C’est le grand titre du Figaro. « La chancelière allemande a été réélue hier dimanche pour un quatrième mandat. Mais sa victoire est assombrie par la percée historique du parti de droite nationaliste AfD à la Chambre des députés. »
« Dès lors, comment gouverner ?, s’interroge Le Figaro. (…) Ni Merkel ni le SPD ne veulent d’une nouvelle +grande coalition+. L’union des grands partis du centre dope les extrêmes. Merkel a aussi à cœur d’arrêter la casse en évitant d’offrir à l’AfD la tribune dont elle rêve : celle de principal parti d’opposition. »
Alors, « s’allier avec les libéraux du FDP et les Verts, une configuration inédite, peut être une chance, estime Le Figaro, et ouvrir la porte à des réformes libérant les énergies du marché et à un peu d’audace pour relancer l’Europe. Physicienne de formation, la chancelière aime expérimenter avant de mettre en application. Désormais, elle est condamnée à réussir un tour de force en mettant d’accord ses alliés bavarois, les libéraux et les Verts autour d’un programme commun. »
En effet, renchérit Les Dernières Nouvelles d’Alsace, « cette repolarisation du paysage contraint Mme Merkel à se trouver de nouveaux alliés au risque de constituer un attelage brinquebalant avec les Verts et les Libéraux, de caps souvent opposés. Son quatrième mandat ne sera pas le plus tranquille. Les tirades lénifiantes sur l’économie ne suffiront pas. Le temps est venu, estime le quotidien alsacien, d’assurer l’après-vente de son pari risqué sur les migrants, qui a fait le jeu des xénophobes. »
Coalition « jamaïcaine »
« Cela serait inédit au niveau fédéral, pointe également Libération, mais cela reste la seule option possible au vu des résultats d’hier soir. On appelle cela une coalition " jamaïcaine ", en raison des trois couleurs du drapeau de l’île des Caraïbes : noire pour la CDU, jaune pour le FDP, verte pour Die Grünen. (…) Si les Verts entrent au gouvernement, relève encore Libération, le coprésident de l’Alliance 90 et des Verts, Cem Özdemir, par ailleurs l’un des premiers dirigeants d’origine étrangère d’un parti politique allemand, pourrait devenir le ministre des Affaires étrangères. »
Pour sa part, poursuit le journal, « le FDP, qui réclame le ministère des Finances, plaide pour une levée des sanctions infligées à la Russie depuis l’annexion de la Crimée en 2014 et rejette les propositions françaises de réforme de la zone euro, notamment la création d’un budget européen, vu comme une tentative larvée de mutualiser les dettes dans la région. C’est donc le scénario qui inquiète le plus Emmanuel Macron… »
C’est vrai, remarque L’Alsace, « cette période chahutée qui obligera Angela Merkel à faire preuve d’habilité   mais elle n’en manque pas   ne fait pas les affaires d’Emmanuel Macron. Soucieux d’une relance de l’Europe, de la mise en place d’un gouvernement de la zone euro et d’une défense commune, le président français veut faire vite et obtenir des assurances de l’Allemagne. Une nouvelle coalition CDU-SPD l’aurait aidé. Là, il va devoir ronger son frein. »
En tout cas, une nouvelle période d’incertitude s’ouvre en Allemagne, tant sur le plan politique qu’économique… C’est ce que note La République des Pyrénées. « A l’issue d’une campagne plutôt morne, bien des inquiétudes des Allemands ont été remisées sous le tapis : malgré les performances impressionnantes de l’économie allemande   comptes publics excédentaires, chômage à 5 %, divisé par deux depuis l’arrivée de Merkel  , le taux de pauvreté a doublé en dix ans, comme le nombre de travailleurs pauvres, la précarisation va bon train et les inégalités se sont creusées. Douze ans au pouvoir et encore quatre devant soi, c’est une durée considérable que bien peu de dirigeants dépassent. Au risque de l’usure. Pour Angela Merkel, c’est le défi de cette mandature. »
Défaite logique…
A la Une également, Emmanuel Macron qui rate la marche des sénatoriales…
« Le Sénat, premier revers pour Macron », s’exclame Le Parisien. Car c’est une déception pour son parti, La République en marche qui ne peut tabler que sur 23 à 27 sièges devient de fait le 4e groupe au Palais du Luxembourg.
Toutefois, pour François Patriat, sénateur LREM, interrogé par le journal, « ce scrutin ne peut en aucun cas être interprété comme un désaveu du chef de l’Etat. Il traduit le mécontentement d’élus locaux et pas celui du corps électoral des dernières élections législatives. Ce sont des élus qui n’ont voté qu’à travers leurs prismes d’élus territoriaux. »
En fait, il n’y a pas de surprise, relève L’Est Républicain, « car, l’expérience le prouve, les élections sénatoriales relèvent autant de la mécanique que de la politique. Réservées aux grands électeurs, elles présentent souvent l’exact reflet des derniers scrutins locaux (ici, les municipales de 2014 et les régionales de 2015). 2014 et 2015, c’était avant En Marche, une époque où la droite fonçait toutes voiles dehors vers une élection présidentielle qui ne pouvait lui échapper. La preuve… Comme ceux de l’époque, les résultats d’hier, qui ont tout de même des allures de retour vers le futur, lui sont éminents favorables. Le parti présidentiel essuie logiquement sa première défaite. Un mouvement d’autant plus renforcé que, à force d’annonces et de coups de rabot, Emmanuel Macron a braqué les élus locaux. »
Toujours est-il, complète La Montagne, « qu’Emmanuel Macron a besoin des sénateurs pour réformer la Constitution. Il tentera de nouer des alliances dans une assemblée où les clivages sont moins imperméables que chez les députés. Mais rien n’indique qu’il arrivera à ses fins avec un Sénat dominé par Les Républicains. Il aura alors une arme ultime : le référendum. »
Pénurie ?
Enfin, « les mobilisations contre la réforme du Code du travail se suivent, mais ne se ressemblent pas, note Le Figaro. Après les syndicats puis les Insoumis, c’est désormais au tour des routiers de manifester. Les syndicats CGT et FO du transport routier appellent à la grève et souhaitent une “mobilisation massive”. Ils veulent lancer des “actions fortes et visibles” et menacent d’une prochaine pénurie de carburants. »
Du coup, relève Le Parisien, « les stations ont fait le plein. » Il s’agit de devancer la demande qui pourrait être forte... « On se souvient, rappelle le journal, que lors du dernier mouvement en mai 2016, à la veille de l’Euro de football, on avait observé une hausse de 17 % des volumes de carburant prélevés dans les stations essence. Et jusqu’à cinq fois plus de pleins dans certaines zones rurales. Dans bien des endroits en France, relève encore Le Parisien, c’était plus la ruée des automobilistes aux pompes que les difficultés d’approvisionnement qui avait asséché les stations. »