Libération avait ouvert le bal des adieux dès hier. Le Figaro, et d’autres, entrent en piste ce matin.
« Obama, des adieux au goût amer », titre Le Figaro. « Le 44e président des États-Unis prononcera, ce soir à Chicago, son discours d’adieu. Barack Obama a choisi la ville où il a fait ses débuts dans le domaine social et où il a bâti sa carrière politique pour dresser le bilan de ses deux mandats à la tête du pays. Avec l’élection de Donald Trump, décidé à annuler la plupart de ses politiques, la période de transition s’est transformée pour lui en un combat destiné à affirmer son empreinte et à défendre son bilan. »
Un bilan résumé ainsi par le journal : « Obama inscrit à son crédit le redressement de l’économie après la récession de 2008-2009, la légalisation du mariage homosexuel et l’Obamacare. Il y ajoute la division par dix du nombre de soldats déployés en Irak et en Afghanistan, l’élimination de Ben Laden, l’accord nucléaire iranien et le 'nouveau chapitre' ouvert avec Cuba. Cependant, pointe encore Le Figaro, ses détracteurs dénoncent le recul de l’influence américaine dans le monde, notamment au Moyen-Orient, où il a renoncé à intervenir en Syrie, malgré le non-respect de la ligne rouge qu’il avait lui-même fixée. »
Commentaire du Figaro : « son élégance et son intelligence laisseront une brillante trace. Ses talents d’orateur, aussi. Mais Obama aura peut-être été victime de son propre talent. Comme si, grisé de ses mots, il en avait oublié d’agir. Il aura incarné en même temps la magie et l’impuissance du verbe. Quoi que l’on pense des lumières et des ombres de l’ère Obama, il restera pour finir un échec objectif, l’impensable défaite démocrate face à Donald Trump. »
Obama le pragmatique…
« C’est l’éternelle question du verre à moitié vide ou à moitié plein, remarque L’Alsace. À chaud, le bilan des huit années passées par Barak Obama à la tête des États-Unis est mitigé. (…) Politiquement, Obama laisse l’Amérique sur la voie du redressement économique après une crise de 2008 qui a failli balayer l’ensemble du système. (…) Ce qui est sûr, c’est que le premier président noir des États-Unis a échoué dans sa quête de réconcilier une Amérique multiculturelle. »
Certes, relève Le Parisien, « le discours d’Obama (la nuit prochaine) aura sans doute l’ardeur et la conviction de ses débuts. Mais il n’est plus le président de 2008. Obama l’idéaliste s’est mué, par la force des choses et en raison, surtout, de l’obstruction d’un Congrès majoritairement républicain depuis 2010, en un chef d’Etat pragmatique au sens aigu du compromis. Le pays qui, en l’élisant deux fois, avait cru se débarrasser de ses traumatismes racistes réalise, de son côté, qu’il n’en est rien tant les violences interraciales ont redoublé ces dernières années. » Et finalement, conclut Le Parisien, « porté au pinacle par une Amérique sortie victorieuse de la crise, Obama n’a pas vu l’autre face du pays, celle des régions industrielles sinistrées par la concurrence des économies à bas coûts. Il laisse derrière lui une nation fracturée par les inégalités croissantes, ignorée par Hillary Clinton, la candidate démocrate malheureuse à la Maison- Blanche mais qu’a su incarner Trump, le milliardaire qui, le 20 janvier, prêtera serment pour devenir le 45e président des Etats-Unis. »
Trump sans nuances…
Justement, beaucoup de commentaires également ce matin dans les journaux sur Donald Trump… Avec tout d’abord cette interrogation de La Croix : « le chef d’État Trump sera-t-il différent du candidat Trump ? Force est de constater que, pour l’instant, il n’y a pratiquement pas eu de changement, relève La Croix. À quelques jours de son arrivée à la Maison-Blanche, le président élu continue à user du réseau Twitter pour mener sa politique. Par exemple, vis-à-vis des constructeurs automobiles américains, sur lesquels il fait pression pour qu’ils renoncent à leurs investissements au Mexique. Non sans résultats. Successivement Ford et Chrysler ont fait des gestes de bonne volonté vis-à-vis de Donald Trump, annonçant des projets de développement industriel aux États-Unis plutôt qu’au sud du Rio Grande. » Et La Croix de s’interroger : « cette - apparente - docilité durera-t-elle longtemps ? Il sera bien intéressant de l’observer. »
« On savait que Donald Trump ne faisait pas dans la nuance. Il le confirme, s’exclame Le Journal de la Haute-Marne. Voilà les constructeurs automobiles américains sommés de relocaliser. Ils obtempèrent. (…) L’Amérique a toujours eu des tentations protectionnistes. Cette fois-ci, elles se manifesteront sans fard. (…) Et en Europe, la méthode Trump commence à faire des émules. Protectionnisme. Relocalisation. Il est vrai que les adorateurs de la mondialisation ont lancé une locomotive folle qui a fait d’énormes dégâts en termes d’emploi. Mais il est tout aussi vrai que le nationalisme économique peut aussi avoir des effets pervers. »
Et si Macron aspirait le PS ?
A la Une également, la primaire à gauche… avec cette question brûlante posée par Les Echos ce matin : « et si Macron aspirait le PS ? »
En effet, constatent Les Echos : « de quoi parlent les responsables socialistes depuis quelques jours, amis de Hollande, de Valls, de Peillon, de Montebourg ou de Hamon confondus ? De la primaire et des débats télévisés approchants ? Vous n’y êtes pas : dès les micros éteints, un seul sujet vampirise tous les autres. Ils parlent de Macron, l’insolent des sondages, qu’on aimerait détester mais qu’il faudra peut-être rallier. 'Sur le terrain, on sent bien qu’un espoir renaît chez nos électeurs, rapporte un poids lourd du gouvernement : non qu’ils adhèrent forcément à sa personne, mais ils voient enfin une façon d’échapper à l’élection de Fillon, et a fortiori à celle de Le Pen'. La primaire socialiste n’est pas passée, donc, constatent encore Les Echos, que s’échafaudent déjà des scénarios. »
Deux cas de figure, avance le quotidien économique : « si la primaire désigne Arnaud Montebourg ou Benoît Hamon, une partie des responsables et des élus socialistes pourraient sans attendre rejoindre Emmanuel Macron. Les deux gauches étaient bien irréconciliables, en déduira-t-on. »
Autre cas de figure, toujours selon Les Echos : « si Manuel Valls l’emporte, pas d’hémorragie immédiate, mais une question. Que faire si Emmanuel Macron continue de creuser l’écart dans les sondages ? Pas d’hésitation, il faudra que Manuel Valls se retire et que 'nous nous rangions derrière lui', dit un soutien… de Manuel Valls. »