Qu’on se rassure : « Les géants français de l’industrie sont euphoriques malgré les crises », nous dit Le Figaro. Exception faite d’EDF et de ses difficultés, « après Michelin, Saint-Gobain ou Danone, en début de semaine, les groupes Schneider, Air Liquide, Total, Stellantis ou Sanofi ont dévoilé hier d’excellents résultats » au premier semestre. Des « performances d’autant plus remarquables que ces multinationales évoluent dans un environnement terriblement chahuté », note Le Figaro : « forte inflation, pénuries de toutes natures, sévère coup d’arrêt de la Chine ».

Oui, les « locomotives françaises tiennent bon », confirment Les Échos. Les géants français sont « armés » et, « en dépit de la multiplication des chocs, la plupart des groupes du CAC 40 affichent des résultats très solides » en ce début d’année, mais attention, prévient le quotidien économique : « De nombreuses incertitudes pèsent sur le second semestre, la dégradation des perspectives économiques est dans tous les esprits ».
L’utilisation des bénéfices au cœur des débats
Et l’utilisation des bénéfices est également dans les esprits. Avec un exemple dans La Croix notamment : « TotalEnergies, les superprofits de la discorde ». « En six mois, le pétrolier a engrangé plus de 10 milliards d’euros de bénéfices. De quoi relancer les débats sur la taxation, et plus généralement sur l’utilisation de ces profits. » « Conséquence directe de la flambée des cours du pétrole, ces résultats, deux fois supérieurs à ce qu’ils étaient il y a un an, n’ont rien de surprenant. Mais ils font tâche à l’heure de l’inflation et du pouvoir d’achat en berne », observe La Croix.

L’Humanité, de son côté, fidèle à sa ligne éditoriale, dénonce « l’indécence des puissants ». Mention ici au gouvernement et son « refus catégorique de taxer les superprofits », comme le proposait la Nupes, ainsi qu’aux « grands groupes » et leurs « patrons », qui eux « vont bien » quand les « Français galèrent ». Sortis « renforcés de la pandémie », « ils bénéficient de la guerre en Ukraine et du choc énergétique […] sans se soucier de la solidarité nationale », et ils « ont le toupet d’appeler les citoyens à "réduire leur consommation d’énergie" », s’indigne L’Humanité, à commencer par le dirigeant de Total, lit-on, qui « a augmenté son propre salaire de 52% en 2021, passant à 5,9 millions d’euros par an ». L’une des « réponses à l’urgence sociale », ce n’est « pas la révolution », estime L’Humanité, mais « juste le début d’une nouvelle répartition des richesses ».
Un contexte économique défavorable aux diasporas
« Rentrer à tout prix », dossier à lire dans les colonnes d’Aujourd’hui en France qui s’intéresse à la situation de la diaspora maghrébine. « Après près de deux ans d’une coupure presque totale en raison de la pandémie, les familles d’origine algérienne, marocaine ou tunisienne retournent au bled ». Mais « avec la hausse des prix des billets d’avion et la diminution du pouvoir d’achat, les vacances laissent un drôle de goût dans la bouche », note le journal.

Malgré cela, ils sont nombreux à l’aéroport d’Orly, nous dit Aujourd’hui en France, comme Hafida et « sa robe au motif fleuri », cette mère de trois enfant qui part passer 40 jours en Tunisie. Ou comme Widad, 47 ans, 3 enfants également, qui « attend devant le comptoir d’Air Algérie », et qui a même « dû faire un prêt pour se rendre à Constantine ». L’aller-retour a coûté plus de 2 400 euros à la famille. L’année prochaine, Widad prévoit de « mettre 100 euros de côté tous les mois », car « voir ma famille, ça n’a pas de prix », dit-elle.
Le rappeur Booba, lanceur d’alerte ?
L'argent, le nerf de la guerre... et la motivation du rappeur Booba pour son nouveau combat ! Fini les clashs avec Kaaris visiblement, le temps des bastons à Orly justement. Dossier très sérieux à lire en Une de Libération : « Booba vs. les influenceurs, arnaques, frime et putaclics ». Attention ça promet. La star du rap prend à parti plusieurs stars des réseaux sociaux, « pourvoyeuses de petites et grandes escroqueries sur le web », relate Libé. Booba, le duc de Boulbi comme on le surnomme, se positionne même en « lanceur d’alerte ».

Au point de départ de l’affaire, lit-on, « une fausse montre repérée sur une photo au poignet du rappeur, dont s’est moqué un influenceur ». Booba s’était en réalité fait arnaquer et là, après un clash comme les réseaux sociaux en ont le secret, la star « piquée au vif », s’est « plongée dans cette jungle mondialisée mi-virtuelle mi-réelle, de ces influenceurs peu scrupuleux, souvent basés à Dubaï, qui se font un pognon de dingue sur le dos de gogos, souvent des ados ». Mais preuve que l’affaire est sérieuse, Booba a lancé des initiatives judiciaires, plusieurs ministères et services de l’État se sont saisis du phénomène. Et c’est tant mieux, car au-delà cet « étrange cocktail » entre « star du rap », « influenceurs défiscalisés » et « personnages botoxés de la télé-réalité », estime Libération, « il y a urgence à réguler l’univers pitoyable de ces troubles du e-commerce ».