Un nouveau supercalculateur vient d’être déployé au Royaume-Uni. Le Cambridge-1 a été développé par la firme américaine Nvidia qui a employé ses technologies de processeurs graphiques conçus à l’origine pour les gamers. Cette machine qui excelle dans le domaine du calcul ultra intensif est entièrement dédiée à la recherche médicale.

Employés de longue date pour les besoins de la recherche dans tous les domaines scientifiques, les supercalculateurs et leurs programmes d’intelligence artificielle représentent un nouvel enjeu stratégique de domination technologique pour les nations du monde. Et dans cette course, la firme Nvidia avec ses processeurs graphiques conçus à l’origine pour les gamers, se positionne comme un acteur majeur du calcul intensif. L’entreprise américaine vient de finaliser pour le Royaume-Uni un supercalculateur dénommé le Cambridge-1.

Ce monstre de puissance informatique est dédié à la recherche médicale dans des domaines critiques comme la mise au point de traitements contre la démence, le séquençage génomique et la découverte de nouveaux vaccins pour lutter contre les épidémies d’origine virale, nous explique Nadim Daher, responsable du développement Santé chez Nvidia. 
« Une tendance de fond » 
« Il s’agit d’un supercalculateur axé sur la recherche dans le domaine de la santé, les premiers partenaires à en bénéficier sont : l’industriel Oxford Nanopore qui fabrique des séquenceurs génomiques, deux acteurs majeurs du soin, le King’s College of London et l’hôpital Guy's and St Thomas' et deux géants de l’industrie pharmaceutique que sont AstraZeneca et GSK (GlaxoSmithKline). Le recours aux supercalculateurs est actuellement une tendance de fond dans le domaine de la recherche médicale. Ces machines de calcul intensif permettent de réaliser des simulations « in silico », c’est-à-dire effectuées au moyen d'ordinateurs dont les puces sont principalement composées de silicium, par opposition aux méthodes dites classiques avec lesquels on réalise dans une éprouvette toutes les combinaisons possibles entre un médicament potentiellement thérapeutique et une cible biologique, ce qui est particulièrement fastidieux et très long », dit Nadim Daher.

Puis Nadim Daher de poursuivre : « Ces tests sur un supercalculateur sont bien plus rapides, par exemple, dans le cas du coronavirus, cette méthode nous a permis d’identifier en quelques mois la protéine Spike qui permet au virus de pénétrer dans les cellules saines. En la modélisant très finement les chercheurs ont pu trouver quel type de molécules pouvait la neutraliser en effectuant des tests d’affinités entre cette protéine qui a été soumise à des milliards de combinaisons moléculaires potentiellement intéressantes et de la synthétiser en laboratoire pour élaborer des vaccins. »
Tester virtuellement des milliards de molécules
Cette puissance numérique au service de notre santé a déjà démontré son efficacité pour mettre au point les vaccins anti-Covid. Et permettra de tester virtuellement des milliards de molécules pour élaborer de nouveaux traitements à la vitesse de l’éclair. Un supercalculateur éprouvette en quelque sorte qui préfigure, sans doute, ce que sera le monde médical de demain ! Guérir mieux, plus vite et se prémunir quasi en temps réel contre n’importe quelle crise sanitaire mondiale !

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