Rhythms of Resistance voir le clip  (album Un autre Monde 2021)

  • Am Abdo Naïssam Jalal feat. Abdo Dagher (album Om Al Aagayeb 2019)

  • Samaaï Al Andalus avec 5tet Rhythms of Resistance (album Un autre Monde 2021).

 

Playlist de Naïssam Jalal

  • Dawayer Osloob (album Dawayer 2020) voir le clip

  • Ashhad Ya 3alam Al Aasheqin

  • Oh lord Bring Apartheid crashing down Dimi Mint Abba 

  • Baje Re Muraliya Baje Bhimsen Joshi et Lata Mangeskar.