Pour détecter à temps des troubles visuels pouvant entraîner une cécité totale, une jeune pousse française a développé avec des professionnels de santé Odysight, le premier jeu vidéo sur smartphone de suivi médical des affections ophtalmiques.

Selon les dernières estimations de l’Organisation mondiale de la santé, environ 1,3 milliard d’individus vivraient avec une déficience visuelle dont certaines peuvent être très handicapantes. Et des millions de personnes deviendront aveugles, faute de soins ou de suivi médical.

Pour diagnostiquer à distance et à temps une évolution dramatique des pathologies oculaires chroniques, la jeune pousse française Tilak Healthcare a développé un jeu vidéo pour smartphone et tablette. Odysight a été créé en collaboration avec l’Institut de la Vision de Paris et le laboratoire de recherche français Streetlab. « Cette application ludique sera utile aux patients qui actuellement renoncent à consulter, en période de pandémie et de confinement », nous détaille Edouard Gasser, responsable Tilak Healthcare :

« À cause du Covid-19, on oublie parfois que certains patients sont atteints par d’autres maladies chroniques et qu’il est impératif de continuer à les suivre y compris en temps de confinement. On s’intéresse ici aux maladies des yeux liées à l’âge comme la dégénérescence maculaire ou la rétinopathie diabétique qui sont aujourd’hui les premières causes de cécité dans le monde. Donc, il faut un suivi régulier de ces pathologies pour pouvoir injecter des médicaments dans l’œil afin de préserver la vision le plus longtemps possible.

Ce que l’on propose avec le jeu Odysight, c’est d’abord de faire des tests oculaires qui, à l’aide de notre technologie, envoient en temps réel des données concernant les paramètres visuels du patient aux professionnels de santé. Puis de réaliser des puzzles basés sur de la recomposition d’images, permettant de retenir l’utilisateur sur le long terme mais aussi d’entraîner sa mémoire visuelle.

Au sein de nos équipes, nous avons à la fois des experts du jeu vidéo et des experts médicaux qui travaillent ensemble pour créer des jeux qui soient intéressants pour l’utilisateur final et engageants sur une longue période tout en répondant aux exigences de la rigueur médicale et scientifique. »

Ce n’est pas la première fois que le secteur de la santé profite des technologies issues du monde des jeux électroniques. Les programmes de la « Réalité Virtuelle » et les casques immersifs, qui ont fait le bonheur des Gamers du monde entier, sont déjà employés dans les blocs opératoires à la place d’une anesthésie, en projetant des images en 3D apaisantes aux patients.

Même pas mal ! Ces dispositifs garantis « antidouleur » permettent, par ailleurs, aux établissements hospitaliers d’économiser entre 300 et 1 000 euros par opération.

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