Cet été Dominique Desaunay vous revenez sur les nouvelles technologies qui ont marqué le début de l’année 2021. Cette semaine, nous nous intéressons à l’Afrique qui est confrontée, depuis longtemps, à d’importantes difficultés sociales écologiques et économiques dans un secteur agricole, peine à subvenir aux besoins alimentaires essentiels des populations. Mais  l’essor du numérique pourraient aider de nombreuses filières agricoles à se structurer. 

Logiciels d’aide à la décision, météo spatialisée, capteurs d’état du végétal, des animaux, de l’environnement et cultivateurs ou éleveurs robotisés. L’agriculture est devenue le domaine d’application privilégié des technologies du numérique dans de nombreux pays du monde. L’Afrique profite également de cette « révolution verte » high-tech et connectée avec le développement de plates-formes numériques spécifiques réservées aux petits agriculteurs.  Un ensemble de services en ligne et d’applications pour mobiles qui leur assurent une activée pérenne et leur permet de vivre décemment de leur travail, nous précise Jean-Michel Huet, associé et chargé du développement international et de l’Afrique chez BearingPoint, une société de conseil en management et en technologie.

« En moyenne un agriculteur en Afrique à un revenu entre 900 et mille euros par an et j’ai bien dit par an ! On est encore dans une agriculture très vivrière et très familial. Une des principales problématiques, c’est qu’en moyenne ces agriculteurs notamment dans le domaine du riz ou encore du maïs qui sont les aliments de bases les plus importants pour nourrir les populations, ne vendent que la moitié de leur production. Le numérique peut aider à changer la donne. Il ne s’agit pas d’équiper, ce qui a été une mode initiée par les bailleurs de fonds américains, tous les agriculteurs de smartphones pour qu’ils consultent la météo. Mais plutôt d’équiper les meuniers, c’est-à-dire les personnes qui leur achètent 100% de leur production agricole et de créer entre les vendeurs et les acheteurs une relation de confiance. Ce système d’échange qui se nomme le Contract Farming permet aux meuniers d’enregistrer les coordonnés et diverses indications ainsi que le numéro de mobile de l’agriculteur et s’engage à revenir dans six mois pour racheter 100% des récoltes. Un dispositif qui grâce au numérique a déjà fait la preuve de son efficacité à Madagascar et en Côte d’Ivoire. »
Utiliser le réseau 2G qui couvre 70% des zones rurales africaines
Techniquement, les applications mobiles du « Contract Farming » (ou d'agriculture contractuelle, en français), se contentent des infrastructures télécoms existantes. Une connexion qui passe par les canaux de la 2G couvrant en moyenne 70 % des zones rurales africaines. Ces réseaux télécoms de première génération sont devenus indispensables pour soutenir une agriculture en souffrance et des fermiers confrontés aux problèmes de la pandémie de la covid-19, au changement climatique et devant faire-face aux pénuries alimentaires qui sévissent dans de nombreux pays d’Afrique.

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