C'est à une expérience immersive que le réalisateur invite les spectateurs, plus qu'à une biographie d'un génie de la pop, né David Robert Jones en 1947 et mort 69 ans plus tard.

Halloween Jack, The Thin White Duke, Aladdin Sane... Au tout début de sa carrière, l'icône pop David Bowie, né David Jones en 1947, collectionne les avatars. Pour reprendre le titre d'un film dans lequel il joua, c'était un homme qui venait d'ailleurs. Son personnage le plus célèbre, Ziggy Stardust, héros d'un album sorti en 1972, n'était-il pas un extraterrestre ?

À son image, le documentaire Moonage Daydream, kaléidoscope tourbillonnant d'images et de sons, semble aussi provenir de l'espace. « Disséquer la vie de David Bowie, en interrogeant des spécialistes sur fond noir, cela n'aurait vraiment pas correspondu à l'expérience que je voulais proposer », explique son réalisateur Brett Morgen. Et de fait, Moonage Daydream n'est pas un simple documentaire, c'est une véritable expérience immersive.

Sollicité par les héritiers de la star, l'Américan Brett Morgen a réalisé un film ovni, sans commentaires ni témoignages. Mais il a eu accès à un fonds d'archives exceptionnel. Brett Morgen colle ensemble des séquences, pour la plupart largement inédites, et les organise par thèmes plus qu'en suivant un ordre chronologique. « Cela n'aurait pas pu être un film "Bowie par Bowie". J'ai livré ma version de sa musique, qui est pour moi énigmatique, sublime et intime. Je ne crois pas que David Bowie parle de David Jones dans son art. Mais il nous a tous invités à nous connaître mieux. Son espace de création est en fait pour tous les auditeurs et spectateurs un espace de projection », observe Brett Morgen.

Si les connaisseurs du génie de la pop apprécieront les archives à leur juste valeur, Moonage Daydream s'adresse aussi à tous les publics. « J'ai pensé à trois types de publics en faisant ce film. Les fans absolus de David Bowie vont se régaler en découvrant des vidéos bonus, des archives totalement inédites, promet le réalisateur. Ensuite, ceux qui connaissent sa musique se plongeront pendant deux heures et demie dans un univers plus complexe, et apprendront, je pense, beaucoup de choses. Et puis ceux qui ne connaissent pas du tout le personnage pourront recevoir ce message universel : c'est important de partir à la recherche de soi-même et de vivre intensément le moment présent. Ce film est une sorte de rappel utile. »

Car une ligne directrice émerge de ce millefeuille psychédélique d'expériences artistiques : la philosophie de David Bowie. La star aura mené toute sa vie une quête spirituelle, se réinventant en permanence.

► À écouter aussi, l'épisode de Réservoir rock : «Wild Is The Wind», David Bowie (1976)