COP21 oblige, la France, du 13 novembre au 13 décembre prochains, a décidé le rétablissement temporaire du contrôle de ses frontières, mesure qui répond à un « contexte de menace terroriste ou de risque de trouble à l’ordre public », précise le ministère de l’Intérieur.
Menace potentielle terroriste, donc, au moment où les grands de ce monde seront réunis à Paris, mais pas que..
La France redoute la mobilisation des « anarchos autonomes » et des groupes « black blocs » venant notamment d’Italie et d’Allemagne, explique Le Figaro.
Mais la COP21 « a bon dos », déplore Le Parisien. Car cette décision qui se veut technique est « fondamentalement politique. La tentation du repli sur soi est naturellement forte et il sera bien difficile de faire machine arrière », anticipe le confrère.
Décision politique ? Voilà qui mérite quelques explications. Paroles d’orfèvres, c’est surtout dans la presse proche des frontières de la France qu’on est, ce matin, tenté d’aller les chercher.
Ainsi, pour le quotidien L’Alsace, ces explications sont toutes trouvées. « Ce plan sécuritaire est en fait révélateur de la politique élyséenne, sous-titre ce journal de l’est de la France. La réussite du sommet de la COP21 est un objectif prioritaire qui doit servir à sauver la peau de l'ours polaire et celle d'un président électoralement en péril. Nul ne doit troubler ce raout planétaire ».
Quand au quotidien La Voix du Nord, qui, comme L’Alsace, est surtout lu le long de la frontière septentrionale de la France, la décision de rétablir pour un mois le contrôle aux frontières est un « aveu de faiblesse ». Et La Voix du Nord ne peut s’empêcher de lier cette décision à la crise migratoire. Car l'afflux continu de migrants aux rives sud de l'Europe a montré la « grande perméabilité » de l'espace Schengen et la « difficulté à faire appliquer les contrôles à l'entrée », souligne La Voix du Nord.
Burundi : message de sang
Assassinat politique au Burundi : Willy Nzitonda, fils d’un opposant, a été retrouvé mort dans une rue de Bujumbura, la capitale. Willy avait 25 ans. Son corps a été retrouvé hier en début d’après-midi. Il avait été arrêté le matin même par la police, lors d’un banal contrôle d’identité, relate Libération.
Willy Nzitonda était le fils du défenseur des droits de l’homme Pierre-Claver Mbonimpa, opposant au troisième mandat du président Pierre Nkurunziza, et qui avait été victime d’une tentative d’assassinat en août, rappelle Libé. « Grièvement blessé, il est toujours hospitalisé en Belgique et Radio France Internationale avait diffusé mercredi une interview, dans laquelle il s’inquiétait de la dégradation de la situation dans son pays. Son fils vient d’en payer le prix », énonce le quotidien.
Pour les proches de l’activiste des droits de l’homme, c’est bien « Pierre-Claver que le régime a voulu punir à travers son fils ». C’est d’ailleurs après avoir montré sa carte d’identité où figurait le nom de son père que le jeune homme a vu son destin « basculer », peut-on encore lire dans les colonnes de Libération.
Le quotidien français note que le visage de Willy était « tuméfié, gonflé par des ecchymoses ». C’est ce qu’a expliqué à Libération un proche, joint à Bujumbura, après la découverte du corps dans l’une des rues principales du quartier de Mutukura.
Le journal rappelle que l’ultimatum lancé lundi dernier par le président Nkurunziza à ses adversaires, les invitant à « rendre les armes », expire ce soir à minuit.
Birmanie : la dame de Rangoun dans l’antichambre du pouvoir
Elections législatives demain en Birmanie. L’occasion pour l’opposante Aung San Suu Kyi d’accéder probablement au pouvoir. « Le temps du changement est venu », lance Libération. Reportage du journal dans un immeuble populaire de Rangoun, la capitale, où voisins et voisines aspirent tous au changement, sans forcément trop y croire.
Il faut dire que, pour les premières élections libres depuis vingt-cinq ans dans le pays, les militaires sont « toujours là, avec leurs lois et leurs copains », soupire un de ces voisins dans Libé.
Tout sourire, debout dans une voiture parmi la foule, la célèbre opposante birmane est à la Une du Figaro. Pour ce journal, la prix Nobel de la paix birmane, qui « continue de jouir d’une popularité écrasante et d’une confiance quasi aveugle auprès du petit peuple », a rien moins que « rendez-vous avec l’Histoire » (avec un grand « H », s’il vous plait), la victoire, demain, de son parti, la Ligue nationale pour la démocratie, faisant « peu de doute », anticipe le quotidien.
Toutefois, le chemin est encore long pour celle que l’on appelle « la Dame de Rangoun ». Et rien ne garantit qu’elle sera en mesure de gouverner le pays, comme elle l’espère, à l’issue du scrutin, concède lui aussi Le Figaro.
Volkswagen : l’ombre de la dictature brésilienne
De nouveaux possibles ennuis en perspective pour le constructeur automobile allemand Volkswagen. Mais au Brésil cette fois-ci, et pour des raisons liées à l’histoire. On sait à quel point VW est englué dans le scandale de fraude sur les émissions polluantes de ses véhicules. Mais la firme allemande pourrait bien aussi se voir rattrapée par son passé brésilien. Selon Libération, le parquet de Sao Paulo a ouvert une enquête après qu’une plainte ait été déposée le 22 septembre dernier pour ses liens passés avec la dictature militaire.
Le journal fait état d’un département de sécurité de la firme, qui avait été « mis sur pied par… FranzStangl, l’ex-commandant des camps d’extermination nazis de Sobibor et Treblinka en Pologne » pour pourchasser les ouvriers et employés proches des communistes.
Numericable : chronique d’une mort annoncée 
Une marque commerciale va disparaître en France, la marque Numericable. Selon Le Parisien, la direction du groupe Altice, maison-mère de l’ensemble Numericable-SFR, a annoncé la nouvelle mardi aux syndicats lors d’un comité d’entreprise extraordinaire. Tout sauf une surprise. En achetant l’an dernier le deuxième opérateur de télécommunications français SFR au géant Vivendi, Altice « n’avait pas fait mystère qu’il ne comptait pas conserver le nom de Numericable », rappelle le journal. Conséquence : « Les 62 boutiques Numericable disparaîtront dans les mois à venir. Six devraient prendre l’enseigne SFR, les autres fermeront », complète Le Parisien.
Autre conséquence, la marque de l’opérateur virtuel Virgin Mobile, détenu par Numericable-SFR, est en passe, elle « aussi », de disparaître, ajoute le journal.