La trêve est terminée. Endeuillée par l’assassinat de la députée travailliste Jo Cox, la campagne électorale pour le maintien ou non du Royaume-Uni dans l’Union européenne, à quatre jours du référendum, doit redémarrer aujourd’hui. Avec, en point d’orgue à venir, un débat mardi entre cette vraie figure de proue du « non » à l’Europe qu’est Boris Johnson et le nouveau maire de Londres Sadiq Khan, son successeur qui votera « oui ». Ce sera le « match politique du siècle », emphatise Le Journal du Dimanche.
Seule certitude, si les Français votaient, le « oui » l’emporterait. Selon un sondage Odoxa pour Le Parisien Dimanche, près de deux Français sur trois sont favorables au maintien du Royaume-Uni dans l’Union européenne, et trois sur quatre pensent que si les Britanniques décidaient de sortir, cela risquerait de « déclencher la sortie d’autres pays de l’UE ».
Le Royaume-Uni « fracturé de toutes parts, constate Marianne. Le référendum du Brexit menace l'unité du pays et met au jour de profonds antagonismes politiques : entre lutte des classes, opposition Londres/province et tensions au sein des partis mêmes, le vote du 23 juin risque de laisser de graves séquelles », prévient cet hebdomadaire.
Le Brexit, c’est ce que souhaite ardemment Miche Houellebecq. L’écrivain le dit sans ambages dans Le Point. « J’aimerais beaucoup qu’il y ait un Brexit, même si je n’y crois guère, si je pense qu’au dernier moment les gens prendront peur et se laisseront intimider par leurs dirigeants, comme d’habitude, déclare l’auteur des Particules élémentaires à cet hebdomadaire. J’aimerais vraiment que l’Europe se casse la gueule, l’Europe n’a aucun sens », tranche-t-il, définitif.
Et quand Le Point lui fait remarquer que ces déclarations sont surprenantes de la part d’un écrivain qui vend ses livres en quantité dans toute l’Europe, Houellebecq rappelle que « culturellement, l’Europe existe beaucoup moins qu’au Moyen Âge, où elle avait pour langue commune le latin, ou qu’au XVIIIe siècle, sans langue commune mais avec une domination du français ». Pour lui, donc, pas de doute, culturellement, l’Europe « n’existe plus ». Précision : sous le titre « rester vivant », Michel Houellebecq expose ses photographies et ses films au Palais de Tokyo, à Paris.
Terrorisme : flics ou gays ciblés
Coup sur coup, la semaine a été marquée par le carnage dans la boîte gay d’Orlando, en Floride d’abord, par le double assassinat d’un couple de policiers près de Paris ensuite. « A Magnanville, Jean-Baptiste Salvaing et Jessica Schneider ont été assassinés en tant que policiers, comme beaucoup d'autres l'ont été, de l'autre côté de l'Atlantique, parce qu'ils étaient homosexuels », souligne Marianne.
Et pour répondre aux casseurs dans les manifs contre le projet de réforme du Code du travail, qui se sont encore illustrés cette semaine en France, cet hebdomadaire le martèle : « Non, ce n'est pas la police qui " assassine " comme le prétend un collectif d'agitateurs indignes, c'est bel et bien la police qui est assassinée. » Or, complète Marianne, « la haine antiflics, c'est la haine de la République. (…) Au poussiéreux slogan " CRS=SS " de Mai 68, il convient de répondre en 2016 par le mot d'ordre " Flic=République ". » Comme le résume Le Figaro Magazine, la police est au cœur du « mal-être français ».
Justement. A Magnanville, la police était « au centre du viseur », s’inquiète L’Obs. Or, remarque l’hebdomadaire, « personne n’imagine être victime d’un attentat en rentrant le soir dans son pavillon de banlieue. Pas plus un policier que quelqu’un d’autre. » Ce qui fut pourtant le cas dans cette paisible ville du département des Yvelines, à l’ouest de Paris. Et du côté des policiers, ce double meurtre a provoqué un « traumatisme profond », souligne le magazine. Désormais, « la peur s’est invitée au seuil même de leurs maisons », rehausse L’Obs.
Les assassins d’Orlando et Magnanville ? Ils sont tous deux à la Une de l’hebdomadaire Le Point, qui s’effare de cette « escalade de la terreur ». A l’âge de 14 ans, le jour des attentats du 11-Septembre 2001, tandis qu’à l’école, ses condisciples ont les yeux rivés sur la télévision qui retransmet en direct les images du World Trade Center de New-York en flammes, l’un de ces condisciples raconte au journal français qu’Omar Mateen « se lève et annonce, tout excité, qu’Oussama ben Laden est son oncle et qu’il lui a appris à tirer avec une kalachnikov ».
Sexe : la bite humaine
Stupeur cette semaine au courrier de la revue de presse. Nu comme un ver, la star du porno Rocco Siffredi est à la Une d’un hebdomadaire que l’on ne savait pas si frivole, c’est le moins que l’on puisse dire, puisqu’il s’agit de M, le magazine du journal Le Monde. Pourquoi cette Une ? Et pourquoi ce numéro entièrement dédié au sexe ? Parce que cet hebdomadaire a eu « envie d’explorer ce qui est en train de devenir un élément de la culture populaire : le sexe », se justifie le journal.
Alors, si l’hebdomadaire du Monde le prétend, penchons-nous donc sans persifler sur cette culturelle tendance. Et donc, avec la bénédiction de ce confrère « de référence », comme on disait jadis dans les rédactions, ce n’est donc pas du tout par souci d’audimat que nous aborderons ici le sujet consacré par M à Rocco Siffredi, star du X doté d’un « engin de 26 centimètres » - on suppose que le journal a, comme il se doit au Monde, vérifié son information - et qui compte « 1 700 films et pas moins de 6 000 partenaires au compteur ».
En lisant dans M le portrait de « l’étalon italien », on apprend que Rocco Siffredi a une « mission », celle de former dans son « académie du hard la nouvelle génération d’acteurs porno ». Mais aussi, confie-t-il, sa croix. Mais tout à son souci du sexe, M se devait aussi de traiter de littérature. « Cinquante nuances de Grey l’a démontré, souligne l’hebdomadaire : la littérature érotique est une affaire de femmes. Ce sont elles qui lisent, elles qui écrivent aussi. Et pas seulement des romans à l’eau de rose. Au pays de Sade, les auteures ont donné un coup de fouet à un genre longtemps prisonnier des fantasmes masculins. »
Philo : dix ans de réflexion
Enfin un anniversaire, celui de Philosophie Magazine, qui fête ses dix ans. Et son centième numéro. Ce mensuel indépendant illustre, s’il en était besoin, l’intérêt du public pour la philosophie. En France notamment, le succès des cafés-philo ne se dément toujours pas. Pour ses dix ans, Philosophie Magazine, cette semaine, a organisé un « festival de philosophie » à Paris, avec une brochette de stars de la philo (car, oui, oui, il y en a). Il y avait par exemple là Michel Serres, Raphaël Enthoven, André Comte-Sponville ou encore Yves Michaud. Bon anniversaire.