Quarante-trois morts, bilan provisoire. La collision entre un camion en panne au travers de la chaussée dans un virage et un autocar cheminant sur une route secondaire dans la campagne au sud-est du pays près du village de Puisseguin, est la plus meurtrière en France depuis tente ans. L’autocar transportait des membres d’un club du troisième âge en excursion.
 A la Une des quotidiens nationaux français, la même photo aérienne des carcasses calcinées du car et du camion, sinistres squelettes de métal dans un décor virgilien. « Effroyable », lance Le Parisien. « Emotion nationale », rehausse Le Figaro. « Les disparus de Petit-Palais », formule, tout sauf sobre en l’occurrence, Libération. Au fil des pages, les journaux français font assaut de réactions et témoignages, d’infographies et de croquis pour expliquer l’accident.
 
Dans les quotidiens régionaux, le drame est ressenti comme encore plus proche. L’accident aurait pu se produire au coin de son bois, à l’orée de sa forêt. 
 
Et pourtant « aucun mot ne comblera le vide face à ce malheur irrationnel et résolument indicible », fait justement remarquer L'Est Républicain.
 
Seulement voilà, dans les villages frappés par le deuil, « tous se connaissaient, tous se rassemblent, se soutiennent, souligne La Presse de la Manche. Le monde rural a conservé des liens précieux entre les personnes que, bien souvent, le tissu urbain a gommés. Et pourtant, nous sommes touchés. Leur deuil est notre deuil. Au-delà de la froideur apparente, il existe toujours des sentiments. Nous sommes sensibles à cette tragédie qui nous choque. »
 
Proche du lieu de l’accident, le journal Sud-Ouest y va de ses recommandations. « Il faut limiter la vitesse sur les routes départementales et y traquer les excès, sans pitié. Même si les radars qui doivent y être installés sont moins rentables que sur les grands axes. »
 
Plus au centre-nord du pays, Le Courrier Picard pose déjà les interrogations « légitimes sur la politique gouvernementale en matière de transports, la logique de privilégier la route sur le rail - qu'il s'agisse de libéralisation des lignes de cars ou de recul sur la taxation environnementale des poids lourds. Ici, du fait divers, on passe au choix de société. Celui d'une civilisation automobile. Et des drames qui vont avec. »
 
Les Dernières Nouvelles d’Alsace ont un regard sur le monde. « D'autres pays comme la Grande-Bretagne ont libéralisé leurs transports sans surinvestir dans le réseau, tout en affichant un bilan routier moins lourd, remarque ce journal de l’est de la France. Il n'y a pas, outre-Manche, de robots au volant. Simplement, on y apprend que les virages ne sont pas les seuls fautifs. »
 
Accident en Gironde : la sortie de route de Mamère
 
Polémique au sujet de cet accident. Le député de Gironde Noël Mamère a tenu des propos qui ont choqué. « Je pense qu’il manque aussi une personne, un ministre dans cette tragédie, sur le terrain. C’est monsieur Macron qui a décidé de libéraliser le transport par autocar, a dit cet élu de la ville de Libourne toute proche de l’accident. On peut décider de libéraliser le transport par autocar, ce qui n’était pas l’avis des écologistes, mais à condition que l’on améliore la situation de nos routes. Et vous savez très bien qu’en menant des politiques qui favorisent les autoroutes et les grands projets, on a petit à petit abandonné l’entretien et la qualité de ces routes secondaires. » Aussitôt, ce fut l’indignation. « Mamère parle de Macron et se fait défoncer », résume le site Internet Rue89.com.
 
« Comment peut-on polémiquer, face à l'horreur et à l'effroi provoqués par la tragédie de Puisseguin alors que des familles endeuillées pleurent des êtres chers et que la France bouleversée prend la mesure de ce drame !, s’étrangle L’Union. Noël Mamère a tenu, par leur brutalité, des propos odieux, inacceptables et irresponsables. »
 
Conscient de la portée de ses propos, le député Mamère a tenu à réduire ses propos sur Rue89. « On a l’impression que je rends la loi Macron responsable de l’accident. Ce serait obscène de ma part », dit-il au site internet.
 
Argentine : changement dans la continuité
 
L’Argentine vote demain pour tourner la page Kirchner. Après deux mandats successifs, la présidente Cristina Kirchner ne peut plus se présenter à cette élection présidentielle. Le Figaro annonce un « virage au centre » pour l’Argentine. « Dauphin » de la présidente sortante, Daniel Scioli est « donné favori » par les sondages, note le journal.
 
Pourtant, Daniel Scioli, 58 ans, « n’a jamais été du premier cercle des Kirchner et ne déclenche pas l’enthousiasme parmi les militants, relève Libération. Ils l’ont cependant accepté faute de mieux », explique le journal.
 
Enfin, de son côté, Le Parisien relève qu’en Argentine, le vote est obligatoire. Sauf pour les 16-18 ans qui, « pour la première fois », pourront, s’ils le souhaitent, voter à un scrutin présidentiel.
 
Pologne : plan B
 
Elections demain également, mais en Pologne, pour des législatives cette fois-ci. Et là, en revanche, il y aurait comme du changement dans l’air, mais pas dans la continuité. « Pas si loin des ors de Varsovie la dynamique, il existe une "Pologne B", comme on l’appelle ici, remarque sur place Le Figaro. Cette autre réalité explique que les Polonais s’apprêtent à renvoyer aux vestiaires, lors des élections législatives de ce dimanche, l’équipe des libéraux (…) au pouvoir depuis huit ans, pour se tourner vers les conservateurs populistes. » Sic transit.