Le secteur industriel, la technique des doubles numériques permet déjà de reproduire pour des besoins de tests l’intégralité des détails d’un objet, d’une architecture et même d’une ville entière, avec un degré de précision poussé au millimètre près.

Les techniques de création de « jumeaux numériques » sont capables depuis longtemps de répliquer à la perfection des objets, des machines, et même des humains sous la forme d’avatars. Des doubles virtuels qui annoncent sans aucun doute la prochaine grande révolution des usages du numérique.

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Ces technologies sont qualifiées de « disruptives » par l’ensemble du secteur industriel pour simuler en 3D des lieux, comme des bureaux ou des usines avec la possibilité d’interagir à distance dans cet environnement virtuellement reconstitué ou de prédire le comportement dans le monde réel d’un nouveau produit, précise Jean-Gabriel Grivé, président de la société ARSKAN. Cette entreprise française propose des visualisations 3D immersives, fluides, interactives et scénarisées à la demande sur une plateforme en ligne dédiée.

Jean-Gabriel Grivé : « Un jumeau numérique est un double en 3D qui fonctionne et se comporte exactement comme dans la réalité. Mais ce double permet aussi de créer des interactions entre le monde physique et le virtuel afin d’optimiser, par exemple, l’exploitation des bâtiments, d’un site industriel, le trafic d’une rue ou même de gérer des villes entières. Exemple concret : certains parkings publics de très grande taille ont des jumeaux numériques pour simuler des incendies afin de savoir comment le bâtiment réel va se comporter et ces programmes optimisent en temps réel les interventions des équipes de secours, si un incendie se déclare. À l’avenir, toutes les industries fonctionneront avec des doubles numériques, mais ce qui est valable pour les usines 4.0, l’est aussi pour les humains, notamment dans le domaine de la prévention avec des jumeaux corporels pour anticiper l’évolution d’une maladie. Cette rupture technologique est déjà bien avancée et on constate que tout peut se numériser, un peu comme dans le film de science-fiction Matrix dans lequel les humains ne vivent plus que dans un monde virtuel. De grands groupes high-tech travaillent aujourd’hui à un jumeau numérique de la Terre entière qui serait une super Matrice en interaction avec le monde réel. Cependant, il nous faut déjà réfléchir aux limites et aux conséquences de la virtualisation de notre monde, car toutes nouvelles technologies nécessitent évidemment de se poser des questions éthiques sur le bienfondé de leur déploiement. »

Ces « jumeaux numériques » seraient aussi un moyen efficace pour lutter contre le réchauffement climatique. Ces mondes virtuels en interaction avec le réel permettraient ainsi une diminution drastique des émissions mondiales de dioxyde de carbone. Plus de 7 gigatonnes de CO2 dans les secteurs de la construction, des transports et de la mobilité, des biens de consommation ou encore des hautes technologies seraient ainsi réduits d’ici à 2030, estiment les experts de la Commission européenne en charge du climat. Soit l’équivalent des gaz à effet de serre que rejette chaque année l’industrie des transports dans le monde entier.

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