Nous recevons d’abord Gabriel Saglio qui présente son nouvel album Lua chez Daydream Music.

Featuring Bonga, Cyril Atef, Sekouba Bambino, Lucia de Carvalho.

Né au sein d’une fratrie d’artistes, Gabriel Saglio parcourt la France depuis 2003 avec le groupe qu’il a fondé : "Les Vieilles Pies". Il réalise ainsi près de 700 concerts: 6 musiciens sur scène et des Live réputés pour leur générosité. Malgré une même équipe toujours très active sur scène, Gabriel Saglio assume cette fois un album à son nom. Chanteur, auteur, compositeur, il porte haut le verbe et la qualité de texte tout en invitant chacun dans une musique festive et métissée.

Son opus précédent sorti en 2018: «Le Chant des rameurs» avait déjà commencé à creuser un sillon original à ce chanteur curieux à mi-chemin entre la Chanson Française et la musique d’Afrique de l’Ouest. Récompensé par un coup de cœur de l’académie Charles Cros côté Chanson et une invitation pour un Live à "l’Afrique en Solo" de France Inter côté Afrique, le pari audacieux de cette union a, semble-t-il, réussi…

Nous retrouvons donc Gabriel Saglio avec ce nouveau disque: Lua ( = Lune en portugais).

Cet élégant voyageur a décidé d’approfondir son créneau de chanson métissée, mais nulle possibilité pour lui d’être là où son public l’attend. Un pas de côté et le voilà qui revient avec ses dix nouvelles chansons aux rythmes syncopés d’une Afrique Lusophone cette fois.

Si Gabriel Saglio signe une fois de plus les textes de ce nouvel album, les musiques, elles, ont été composées en trio avec l’aide de deux de ses musiciens: Yoan Hernandez (guitare) et Vincent Barrau (basse).

L’Afrique Lusophone se fait entendre avec des rythmes empruntés aux musiques du Cap-Vert, de Guinée Bissau ou de l’Angola. Avec des textes toujours en français, la mélancolie de la Morna ne semble pourtant jamais bien loin dans la voix éraillée de Gabriel Saglio, les guitares se font tantôt Cavaquinho tantôt nerveuses pour danser le Funana avec l’accordéon et toujours la basse et les percussions invitent à la danse grâce aux syncopes de ces musiques enivrantes. Alors, quand la danse bat son plein, de nombreux chœurs inondent soudain cet album, nous plongeant définitivement dans l’héritage de ce Cap-Vert des années 70-80 ou la Guinée Bissau des Super Mama Djombo.

Comme dans son précédent opus, Gabriel Saglio réussit à embarquer avec lui quelques passagers prestigieux venus apporter leur souffle reconnu à ses voiles:

➜ le batteur Cyril Atef signe la plupart des batteries de cet album qui lui ressemble

➜ la chanteuse Lucia de Carvalho (Angola / Brésil) vient poser sa voix sur le sensuel « Dans tes bras ».

➜ le beatmaker nantais Raphaël d'Hervez participe au son électronique avec "Nuage"

➜ le compagnon de route du précédent opus (et invité régulier sur scène) Sekouba Bambino (Guinée Conakry) vient rappeler qu’il est bien l’une des plus belles voix d’Afrique.

➜ le mixage a été réalisé par Olivier Lude au studio Ferber (M, Brigitte Fontaine, Johnny Hallyday)

Enfin, comme Gabriel Saglio semble connaître les figures tutélaires de ces musiques qu’il affectionne, il s’offre même l’incroyable chance d’un duo avec la plus grande voix de cette Afrique Lusophone : le chanteur Bonga.

Titres de Gabriel Saglio

Lua Feat. Bonga voir le clip 

Ma terre voir le clip 

Dans Tes Bras Feat. Lucia De Carvalho

Demain

Stance à Marquise Feat. Sekouba Bambino

Puis, nous recevons Ikonoklasta du duo Ikoqwe pour l’album The Beginning, The medium, The End & The Infinite sorti chez Crammed Discs.

IKOQWE est un duo de personnages de fiction qui débarque d'un espace-temps à des années lumière de notre réalité. Confrontés au monde d'aujourd'hui, ils nous transmettent leurs impressions tout au long de cet album qui mélange allègrement musique électronique, hip hop et sonorités d'instruments angolais ancestraux.

IKOQWE est né de l’union de deux vieux amis, étroitement liés à la scène musicale de Luanda: Pedro Coquenão, connu sous le nom de Batida (artiste né en Angola et élevé à Lisbonne et l’un des leaders de la nouvelle vague de la musique électronique africaine) est 'Coqwe', tandis que Luaty Beirão alias Ikonoklasta (rappeur angolais devenu activiste iconique) est ‘Iko’.

Son inspiration vient autant du hip hop old school que de la musique traditionnelle angolaise. Certains morceaux comportent des sons provenant d’archives de la Bibliothèque internationale de musique africaine. IKOQWE a utilisé des enregistrements de terrain réalisés en Angola par l'ethnomusicologue Hugh Tracey, dans les années 50. Ils ont surtout travaillé avec des enregistrements comportant des ngomas, des dikanzas et des kissanges (pianos à pouces), l'instrument emblématique utilisé dans toute l'Afrique, dont la popularité a été renforcée grâce au groupe Konono N° 1. On se souvient peut-être que le dernier album de Konono N° 1 était une collaboration avec Batida, donc tout cela prend tout son sens…

La musique et les paroles ont été écrites par IKOQWE et produites par Batida, parfois en collaboration avec des noms-clés de la musique de danse portugaise (Celeste Mariposa a co-écrit et coproduit The Medium, Octa Push a coproduit Vai de C @ n @! ), et avec l'artiste sud-africain Spoek Mathambo, qui a travaillé sur Falta Muito? .  

Titres d’Ikoqwe

Pele voir le clip

Faita Muito ? Feat. Spoek Mathambo

Vai de C @ n @!  Feat. Octo Push.

Archive 2018

►À écouter sur RFI Musique : Angola, la voix contestataire du rappeur Luaty Beirão