Le projet OneWeb envisage de délivrer depuis la proche banlieue de la terre, un  Internet rapide et bon marché à l’ensemble de la planète d’ici à 2021. Six premiers mini satellites ont été placés en orbite basse par une fusée Soyouz qui a décollé depuis le port spatial de la Guyane française. Pas moins de 650 seront nécessaires afin de couvrir en haut débit et à bas coût les régions les plus reculées et les moins connectées du monde. 

L’idée d’employer des satellites pour offrir aux 4 milliards de personnes non connectées un accès pérenne à la toile, n’est pas nouvelle. Le projet O3b, qui est une abréviation signifiant en français les « trois autres milliards », imaginé en 2007 doit permettre à quelque 180 pays numériquement défavorisés, de bénéficier enfin d’un internet satellitaire bon marché.

Selon les experts en astronautique, plus d’une cinquantaine de projets du même acabit seraient en gestation actuellement. Le plus ambitieux se nomme StarLink, imaginé par Elon Musk, le patron de la société SpaceX qui conçoit des lanceurs spatiaux réutilisables avec 12 000 microsatellites larges bandes, placés en orbite basse autour de la terre d’ici à neuf ans. Mais le projet du milliardaire, qui a de toute évidence d’autres martiens à fouetter, semble présenter des problèmes de faisabilité.Ce retard à l’allumage arrange bien les affaires du consortium OneWeb mené par Greg Wyler qui vient de lui damer le pion avec l’envoi réussi de six premiers satellites sur 648, que comptera au total sa propre constellation.

OneWeb bénéficie du soutien financier de Virgin Group, la société du britannique Richard Branson, de Qualcomm, fabricant américain de puces électroniques, d’Intelsat, du géant japonais Softbank ou encore de la firme Coca-Cola. L’Européen Airbus a été chargé de concevoir et construire les satellites, Arianespace s’occupe de leurs lancements.

Pari réussi pour la première phase du projet avec six petits satellites qui ont été acheminés sans encombre à bord d’une fusée Soyouz depuis le port spatial de Kourou à 1-000 kilomètres de la Terre. 

27 lancements seront nécessaires en tout pour convoyer le reste des satellites gros comme des réfrigérateurs et pesant un peu plus de 147 kg pièce. Les 1ers services Web seront commercialisés en 2021 annonce OneWeb d’abord auprès des entreprises et ensuite aux particuliers.

Cet internet spatial fonctionnerait avec des terminaux compatibles 3, 4 et même 5G, ainsi qu’en Wi-Fi, aussi bien sur terre, dans les airs et sur les mers, à l’aide de relais terrestres adaptés. Mais collisions et gestion des débris spatiaux des satellites en fin de vie, inquiètent toutefois certains spécialistes en astronautique.

Ils estiment que la multiplication des engins en orbite proche met en péril les autres activités spatiales, craignant sans doute que nous passions un beau jour, du problème de la fracture numérique mondiale, à celui d’une fracture du crâne généralisée… quand cet internet venu du ciel nous tombera sur la tête.

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