« Un texte qui fait quasiment l’unanimité contre lui », titre Le Monde. Le quotidien du soir cite notamment l’avis négatif du Conseil d’Etat, qui juge prématurée cette nouvelle loi alors que certaines mesures issues de celle qui avait été votée en 2016 n’ont pas réellement pu être évaluées. « Le projet de loi ne fait qu’ajouter des couches supplémentaires, diminuant la lisibilité du dispositif », explique la plus haute juridiction administrative du pays qui pourrait être amenée à statuer sur certains points.
De son côté, le gouvernement a sorti les parapluies : Gérard Collomb s’offre ainsi une double page d’explications de texte dans Le Parisien. Le ministre de l’Intérieur répond aux questions de lecteurs et fait passer quelques messages : « le dispositif national d’asile est saturé » « il faut des règles européennes communes » ou encore « il ne faut pas simplement accueillir, il faut accueillir bien ». Du Emmanuel Macron dans le texte, loin de convaincre les associations de défense des migrants auxquelles Libération donne la parole : « Il y a trop de points de non-retour dans le projet de loi », selon elles. Notamment la possibilité d’expulser un demandeur d’asile avant la fin de ses recours administratifs. « Si on accorde finalement l’asile, on va faire quoi ? », se demande l’ancien magistrat Christian Reboul, « aller chercher la personne dans le pays ? On est en Absurdie ».
Le Figaro de son côté pointe un exercice de funambulisme et alerte le gouvernement.
« Des insoumis aux socialistes, la gauche s’insurge et se prépare à riposter », note le quotidien conservateur qui titre par ailleurs « La loi qui divise le camp Macron. » Le Monde signale de son côté que des consignes ont été passées par le gouvernement auprès des députés de la majorité dont certains sont fermement opposés au texte. Le sujet est vraiment très clivant et La Croix propose de prendre un peu de hauteur dans un dossier passionnant intitulé « Penser l’immigration », avec des questions auxquelles répondent plusieurs articles : « peut-on imaginer un monde sans frontières ? », « l’hospitalité est-elle inconditionnelle ? » ou encore « Les migrations vont-elles continuer d’augmenter ? »
Des migrations notamment liées à des guerres, notamment à la Syrie, où un nouveau drame se joue dans la région de la Ghouta orientale.
Libération consacre une double page au sujet et il faut le noter, car c’est quasiment l’un des seuls journaux ce matin à en parler. Le titre de l’article principal est une citation d’un habitant : « la nuit ressemblait au jour tant le ciel était éclairé par les bombes ». Et le quotidien de décrypter la stratégie du régime et de son allié russe « un seul horizon, la capitulation ». Damas et Moscou profitent de « la résignation internationale après l’échec des négociations pour tenter de reconquérir l’intégralité du territoire » explique Libération. Le Monde de son côté cite le coordinateur de l’ONU pour l’aide humanitaire en Syrie « la situation est totalement hors de contrôle » déplore Panos Moumtzis « Il est impératif de mettre fin immédiatement à cette souffrance humaine insensée ».
C’est une polémique qui n’en finit pas d’alimenter les colonnes des journaux, les protagonistes mettant chaque jour de nouvelles pièces dans la machine : on parle du Wauquiez Gate.
« J’assume », titre Le Progrès sous un portrait de Laurent Wauquiez. Et en effet le patron des Républicains a assumé ses propos enregistrés à son insu et dans lesquels il critiquait pêle-mêle ses camarades de parti, les syndicats ou encore Emmanuel Macron. Enfin, à son insu, L’Est Républicain en doute sérieusement : « a-t-il imaginé que des étudiants tous équipés de smartphones dernier cri, n’allaient pas l’enregistrer, ne serait-ce que pour rédiger un compte rendu de son auguste conférence ? », s’interroge le quotidien. La République des Pyrénées critique de son côté l’intention de Laurent Wauquiez de déposer plainte contre la chaîne TMC qui a diffusé ses propos : « échapper à un procès en faisant le procès de ses juges est une manœuvre que l’on enseignait déjà dans les manuels de communication de l’Antiquité gréco-romaine ».
Bref, Laurent Wauquiez assume attaquer en justice des propos qu’il assume avoir tenus, enfin presque tous, puisque le chef de file de la droite affirme regretter la partie concernant Nicolas Sarkozy et qui lui a valu une sévère remontée de bretelles de la part de l’ancien président révèle ce matin Le Canard Enchaîné. « Laurent Wauquiez m’a appelé pour s’excuser et je l’ai pulvérisé » explique Nicolas Sarkozy, qui aurait ajouté « il parait que tu as des ambitions présidentielles, si j’étais toi, je trouverais un autre métier ».
Et pourquoi pas biathlète ? Une reconversion dans un secteur très populaire en France ces temps-ci.
Pas un journal n’y échappe ce matin : la médaille d’or obtenue par le relais mixte hier aux JO a propulsé Martin Fourcade au firmament du sport français. Avec ses 5 titres, Martin Fourcade est « seul sur son Olympe » s’extasie Le Figaro, qui titre son billet d’humeur sur les JO « Martin on t’aime ». Le biathlète y est présenté comme « humble, attachant, intelligent, disponible, mais également honnête dans la défaite », en somme, le Laurent Wauquiez du ski carabine. Alors Martin président ? Le Parisien y pense manifestement, titrant son interview avec le champion « Moi, Martin Fourcade », hommage indirect au « Moi, président » de François Hollande lors du débat du second tour de l’élection présidentielle française en 2012. La presse quotidienne régionale n’est pas en reste avec Les Dernières Nouvelles d’Alsace qui célèbrent « Fourcade et sa bande en or », le Dauphiné Libéré s’exclame « Incroyables » là ou Ouest France décrit « Fourcade et des Bleus au sommet de leur art ». Le mot de la fin revenant à L’Union qui lance « après des semaines de pluie et de grisaille, c’est bon pour le moral ! »
Les extraits d’un ouvrage que s’est procuré Le Parisien
Il s’agit du premier tome des Mémoires de Jean-Marie Le Pen, un projet que l’ancien président du Front National avait débuté en 1975 nous apprend le quotidien. « Intitulé “Fils de la Nation” », il y raconte son enfance et son parcours jusqu’à la création du FN en 1972. Et Jean Marie Le Pen en profite pour régler ses comptes lui qui a officiellement été exclu du parti d’extrême droite. Il y fait part de « sa pitié » pour sa fille Marine avec laquelle il est brouillé, expliquant dans une analogie animale que « chez les oiseaux, les parents chassent les oisillons du nid pour qu’ils volent de leurs propres ailes, dans la famille Le Pen c’est l’inverse, l’oiselle a viré l’aigle de son aire pour devenir adulte ». Jean Marie Le Pen dément également avoir pratiqué la torture pendant la Guerre d’Algérie ou du moins sa définition de la torture puisqu’il reconnait des coups, électrocutions ou simulations de noyade contre des prisonniers algériens. Il partage également quelques anecdotes comme ses premières amours, ou son goût pour les chants de l’armée allemande.