Une entreprise aux États-Unis a conçu un drone ultra rapide qui percute, pour mieux les abattre, des engins malveillants qui survoleraient des espaces aériens interdits.

Pour qui sont ces hélices qui sifflent sur nos têtes ? Ces volatiles électroniques seraient utilisées par des trafiquants de drogue pour convoyer leur marchandise et récemment des vidéos en ligne, plus ou moins crédibles, voire carrément truquées à des fins de propagande, montrent des attentats qui seraient perpétrés à l’aide de ces engins volants.

Afin de juguler un « péril drone » imminent, les autorités du monde entier de sûreté aérienne, civiles comme militaires, ont mis place des contre-mesures. Au Japon, la police de Tokyo a dégainé son arme fatale : un petit engin véloce qui tire un filet géant contre les machines délinquantes. D’autres investissent dans des canons électromagnétiques qui brouillent les fréquences des appareils ou déploient des systèmes de défense complets permettant de détecter toute tentative d’intrusion dans des zones sensibles. Les Américains ne sont pas en reste ! « Nous ne pouvons pas permettre que le ciel du monde se transforme en Far West » a tweeté Palmer Luckey, le cofondateur des casques de réalité virtuelle Oculus, en présentant sur le réseau social son nouveau « tueur » de drones dénommé « Interceptor ».

Boule de bowling volante

Rappelons que ce jeune entrepreneur, après avoir vendu à Facebook pour 2 milliards de dollars en 2014 son masque immersif, a alloué une partie de sa fortune pour soutenir la campagne présidentielle de Donald Trump. Et le retour sur investissement ne s’est pas fait attendre, sa nouvelle société Anduril spécialisée dans les systèmes de défense, a remporté le marché des technologies de cyber-surveillance qui ont été déployées le long de la frontière américano-mexicaine. Son dernier projet est donc un petit quadrimoteur de défense particulièrement véloce.

Concrètement, l’Interceptor se comporte comme une boule de bowling volante pour percuter violemment les drones considérés comme hostiles à une vitesse d’environ 160 km/h. L’engin qui est piloté par un programme d’intelligence artificielle verrouille et identifie ses cibles à l’aide d’un système de reconnaissance visuelle sophistiqué. « La meilleure façon de tuer les drones pilotés par des humains, c’est avec des drones pilotés par intelligence artificielle ! », précise Palmer Luckey sur Twitter.

Cette annonce inquiète le collectif Stop Killer Robots, qui estime que cet engin normalement destiné à la sécurité civile est en fait une arme de guerre. Des craintes aujourd’hui en partie confirmées, Anduril a déjà expédié aux militaires des États-Unis et aux armées du Royaume-Uni ses premiers modèles d’Interceptor. Il ne nous reste donc plus qu’à espérer, comme nos ancêtres les Gaulois qui autrefois invoquaient le dieu Toutatis, que le ciel ne nous tombe pas bientôt sur la tête.

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