Hier soir, les téléspectateurs français intéressés ont pu assister au « duel » entre le Premier ministre Edouard Philippe et le leader de la France insoumise Jean-Luc Mélenchon.
Comme le formule Le Figaro, c’était le « grand oral » pour Edouard Philippe. Et l’occasion de se faire connaître. Un sondage Odoxa publié par ce quotidien indique, justement, que près de quatre Français sur dix (38 % exactement) sont incapables de donner précisément le nom du Premier ministre de la France ! Dans le détail, 21 % des personnes interrogées ne donnent aucun nom pour le Premier ministre, 15 % déclarent connaître soit son nom, soit son prénom, ou alors pensent qu'il se nomme Philippe Edouard. Et 1 % l'appelle même Gérard Philippe, comme le comédien français interprète de Fanfan la Tulipe et qui est décédé en… 1959.
Alors, entre Edouard Philippe et Jean-Luc Mélenchon, hier soir à la télé, qui a gagné ? Ce fut courtois, de bon ton, le Premier ministre apparaissant parfois « complice » avec son contradicteur, relève le journal Le Parisien.
Et ce-même Edouard Philippe peut « dire merci à Jean-Luc Mélenchon », lance La Charente libre. Et la réciproque était vraie hier soir. Le Premier ministre « trop inaudible et effacé » derrière son « hyperprésident » avait besoin de « se faire un nom », souligne ce quotidien de l’ouest de la France. Pour y parvenir, rien de tel que les millions de téléspectateurs du « duel politique le plus attendu de la rentrée sur France 2 face à l'opposant numéro un autoproclamé de son gouvernement », explique La Charente libre. Face à lui, Jean-Luc Mélenchon voulait montrer que son image de « Lider Maximo au couteau entre les dents » était caricaturale, complète ce quotidien.
ISF : riches cadeaux fiscaux
En France encore, l’ISF va devenir l’IFI. L’impôt de solidarité sur la fortune va être transformé en « impôt sur la fortune immobilière ». Les reproches fusent depuis la gauche sur Emmanuel Macron. Et la presse française n’est pas en reste. La réforme de l’ISF ? « Dur, dur "d'assumer" jusqu’au bout », lance Libération. D’autant que, dans « l’entourage » du ministre de l’Economie, on reconnaissait qu’il n’était  pas exclu » que des contribuables français choisissent d’investir sur des « placements étrangers plus rentables ».
Le journal L’Opinion donne ce matin dans une logique dans lequel l’on pourrait à bon droit détecter un léger fumet d’arrogance en soulignant que « si la quasi-suppression de l’ISF ne profite qu’aux riches, c’est parce qu’on ne peut pas baisser les impôts de ceux qui n’en payent pas » ! Sur sa lancée, L’Opinion remarque encore que « s’indigner que les yachts soient exonérés du futur ISF mais pas l’immobilier, c’est militer pour la suppression de toute taxation sur la fortune ». Et ce quotidien le signale, « voilà Emmanuel Macron à son tour affublé du sobriquet supposé infamant "d’ami des riches" (après Jacques Chirac en 1986 et Nicolas Sarkozy en 2002) ». Avant d’y aller de son conseil, en estimant que si le chef de l’Etat « résiste maintenant aux sans-culottes du XXIe siècle, la France aura fait un pas de plus vers la normalité ».
Mais attention, prévient plus largement Le Figaro, un premier budget est un « marqueur indélébile ». Ce quotidien conservateur a encore en mémoire la mésaventure arrivée à l’ancien président Nicolas Sarkozy, qui a « payé cher cette étiquette de "président des riches" » qui lui fut accolée en raison du fameux « bouclier fiscal » ou de François Hollande qui ne s'est jamais remis de « l'impact de son matraquage fiscal initial ». Aujourd’hui c’est au tour d’Emmanuel Macron et le risque d'une « rupture » avec l'opinion, et en particulier avec l'électorat macroniste venu de la gauche, est donc aujourd'hui « réel », met en garde Le Figaro.
Corée du Nord : peu importe que le chat soit noir ou blanc, pourvu qu’il attrape les souris
« D’où vient l’argent de la Corée du Nord ? » Question posée à la Une de La Croix. Pour la contraindre à renoncer à la bombe atomique, voilà maintenant un mois que la Corée du Nord est visée par de nouvelles sanctions, mais son économie résiste aux embargos avec un « réseau de sociétés écrans dissimulant une multitude d’activités », souligne le quotidien catholique, et notamment via des « entreprises privées » qui contribuent à hauteur de 30 à 50 % du PIB ! Et pourtant, officiellement, rappelle La Croix, « la Corée du Nord est socialiste ».
Stups : le chacal
Cette histoire de « chacal », qui jette un éclairage trouble sur les liens entre certains policiers et des tueurs. Hier matin, deux journalistes de Libération ont été convoqués par la justice pour une mise en examen, poursuivis qu’ils sont pour diffamation par François Thierry, un ancien patron des « stups », la brigade policière de lutte contre le trafic de stupéfiants.
Libération révèle l’identité et le rôle d’un « assassin aux multiples facettes dans le scandale des stups qui éclabousse la police française », où « quand l’Etat deale avec un tueur », et dénonce l’implication dans une affaire de terrorisme international, de « barbouzerie la plus sale », et de relations « plus que troubles » entre la France et l’Espagne depuis les années 1980.
Né en 1952, d’origine algérienne, l’homme aujourd’hui connu sous le faux nom d’Alain David Benhamou (…) est connu pour être un tueur et recruteur des Groupes antiterroristes de libération, les « GAL », ces « escadrons de la mort  » recrutés et payés par Madrid pour éliminer les militants basques réfugiés en France dans les années 1980. Libé rapporte qu’en échange de leurs « services », le Chacal et ses associés sont « autorisés » à organiser le trafic de drogue autour de Marbella, nouvelle capitale européenne de la came. Et ce journal souligne que « vingt ans plus tard, la police française a recyclé les vieux réseaux du GAL pour monter ses propres opérations secrètes ». Mais où est le Chacal ? Le Chacal, « il se serait récemment retiré en Amérique du Sud. Mais personne n’en est tout à fait sûr », lance, évasif, Libération. Qui accuse : « C'est la démocratie française qui semble minée par les relations présumées entre les voyous et certains hauts gradés de l’administration ». Et qui, sans attendre, dénonce le « silence complice (…) du gouvernement et du chef de l’Etat devant ces révélations ». On verra bien.