Le toujours candidat de la droite était en campagne électorale le 2 février dans les Ardennes, nord-est de la France, alors que le même jour dans la soirée, l’émission télévisée Envoyé spécial, sur France 2, diffusait des extraits de l’interview que son épouse Penelope Fillon avait accordée le 18 mai 2007 au quotidien britannique Daily Telegraph, et dans laquelle elle déclarait : « je n’ai jamais été l’assistante de mon mari et je ne me suis pas non plus occupée de sa communication ».
A Charleville-Mézières, François Fillon n’a pas fait dans la poésie pour dénoncer « l’agitation malsaine », et le « feu continu des attaques » dont il se dit victime et dont la « violence » est, selon lui, « inouïe ». Déclarations faites lors d’une réunion publique émaillée par une brève tentative d’interruption, rapporte Libération, quand un homme a scandé le mot « pourri » ou encore lors de la visite d’une crèche, quand le candidat de la droite a essuyé un « Fillon démission ! ».
Mais dans la ville natale d’Arthur Rimbaud et dans ses environs, François Fillon était allé faire campagne « comme si de rien n’était », souligne Le Figaro. Or, rehausse ce quotidien conservateur, « la droite s’inquiète ». Et François Fillon se retrouve « dans ce moment délicat où sa défense personnelle entre en conflit avec la défense stratégique de son camp ».
Alors que faire ? « Il faut bouger », conseille le journal Les Echos. Sinon, la droite « perdra l'élection présidentielle », prévient le quotidien économique français. Seulement voilà, « contraindre Fillon à la reddition sera difficile, complète Le Républicain Lorrain. Son tempérament de coureur solitaire a forgé sa pugnacité. Blessé, l'animal politique n'en est que plus combatif ».
Fillon : contre-la-montre judiciaire

Justement. François Fillon peut-il tenir, lui qui a demandé quinze jours de répit pour laisser la justice agir ? « Juste 15 jours, Monsieur le bourreau », formule L'Union et l'Ardennais, et les amateurs d’histoire auront compris la référence à la du Barry, cette comtesse maîtresse du roi qui fut guillotinée lors de la Révolution française et qui est passée à la postérité pour avoir dit sur l’échafaud : « encore un instant, Monsieur le bourreau » ! 
Alors si le quotidien de la région visitée hier par François Fillon rappelle ainsi le mot attribué à la du Barry, c’est bien que François Fillon, c’est déjà ça, a au moins été « entendu sur un point. Il réclamait à la justice de rapides éclaircissements, et rarement une enquête préliminaire aura été menée avec une telle célérité, souligne Le Parisien-Aujourd'hui en France. Tout indique que, d'ici une dizaine de jours, le parquet financier sera à même de dire quelle suite il entend donner au dossier ». On verra bien.
Mais même si cette enquête préliminaire menée par la justice devait « faire pschitt », prévient Le Courrier Picard, le « bruit des casseroles » autour de François Fillon le rend « inaudible », décrète ce quotidien du centre-nord de la France. Lequel journal, faut-il le rappeler, est proche de la gauche. On le voit, l’affaire Fillon n’en finit pas de secouer la vie politique française.
Le Pen : préférence nationale
Et pendant ce temps, il en est une qui avance, c’est Marine Le Pen. Ce vrai « coup de grisou » qu’est l’affaire Fillon offre un « boulevard » à la présidente du Front national, déplore La République des Pyrénées. Justement, Marine Le Pen, qui présente son programme ce week-end, est déjà créditée « du meilleur score au premier tour », avertit ce quotidien du sud-ouest de la France.
  
Comme le relève aussi, justement, le journal Sud-Ouest, « l'affligeant spectacle » de la scène politique française suffit à la présidente du Front national. « Grâce aux querelles de chapelle, elle grappille sans faire campagne les intentions de vote. Le désert qui pourrait devenir son royaume n'est que la terre brûlée par nos partis traditionnels », s’inquiète le quotidien.
En attendant, cette-même Marine Le Pen lève le voile sur une partie de son programme dans le journal Le Monde. Elle y annonce, si elle est élue, « deux référendums, dont un sur la révision constitutionnelle (…) tout de suite après les élections législatives ». Et Marine Le Pen annonce aussi la « priorité nationale à l’emploi » via une « taxe additionnelle sur tout nouveau contrat d’employé étranger. Cette recette sera versée à l’indemnisation des chômeurs », dit Marine Le Pen au Monde, dans lequel elle annonce aussi la création d’une « prime de pouvoir d’achat » pour les petits revenus et qui s’établirait à quelques « 80 euros par mois ».
  
Journalistes : le blues de la presse
C’est confirmé, les journalistes restent mal aimés des Français. Le journal La Croix publie son baromètre annuel de la confiance des Français dans les médias. Réalisée par l’institut Kantar Sofres, cette étude confirme la chute de l’intérêt pour l’information  et de la crédibilité des médias. En un an, le « déficit » de confiance a tellement baissé que l’intérêt des Français pour l’information enregistre son « plus mauvais score en trente ans », relève ce quotidien. Seuls 64 % (– 6 points sur un an) des Français déclarent s’y intéresser, avec une désaffection marquée des jeunes (56 %) et des moins diplômés (58 %). Quant aux journalistes, c’est bien simple, les Français ont à ce point une piètre idée de leur indépendance que, n’étant pas masochiste, je vais aggraver ici mon cas en évitant d’entrer dans les détails de ce mirobolant baromètre.
Et même si la radio est aux yeux des Français le média le plus crédible, ce désamour fait peser un « risque sur la vie démocratique », s’inquiète La Croix, qui s’interroge sur « la relation que les Français entretiennent avec leurs médias. Les moins rigoureux dans la collecte et le traitement de l’information ne sont pas toujours les moins consultés », souligne le quotidien catholique.
Trump : la croisade de la presse
Pourtant, heureusement qu’il y a des journalistes et des journaux ! Aux Etats-Unis par exemple. Comme le constate Libération, « le 4e pouvoir se rebiffe » contre Donald Trump. Ce quotidien raconte la mobilisation des principaux médias américains pour gagner la bataille de l'information. Pour ce journal, la hausse significative des abonnements aux journaux peut être interprétée comme un « acte militant » de la part de ces lecteurs.
Et Libé ironise : « il faudrait donc remercier François Fillon. Il est l'exemple même que la presse peut faire son travail correctement en France, sortir des affaires envers et contre tout ». L’affaire Fillon ? Un vrai filon. La preuve…