« Conquête spatiale, l’ombre chinoise » titre Libération. Le quotidien revient sur cet « alunissage inédit » sur la face cachée de la Lune, réussi hier par Pékin. « Près de cinquante ans après le premier pas sur la Lune, la Chine est la première puissance spatiale à explorer la face cachée du satellite naturel de la Terre ».
Un exploit également salué par Le Monde.
« Jeudi 3 janvier à 10h26 heure de Pékin, raconte le journal, l’atterrisseur a touché le sol lunaire, au terme d’un voyage de vingt-et-un jours dans l’espace ». Le Monde nous explique que « ce succès est crucial pour le programme spatial chinois, en vue d’un premier vol habité à l’horizon 2022 ».
Avant cela, les scientifiques vont se mettre au travail. « L’un des objectifs principaux, détaille Le Figaro, va consister à explorer la géologie de la face cachée, dont la surface, bien plus cratérisée que celle que nous voyons dans le ciel, reste à ce jour un mystère ». Des antennes vont « effectuer des relevés pour déterminer s’il pourrait être intéressant d’écouter le ciel depuis cette face, bien abritée des rayonnements artificiels que nous émettons » avec notamment nos télés et nos radios…
Les scientifiques qui, d’après Le Parisien, s’intéressent aussi à l’éventuelle « présence d’une très forte concentration d’hélium 3, un gaz hautement convoité apporté par le vent solaire ». « Très rare sur Terre, il est vu un peu comme le pétrole du futur, compare le journal. A peine 25 tonnes, suffiraient pour fournir l’énergie consommée pendant un an par les Etats-Unis ».
Cette opération, est aussi une réaffirmation des ambitions spatiales de La Chine, notamment face aux Etats-Unis et la Russie…
« La Chine de Xi Jinping n’a plus de complexe » affirme La Nouvelle République du Centre. Pour Les Dernières Nouvelles d’Alsace, « cet alunissage hors norme marque [...] une nouvelle étape dans la guerre que se livrent à distance les grands de ce monde. Il vient acter le réveil de la Chine et confirmer ses immenses ambitions ». Le quotidien régional poursuit. « Déjà rivale commerciale, économique et militaire des Etats-Unis, la République populaire ouvre un nouveau front que l’on croyait abandonné, celui de la conquête spatiale ». « Cette mission n’a ainsi d’autre but que de montrer au monde entier l’étendue de sa nouvelle puissance ».
Pour le président Xi Jinping, « l’espace est devenu un objectif de conquête pour redonner fierté au peuple chinois », nous dit Libération.
« Doté d’un budget de 6 milliards de dollars par an alloué à son programme spatial contre 40 milliards pour son homologue américain, Pékin tente de rattraper son retard sur les Etats-Unis et la Russie. » Libération nous apprend également, que cette année, « Pékin a propulsé 38 fusées dans l’espace ». « C’est plus que n’importe quel autre pays ».
Les journaux français reviennent également sur le mouvement des gilets jaunes, et sur le changement de ton du gouvernement…
« Le gouvernement joue la fermeté » selon Le Parisien. « En ce début d’année, et après presque deux mois de crise », l’exécutif « estime qu’il est temps que cessent manifestations et rassemblements illégaux ». Le journal cite une source proche du Premier ministre Edouard Philippe. « Les revendications économiques et sociales des Gilets jaunes ont été prises en compte. Mais maintenant, il faut accepter de tourner la page ».
Pour mettre un terme au mouvement, le gouvernement passe donc à l’offensive. « Menaces de contraventions », avec des amendes « pouvant atteindre 3 000 euros ».
Autre illustration de ce durcissement, l’arrestation mercredi d’Eric Drouet. Cette figure emblématique et controversée des Gilets jaunes a été interpellé à Paris, lors d’un rassemblement. Une manifestation illégale a jugé la police. Libéré hier, il a dénoncé une arrestation politique. Alors, peut-il « devenir un martyr de la cause ? » se demande Libération.
« Fallait-il offrir un martyr aux Gilets jaunes ? » s’interroge de manière plus directe Le Républicain Lorrain. Pour le quotidien régional, cette arrestation est symptomatique « de la fébrilité du pouvoir, dont on ne sait s’il applique une stratégie extraordinairement subtile ou s’il n’est que bêtement maladroit ». L’opposition n’a d’ailleurs pas hésité à se saisir de cette arrestation.
Certains y verront un vrai soutien. D’autres, plus cyniques, une tentative de récupération. Dans tous les cas, on peut lire dans Le Figaro que Jean Luc Mélenchon de La France Insoumise « y a vu un abus de pouvoir et l’entreprise d’une police politique ».
De son côté, la président du Rassemblement National, Marine Le Pen a « pourfendu la violation systématique des droits politiques de ses opposants par Emmanuel Macron ». Même son de cloche chez Nicolas Dupont-Aignan. Le président de Debout la France estime que le pourvoir « sous Macron est sévère envers ses opposants mais laxistes envers les racailles ».
Enfin, pour Le Figaro toujours, cette arrestation très médiatique « risque de revigorer la mobilisation ». Le journal cite un Gilet jaune de Bretagne. « Si le gouvernement avait voulu réactiver la mobilisation, il ne s’y serait pas pris autrement » selon lui.
L’Eclair des Pyrénées de conclure, quelque peu désabusé : « bref, on se serait bien passé d’une péripétie aux conséquences inconnues ».
Autre inconnue dans presse française aujourd’hui, les résultats des élections de dimanche dernier toujours attendus en République Démocratique du Congo…
Des résultats attendus ce dimanche. Si tout va bien ! « La compilation des résultats électoraux s’éternise » écrit Libération.
« On patauge » avoue au journal un employé de la Commission électorale nationale indépendante (la CENI). « Quatre jours après le scrutin que le Congo attendait depuis deux ans, et qui doit désigner le successeur de Joseph Kabila, les procès-verbaux des résultats arrivent encore au compte-gouttes dans les 179 centres de compilation du plus vaste pays d’Afrique subsaharienne ».
« Kinshasa trépigne avant le verdict des urnes » selon Le Figaro. « Entre les étals ou les petits bars, décrit le journal, les conversations ressassent les hypothèses, propagent les rumeurs… »
Il faut dire que les habitants de la capitale, comme ceux du reste du pays, ne peuvent plus échanger sur Internet ou par SMS, comme le rappelle Le Monde. Le journal parle de « cyberbrutalité » pour décrire cette suspension, et rappelle également la coupure du signal de RFI et le retrait de l’accréditation de sa correspondante. « Couper internet, nous dit Le Monde, est une mesure éprouvée [...] pour bloquer la coordination de manifestations ou couper court aux desseins insurectionnels ».
D'après un consultant américain cité par le journal, « internet est devenu le nouveau champ de bataille, et les militans africains ne peuvent plus se passer des réseaux sociaux pour mobiliser et diffuser les informations ».
Les régimes l'ont bien compris. Un rapport de Facebook, nommé Transparency, place les chefs d'états africains « parmi les principaux adeptes du blocage des télécommunications ».