Pouvoir facilement contrôler ses appareils high-tech uniquement par la pensée est le service que le réseau social Facebook compte bientôt proposer à ses 2 milliards d’abonnés. C’est la raison pour laquelle la firme américaine vient de racheter une jeune entreprise qui a conçu un bracelet électronique capable de détecter les influx nerveux que le cerveau envoie aux muscles du bras.

« Toute technologie suffisamment avancée est indiscernable de la magie », affirmait l’homme de science et écrivain d’anticipation, Arthur C. Clarke. Et il avait bien raison : sites web, réseaux sociaux, plateformes vidéo, smartphones, casques de réalité virtuelle et augmentée, les sciences du numérique nous ont offert le don d’ubiquité.

Dernière frontière technologique à franchir selon les grands manitous de la high-tech : connecter nos cerveaux aux machines. Et nous y sommes ! Le réseau social Facebook, depuis 2017, développe des interfaces non invasives, c’est-à-dire sans implants neurologiques, qui permettraient de taper du texte sur son smartphone uniquement à l’aide de son influx nerveux.

« Zappette psychique »

Le projet avait soulevé de nombreuses craintes concernant le piratage possible de nos caboches connectées sur un réseau qui serait géré par la firme américaine. On se demande vraiment pourquoi ! Car « il ne s’agit pas de décoder vos pensées passagères, mais de choisir celles que vous voudrez bien partager », argumentaient alors les ingénieurs et les chercheurs de Facebook. Afin d’offrir ce nouveau service « télépathique » bien avant ses concurrents, le réseau social a fait l’acquisition de l’entreprise CTRL-labs pour une somme estimée, selon la presse financière, entre 500 millions et 1 milliard de dollars.

Pourquoi cet investissement ? La jeune société new-yorkaise a créé un bracelet capable de transformer en commande informatique des impulsions nerveuses envoyées par le cerveau aux muscles des bras et des mains. Une « zappette psychique », en quelque sorte, qui permet à son porteur de piloter n’importe quel appareil électronique connecté en « Bluetooth ».

Développement à grande échelle

Le dispositif a été imaginé pour remplacer nos souris ou nos doigts sur les écrans tactiles. L’appareil « saisit votre intention, et vous pouvez ainsi partager une photo avec un ami à travers votre smartphone, avec un mouvement imperceptible, ou simplement en y pensant », précise le responsable de la réalité augmentée et virtuelle chez Facebook.

Pour l’instant, la technologie est toujours en cours de développement, « nous espérons pouvoir la construire, à grande échelle, et l’apporter aux consommateurs très rapidement », indique le vice-président de Facebook. Sans doute, la première étape vers un système de messagerie ultime s’affranchissant de la parole et de l’écrit pour communiquer, et sur lequel nous devrons peut-être renoncer à ce qui nous reste de vie privée, quand nos pensées s’afficheront aux yeux de tous à longueur de réseau.

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