Oubliez vos smartphones pliables hors de prix, les réseaux 5G qui peinent à se mettre en place ou les gadgets connectés qui ont été présentés à grand renfort de publicité au Mobile World Congress 2019 de Barcelone en Espagne. L’innovation qui a fait sensation au Salon se nomme HoloLens 2, la nouvelle version du casque de réalité augmentée mis au point par les chercheurs de Microsoft, permettant à son utilisateur de mixer réalité et images de synthèses en temps réel et en relief, dans son environnement immédiat.

Rappelons que derrière les trois termes Réalité Virtuelle et Augmentée se cache un ensemble de technologies qui vise à ajouter des inscriptions virtuelles au monde qui nous entoure à travers des écrans portatifs. Ces techniques nous offrent des voyages aller-retour dans des espaces interactifs artificiellement créés en trois dimensions par ordinateur et le monde réel qui nous entoure, expliquaient les ingénieurs de Microsoft en présentant en 2015 l’HoloLens, première version.

Mais l’appareil avait un peu déçu, ses utilisateurs lui reprochant notamment un champ de vision assez restreint et la définition des images en 3D projetées dans l’environnement assez grossières. Bref, quelque chose qui clochait là-dedans, précipitant alors le retour du casque dans les labos recherche de la firme américaine.

Quatre ans sont passés et la nouvelle version propose les mêmes fonctionnalités, mais en mieux ! Comme la première version, une série de caméras capturent les images, par exemple, d’une personne sous tous les angles puis les affichent en superposition sur l’écran du casque translucide d’un autre utilisateur équipé du même dispositif. L’individu numérisé se retrouve ainsi « holoporté » en direct dans l’environnement soit virtuel, soit réel de celui qui reçoit les images. L’opération s’exécute évidemment dans les deux sens pour engager une conversation.

L’HoloLens 2, qui se place sur la tête aussi facilement qu'une casquette, propose une immersion renforcée avec des images 3D d’un réalisme confondant qui s’adaptent à la distance des mains ou des doigts de son utilisateur. L’objectif étant qu’il puisse manipuler des objets virtuels comme s’ils s’agissaient de vrais. Autre évolution, l'introduction de la détection du regard grâce à des capteurs qui vont suivre le mouvement des yeux.

Commercialisé à 3 080 euros, ce casque se destine aux professionnels dans les secteurs industriels et médicaux. L’armée américaine en a déjà commandé 100 000 afin  « d’augmenter la létalité en améliorant les capacités de détection, de prise de décision et d’engagement avant l’ennemi », indique le ministère de la Défense.

Un contrat qui a déclenché la colère d’une cinquantaine de salariés de Microsoft exigeant son annulation immédiate. « La guerre ne doit pas devenir un jeu vidéo » affiche leur pétition en ligne.

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