La jeune pousse française Maca, qui a développé un prototype de voiture volante propulsée par hydrogène, a fait sensation à Dubaï lors de la 41e édition du Salon international des technologies, le Gitex. Avec sa silhouette de drone aux allures résolument futuristes, la Maca Carcopter est prête à en découdre avec les bolides de la Formule 1.

Ne cherchez pas des roues sur la Maca Carcopter, elles n’existent plus. Et pour cause, cette voiture volante dont la forme et l’aérodynamisme s’inspire directement des insectes est capable de voler théoriquement jusqu'à 250 km/heure entre deux et 150 mètres d'altitude.

Imaginé en 2018 par Michael Krollak, un ancien cadre d’Airbus et l’ex-pilote de chasse Thierry de Boisvilliers, l’engin définitif fera entre cinq et six mètres de long et fonctionnera d’abord avec des batteries. Mais ses concepteurs, qui ont créé leur jeune pousse Maca à Aix-en-Provence, annoncent travailler sur l’hydrogène pour propulser la machine. 
Des compétitions pour tester la voiture du futur
Pour tester les performances de leur aéronef futuriste, ils ont décidé de se lancer dans des compétitions d’un nouveau genre aussi spectaculaire que ceux de la Formule 1, nous précise Thierry De Boisvilliers :

« Ce projet s’inscrit de façon générale dans les problématiques de la mobilité future et nous souhaitons nous lancer dans le domaine de la compétition pour développer les meilleures technologies pendant quelques années puis de les porter sur d’autres véhicules comme les taxis volants, par exemple. Parce que la course est un domaine moins régulé que celui du transport public qui permet de développer beaucoup plus rapidement des briques technologiques de rupture. La compétition est l’occasion aussi de créer un nouveau type de spectacle, nous souhaitons ainsi mixer la réalité des courses avec des images virtuelles, c’est-à-dire faire tourner sur des circuits des véhicules et retransmettre ces images augmentées à l’aide des techniques de réalité virtuelle interactive pour les internautes.

Nous avons aussi étudié la possibilité de faire voler notre bolide avec des batteries électriques dans un premier temps, mais nous nous sommes rendu compte que ce n’était pas possible. Avec des batteries, si vous voulez augmenter l’endurance et la puissance du véhicule, vous augmentez forcément la masse de l’appareil et c’est un véritable problème pour un engin de compétition. Nous avons donc décidé de nous lancer dans l’utilisation de l’hydrogène comme vecteur d’énergie, ce qui permettra une plus longue endurance, et comme les technologies dans le domaine de l’hydrogène avancent rapidement, nous sommes confiants de pouvoir prochainement les intégrer à la Maca. »      
Une voiture volante pour tous 
Le premier prototype de la Maca Carcopter a déjà été réalisé à l'échelle un tiers. Il bénéficie d’un pilotage manuel semi-automatique qui est entièrement assisté par des technologies dites cognitives. Les détecteurs de la machine scannent l'environnement et permettent d’anticiper les chocs en intégrant le système du laser Lidar qui est utilisé par les voitures autonomes pour éviter les obstacles.

L’électronique embarquée analyse également les comportements du pilote, corrige ses erreurs. Si les capteurs détectent une trop grande nervosité chez le navigateur par exemple, l’engin ralentit automatiquement son allure.

Les premières compétitions hybrides virtuelles et réelles de la Maca devraient débuter en 2023, mais cet objectif « sportif » ne cache pas les ambitions de ses concepteurs : celui de rendre accessible au grand public une « voiture volante » propulsée par hydrogène, sécurisée et fonctionnelle.