« Facs, le mouvement s’amplifie » titre L’Humanité... « Le climat s’envenime autour des différentes mobilisations étudiantes qui dénoncent les réformes du gouvernement, déjà plus de vingt sites sont concernés » relate le journal d’extrême gauche... Et ce dans une atmosphère tendue après les violences à Montpellier la semaine dernière, où le doyen démissionnaire et un professeur ont été suspendus et placés en garde en vue. L’Humanité dresse une carte des universités touchées par la contestation et estime qu’« ils allaient peut-être un peu vite en besogne ceux qui, au gouvernement et ailleurs, pensaient pouvoir se frotter les mains en observant un mouvement contre le plan étudiant qui peinait à prendre son envol ». Mais cette semaine, plusieurs facs ont bel et bien franchi un cap dans la mobilisation et beaucoup d’éléments semblent réunis pour que les chaises ne s’arrêtent pas là estime L’Humanité.
« Facs : comme un truc qui bloque » confirme Libération en Une. « Toulouse, bordeaux, Nancy, Tolobiac, Montpellier et maintenant Strasbourg. Ça bouge dans les universités françaises, prévient le quotidien, mais de façon marginale, précise-t-il en analysant des raisons différentes : contre la sélection des étudiants, pour réclamer plus de moyens, en faveur des migrants ou en réaction aux violences », énumère Libé, qui résume : « Les blocages, suscités par ces motivations disparates, concernent une douzaine de facultés ». Libé qui s’alarme également que dans certains cas, les étudiants mobilisés doivent faire face aux agressions d’activistes d’extrême droite, où comme à Montpellier justement, où la violente évacuation de l’amphithéâtre a réveillé les tensions entre les facultés de droit et celle des lettres.
Autre son de cloche pour Le Figaro
Le journal conservateur observe pour sa part je cite « un début de contestation dans certaines facs ». Assemblées générales, blocus, violences. La loi Vidal crée des remous dans plusieurs grandes villes écrit-il avant d’affirmer que « le rôle manifestement douteux du doyen de la faculté de droit de Montpellier et d’un enseignant dans cette affaire constitue une occasion politique rêvée pour les mouvements anarcho-syndicalistes et autres sympathisants de la France Insoumise. » Ils tentaient poursuit Le Figaro de « mobiliser les étudiants depuis septembre sur le thème de la sélection. Mais pour le moment, la contestation de la loi Vidal, qui permet à chaque université de fixer des prérequis pour choisir les étudiants restait très timide. » Le Figaro relaie également le témoignage d’un étudiant de droit de Montpellier qui assure que « Philippe Pétel était très disponible pour ses étudiants, un très bon doyen. » Le Figaro ne semble pas voir ici la gravité des faits dont il est soupçonné. Le quotidien qui relate dans un autre article, le ras-le-bol des étudiants anti blocage de Tolbiac.
Le Figaro plutôt préoccupé par un tout autre dossier
« Impôts à la source, la source du problème » annonce le journal en Une. Il nous explique qu’« à compter du 1er janvier 2019, les entreprises prélèveront directement les impôts des salariés sur la feuille de paie, mais que les entreprises s’en inquiètent justement et demandent un report de cette mesure, confirmée par Gérald Darmanin. Le ministre des comptes publics obligé de sillonner le pays pour convaincre les citoyens qu’il s’agit d’une grande avancée sur le chemin de la modernité », ironise Le Figaro. Mais derrière les grands discours, poursuit-il, le « ressenti » comme on dit maintenant ne semble pas exactement celui que décrit le gouvernement. « Les chefs d’entreprises, n’ayant aucune envie de devenir percepteurs à la place de l’Etat, n’y voient que des inconvénients et craignent la grande complexité fiscale française », affirme Le Figaro. Pire, « l’amputation des fiches de paie pourrait bien agir comme un turbo sur les revendications salariales » s’alarme le journal, imaginez-vous. Et puis, en définitive, le journal analyse, en prêtant toujours le propos aux chefs d’entreprises, que le problème en France n’est pas de savoir de quelle manière mieux récolter l’impôt, mais d’en lever moins ! Le Figaro déplore ici que 6 mois de présidence Macron aient suffi à la création de huit taxes et impôts. Une créativité délirante   de droite comme de gauche   qui nous vaut le bonnet d’âne du champion toutes catégories des prélèvements obligatoires, tranche enfin Le Figaro qui s’interroge en guise de conclusion : « La plus grande urgence fiscale n’est-elle pas de quitter ce piteux podium ? »
La vie de l’entreprise et le sort des salariés qui intéresse également Libération ce matin
C’est le dossier que le quotidien propose en Une. « Salariés clients : je note, tu notes, nous trinquons ». Enquête sur la notation par les consommateurs. Un système généralisé par les entreprises et qui met les employés sous pression, affectant souvent leur rémunération nous alerte Libé avent d’étayer : de plus en plus d’entreprises utilisent les questionnaires de satisfaction remplis par les clients comme un outil managérial : « des notes attribuées à la va-vite » qui peuvent même aboutir à la perte d’emploi. « C’est effrayant, estime Libération dont l’éditorialiste se pose contre de la dictature de la notation de tout et n’importe quoi, une frénésie 2.0 de l’évaluation selon lui avec des consommateurs, bien souvent complices de cette surveillance permanente ».
Le président Macron lui mise sur l’intelligence articielle
« Et il mise sur le privé » annonce Le Monde. Emmanuel Macron qui a présenté hier un plan ambitieux dans lequel l’Etat consacrera 1,5 milliard d’euros d’ici à la fin du quinquennat. Pour rattraper le retard de l’hexagone en matière d’intelligence artificielle, c’est l’objectif affiché. Et pour cela, le président compte bien sur les investissements des fleurons de la technologie explique Le Monde. Le Monde qui livre également un entretien avec Cédric Villani, le député la république en marche de l’Essonne, mais surtout mathématicien lauréat de la médaille Fields, qui a remis mercredi un rapport commandé par le gouvernement en septembre. Il vante naturellement les qualités de l’intelligence artificielle et revient sur ses préconisations. Il le pense vraiment : cette intelligence artificielle sera bientôt partout et apportera des améliorations aux citoyens : de meilleurs diagnostics, des transports améliorés, autonomes ou pas, des consommations d’énergie moins importante. Mais Cédric Villani nous met également en garde : « comme toute technologie, si l’intelligence articielle est mal utilisée, elle ne sera pas bénéfique ». Nous voilà prévenus.