L’affaire est dans le sac chez Gucci. Le patron italien de cette maison de luxe filiale du groupe français Kering serait impliqué dans une fraude fiscale massive, tout comme François-Henri Pinault, grand patron de Kering.
Fils de François Pinault, fondateur de ce groupe, l’ex-Pinault-Printemps-Redoute, lequel père est connu pour sa passion pour l’art contemporain comme pour son amitié avec l’ancien président Chirac, François-Henri Pinault donc, se serait sans doute bien passé de ces révélations fracassantes.
Selon un consortium de journaux européens, dont, en France, le site internet Mediapart, « depuis 2010 », Marco Bizzarri, patron de la maison de luxe Gucci, filiale italienne du groupe français Kering, bénéficie d’un « montage d'évasion fiscale validé par François-Henri Pinault », président de Kering, afin de verser à Bizzarri un salaire de « 8 millions d’euros annuels », énonce ce journal en ligne.
Selon Mediapart, Bizzarri, qui est une « icône dans son pays et la nouvelle star du luxe mondial », aurait été « employé et payé par une société boîte aux lettres au Luxembourg, ce qui élimine presque totalement les cotisations sociales. Et le patron de la marque de luxe la plus emblématique d’Italie ne paye que très peu d’impôts dans son pays puisqu’il réside en Suisse - en tout cas fiscalement ».
En chiffres, cela donne, « sur sept ans », des impôts évités à hauteur de « 15 millions d’euros » pour le patron de Gucci, et de « 50 millions d’euros » pour Kering !
Mediapart publie le fac-similé d’un message électronique daté du 17 décembre 2014 et adressé par Kering à Marco Bizzarri pour lui confirmer sa rémunération de 8 millions d’euros, avec François-Henri Pinault en copie. Ce dernier « n’a pas hésité à plonger les mains dans le cambouis », formule Mediapart. Gare aux éclaboussures !
PS : le cimetière des éléphants
Branle-bas de combat au Parti socialiste français, ou ce qu’il en reste. C’est aujourd’hui que son conseil national doit valider les candidatures au poste de premier secrétaire du PS ; « La chasse aux éléphants est ouverte », lance Libération, qui a eu accès aux motions de quatre candidats, Olivier Faure, Stéphane Le Foll, Luc Carvounas et Emmanuel Maurel. « Aucune femme parmi les candidats », souligne ce journal.
Aucune femme parce que Delphine Batho, qui souhaite concourir, « n’a guère de chances » de pouvoir le faire, explique le journal Le Parisien. Cette ex-ministre socialiste, aujourd’hui députée, « aura du mal à recueillir les parrainages nécessaires », explique ce quotidien. Lequel Parisien se demande qui, au PS, peut « sauver le navire ? » On verra bien dans la journée.
Que sait-on déjà de ce que proposent les quatre hommes en lice ? Tous sont d’accord pour mettre l’accent sur des thèmes majeurs, comme l’écologie, la lutte contre les inégalités, la défense de la loi 1905 « telle qu’elle est aujourd’hui », sur la demande d’un Parlement de la zone euro ou d’une « Union de la Méditerranée » ; tous « souhaitent s’adresser en priorité aux classes populaires et moyennes, qui ont quitté leurs rangs », souligne Libé, mais entre les quatre candidats hommes, les différences ne manquent pas. Ainsi, tandis que Stéphane Le Foll explique l’échec du précédent quinquennat par un défaut de « communication », et pourfend les « frondeurs » et Benoît Hamon qui sont selon lui, responsables de « l’échec », Olivier Faure promet, lui, une « analyse approfondie du mandat » de François Hollande, quand Carvounas et Maurel « ciblent les aides aux entreprises, la loi travail et la déchéance de nationalité » comme causes de l’échec de la gauche.
Côté alliances, Le Foll, Faure et Carvounas « s’entendent pour ne pas tendre la main à Jean-Luc Mélenchon », souligne Libération, tandis que Maurel veut un « dialogue avec toutes les forces de gauche qui veulent transformer la société en profondeur ». Donc Mélenchon.
PS : c’est la lutte finale
Que va-t-il émerger de ces motions, ou plutôt de ces « textes d’orientation », comme les appellent les socialistes ? Là-encore, affaire à suivre, mais l’enjeu, lui, est crucial pour le PS, et Libération le résume : prouver que le PS est « vivant ». Certes, admet ce journal proche de la gauche, on peut « railler le peu d’ambition de cette feuille de route. Mais le PS en est là aujourd’hui (…) La pente est rude. »
D’autant que les militants se font rares. Justement, remarque le journal L’Union, « chez les socialistes, on se bouscule encore pour devenir premier secrétaire en ne sachant pas très bien, au fond, combien il y a encore de vrais militants prêts à mouiller la chemise ». Naufrageur, ce quotidien du centre-est de la France évoque ce matin le PS comme un parti « en voie de disparition ».
Mali : le bourbier
Plus de deux ans après la signature de l’accord de paix, le Mali est en proie aux violences quotidiennes. C’est ce que constate avec gravité le journal Le Monde daté de ce samedi. « A l’aube d’une année électorale incertaine, la sécurité se détériore au gré des assauts de nouveaux groupes armés surgis depuis la signature, en 2015, d’un accord de paix qui patine », relève ce quotidien du soir.
La mission de paix des Nations unies au Mali est déjà « la plus meurtrière de toutes celles déployées dans le monde – plus de 130 morts depuis 2013 », souligne Le Monde, le Mali « bout d’une violence qui éclabousse ses plus proches voisins, tels le Niger et le Burkina Faso, et inquiète au premier plan toute la sous-région ».
Dès lors, une question sans réponse se pose, et ce quotidien français la pose : « Comment organiser une élection crédible alors que de larges portions du territoire échappent au contrôle du pouvoir central » ? Sans réponse parce le Mali n’aurait « pas le choix », relève Le Monde.