C’est à Evora, dans la région de l’Alentejo au Portugal, que s’est tenue en juin 2021 la 1ère édition du Festival Imaterial.

Le centre-ville d’Evora a été classé au patrimoine mondial en 1986. La ville-musée convoite le titre de capitale culturelle européenne en 2027.

D’autre part, le cante alentejano est inscrit depuis 2014 au patrimoine culturel immatériel de l’humanité. Voilà un faisceau de raisons qui a abouti à la création de ce festival, monté par Carlos Seixas (créateur du FMM, festival Musicas do Mundo à Sinès, et la programmation mensuelle de Ciclo Mundos au Teatro de Trindade à Lisbonne).

 

Nous avons suivi les 3 premières nuits du festival et nous avons rencontré :

Carlos Seixas, fondateur (Portugal), Ballaké Sissoko, kora (Mali), Lucy Duran, productrice (GB), Aynur, chant (Turquie), Monika Lakatos, chant (Hongrie), Ernts Reijseger, violoncelliste (Pays-Bas) et Concordu & Tenore d’Orosei, quintet vocal (Sardaigne).

 

Ballaké Sissoko a fait l’ouverture du festival, le 18 juin 2021, dans le magnifique théâtre de style italien Garcia de Resende. Ballaké s’est produit seul et a présenté en partie son nouvel album Djourou. Dans le public, ce soir-là, une festivalière attentive, Lucy Duran, musicologue et productrice anglaise des 1ers albums de Toumani Diabaté. Elle parle de l’évolution du jeu de Ballaké Sissoko.

 

Aynur s’est imposée comme l’une des voix importantes de la musique kurde en Turquie, où elle ne vit plus depuis 5 ans.

Monika Lakatos perpétue la tradition musicale rom des Olahs de Hongrie, au sein de plusieurs formations comme Romanino ou Romengo. À Evora, elle s’est produite avec son mari Mihàly Mazsi Rostas (guitariste du groupe Romano Drom).

 

Ernts Reijseger est un compositeur et violoncelliste hollandais. On le connaît pour ses musiques de film avec le réalisateur allemand Werner Herzog. Ce passionné de jazz, de musiques improvisées tourne avec le groupe polyphonique sarde Concordu E Tenoré d’Orosei, et propose une relecture des chants pastoraux et religieux de l’île. À Evora, les chateurs sardes étaient en résidence avec le Grupo de Cantares de Evora (le célèbre Cante alentejano qui crée du lien social et du dialogue entre les générations).

Ce festival est aussi l’expression dans l’esprit de son créateur, Carlos Seixas, de "faire attention à l’autre, l’étranger. Je ne veux pas tolérer l’intolérance. Quand on oublie l’autre, on oublie aussi la diversité et la richesse de la démocratie".