Tous vos journaux reviennent sur les sinistres événements qui ont secoué le Danemark ce week-end et rouvert la plaie loin d'être fermée des attentats parisiens de janvier dernier.
Si l'Est Républicain parle « d'une fureur jihadiste », La Croix résume bien le sentiment général : « Paris, Copenhague, un même choc ». Le journal catholique publie en couverture, l'hommage des habitants de la capitale danoise, hier, aux victimes des attentats. On y voit des visages graves, fermés. «VI ER DANSKERE ! , Nous sommes danois», titre Libération en Une ce matin, avec une photo pleine page où l'on voit un couple qui se serre dans les bras, avec ce même visage grave, lors de l'hommage devant la grande synagogue où un juif a été tué dans la nuit de samedi à dimanche. Pour rappel, les deux fusillades contre, d'abord, un centre culturel où se tenait une conférence sur la liberté d’expression, en présence de du caricaturiste suédois Lars Vilks, puis contre une synagogue ont fait deux morts et cinq blessés.
Le Danemark est « une cible primaire » des islamistes, rappelle Libération. « C’est un pays qui a été très proche des Etats-Unis dans plusieurs guerres au Moyen-Orient ».
Et pour Le quotidien de centre-gauche, le royaume scandinave, qui se savait menacé depuis l’affaire des caricatures en 2005, est lui aussi confronté à l’échec de l’intégration des jeunes tentés par l’islam radical. Le Danemark est l’un des pays d’Europe qui compte le plus de départs de jeunes en Syrie, par rapport à la taille de sa population. Ils seraient 110 au total à être partis faire le jihad ces dernières années.
Et le dessin de Willem, toujours dans Libération en dit long, où l'on voit un jihadiste, fusil d'assaut en main, dans le cerveau d'un caricaturiste avec ce commentaire : «Je me suis installé dans ta tête pour t'éviter de faire des bêtises». Dans son éditorial intitulé «ne pas céder», Alexandra Schawrtzbrod estime que «renoncer à caricaturer les religions, quelles qu’elles soient, serait céder au terrorisme. Il ne faut pas se laisser insensiblement gagner par l’autocensure.» Et à ce propos, Laurent Léger, un des enquêteurs de Charlie Hebdo, présent lors de la fusillade à la rédaction du journal satirique, le 7 janvier dernier, déplore toujours dans les pages de Libération, que la vigilance retombe dans les médias contre les terroristes, ceux qu'ils qualifient «d'escrocs à la religion». Il estime encore que les musulmans n'en font pas assez. «Il faut faire en sorte que le débat, les savoirs, la culture soient plus fort que l'obscurantisme».
Profanation d'un cimetière juif.
L'obscurantisme ou l'intolérance a encore touché la France après la profanation d'un cimetière juif. Ca s'est passé dans la commune de Sarre-Union dans le Bas-Rhin ; 300 tombes auraient été profanées. Il s’agit de « dégradations» , «pour l’instant aucune inscription n’a été constatée». Mais l'émotion et l'indignation sont bien présentes.
« On est anéantis, mon père est mort à Auschwitz en 1943, ma grand-mère est morte de manque de soins en 1944, ils sont enterrés ici. Il y a de quoi être ému. On n’est pas à Prague pendant la Seconde Guerre mondiale, où l’on pavait les rues avec les pierres tombales des juifs?! On est en France?! » s’insurge un membre d’une des deux dernières familles juives de Sarre-Union dans le Parisien.
Le Figaro rappelle encore que ce n'est pas la première fois que ce cimetière est profané. Une soixantaine de stèles juives avaient déjà été renversées en 1988 et 54 tombes avaient été saccagées en 2001.

Nouveau climat d'anxiété en France...
Comme l'écrit Thierry Borsa dans le Parisien-Aujourd'hui en France, «il serait vain de nier que ce sentiment que nous avons eu longtemps en France d’appartenir à un monde de paix et de prospérité a bel et bien vécu». Le Parisien constate que les français s'habituent à vivre avec Vigipirate. Dans la région Ile-de-France, le plan a même atteint son seuil maximal , synonyme de menace imminente. Et même si les forces de l’ordre et l’armée sont déployées devant de nombreux sites, les Français sont de plus en plus angoissés.
« On croule sous les appels, on n’arrive à en prendre qu’un sur quatre », soupire Maxime Bonnin, président de SOS Amitié Paris-Ile-de-France. « Personne n’a fait de statistiques. On est comme sur une île avec la marée qui monte ».

Réinsérer les jeunes marginalisés.
Le président François Hollande visite ce lundi un centre d'insertion.
Le Figaro nous y emmène dans ce centre d’insertion d’inspiration militaire de Cambrai où il devrait être annoncé la création de plusieurs centaines de places dans les dix-huit structures existantes. Ce centre créé en 2005, en réponse aux émeutes de banlieue de cette année-là accueille des jeunes de 18 à 25 ans en déshérence sociale et scolaire. Et on les voit ces jeunes en uniforme au milieu de la cours de cette ancienne caserne en brique rouge qui accueillit, dès 1786, un régiment de cavalerie. La plupart de ces déscolarisés très jeunes y apprend un métier, mais, le plus important, des valeurs, une règle de vie.
«La montée des couleurs et La Marseillaise chantée à pleins poumons le vendredi matin ? L’internat ? Le vouvoiement obligatoire ?» Madison, 18 ans, « adore ça », rapporte Le Figaro. «J’ai besoin d’être encadrée, de cette vie en communauté. Et à ce propos, Laurent Léger, un des enquêteurs de Charlie Hebdo, présent lors de la fusillade à la rédaction du journal satirique, le 7 janvier dernier, déplore toujours dans les pages de Libération, que la vigilance retombe dans les médias contre les terroristes, ceux qu'ils qualifient "d'escrocs à la religion"» , explique cette jeune fille. L’uniforme les attire ainsi que la respectabilité sociale associée à ces fonctions lit-on dans le reportage du Figaro.
Concert de résistance à l'obscurantisme.
La Croix revient sur un concert pas comme les autres dans la ville de Châlons-en-Champagne ce week-end. C'est la ville d'origine de Cabu, le célèbre caricaturiste assassiné en janvier dernier lors de la fusillade à Charlie Hebdo. Le tout aussi célèbre compositeur de musique contemporaine Philipp Glass, new yorkais de 78 ans issue d'une famille d'immigrés juif lituaniens qui avait fui les pogroms, a fait l'aller et retour à Châlons-en-Champagne depuis les Etats-unis, pour y assurer deux concerts.
Philip Glass a dit vendredi à Châlons-en-Champagne, aux gens émus venus l'écouter, «La musique s'insinue quand je dors, souvent dans mes cauchemars, je n'en retiens rien. Mais quand je compose, la musique arrive parfois si facilement que j'ai l'impression qu'elle est déjà là, bien présente fixée dans mon esprit». Ce pianiste aux mélodies souvent tristes, qui se dit inspiré par la musique de Gabriel Fauré, « au style immédiatement reconnaissable », lit-on dans La Croix. Philip Glass aime bien rappeler qu'il se sent « Juif-Taoïste-Hindou-Toltèque-Bouddhiste» et aujourd'hui peut-être Danois. VI ER DANSKERE !.