« Mélenchon se déchaîne ». Titre du Parisien/Aujourd’hui en France pour qui le leader des Insoumis a réussi une « véritable démonstration de force » hier, à Paris. Devant une foule compacte, Jean-Luc Mélenchon a prononcé un « discours plus virulent que jamais tant sur le fond que sur la forme », raconte le quotidien. « La France insoumise veut encore croire au poids de la rue », analyse Le Populaire du Centre. La bataille ne fait que commencer, soulignent pour leur part Le Télégramme et le Courrier de l’ouest.
La détermination de Jean-Luc Mélenchon n’impressionne en revanche pas du tout Bruno Le Maire. « La colère perpétuelle de Jean-Luc Mélenchon ne fait pas un projet ». Voilà ce que déclare le ministre de l’Economie et des finances dans les colonnes du Journal du Dimanche. « A tous ceux qui attisent les colères, j’ai une question à poser “que proposez-vous d’autre ? ” », lance encore Bruno Le Maire qui martèle le message du président : il n’y aura pas de marche arrière concernant la réforme du code du travail. Le gouvernement a pour mission « d’appliquer le programme choisi par le peuple français ». « Les Français se sont exprimés lors des élections présidentielles et législatives. Nous sommes là pour respecter leur mandat », soutient Bruno Le Maire au JDD.
Hillary Clinton s’en prend à Donald Trump
Autre interview à lire dans la presse française : celle qu’Hillary Clinton a accordée au Monde dans le cadre de la tournée de promotion de son livre What Happened (Ça s’est passé comme ça) dans lequel elle revient sur sa défaite de novembre dernier. Ça a été une « campagne inhabituelle » face à un « candidat inhabituel », raconte Hillary Clinton au Monde. Un candidat misogyne et agressif face auquel elle a choisi de garder son calme et de se poser en femme d’expérience. Cette attitude n’était peut-être pas la bonne, analyse Hillary Clinton, mais en tant que femme, je n’avais guère de choix, explique-t-elle encore.
Donald Trump est « dangereux »
Aujourd’hui, Donald Trump est à la tête des Etats-Unis depuis neuf mois. Et son ancienne rivale est extrêmement critique envers lui. « Il représente actuellement un danger clair pour notre pays et pour le monde », affirme Hillary Clinton. « Ses actes et son comportement ont été facteurs de division, dans notre pays et avec nos amis et nos alliés dans le monde. Il a injecté de l’instabilité et de l’imprévisibilité dans les affaires internationales. »
Sur le plan intérieur aussi, Hillary Clinton est très inquiète. En annulant tout un tas de mesures, de règlements sur le travail, l’environnement par exemple, qui ne nécessitent pas l’approbation du Congrès, Donald Trump fait reculer les Etats-Unis. Voilà ce que déclare Hillary Clinton. « Nous n’avons jamais eu un président aussi peu préparé, aussi peu informé et aussi peu intéressé par le travail du gouvernement […]. C’est pour nous un problème durable et important. »
Pas de mea culpa
L’ex-candidate s’en prend aussi à Bernie Sanders, son ancien adversaire lors des primaires démocrates, qui a lui accordé une interview à L’Obs. En revanche, Hillary Clinton ne se remet pas vraiment en cause. Ce qu’elle explique dans ce long entretien, c’est que si elle a perdu, c’est surtout parce la presse n’a pas bien relayé ses messages, son programme. Elle s’est trop focalisée sur l’affaire des courriels qu’Hillary Clinton avait envoyés d’une boîte mail non protégée.
Autres responsables de sa défaite : les Russes et leurs interventions sur les réseaux sociaux. Pas de mea culpa, donc.
Pourquoi d’anciens conseillers dévoilent-ils les coulisses de l’Elysée ?
Autres livres dont se fait l’écho la presse française, ceux écrits par d’anciens conseillers de l’Elysée. C’est presque un genre littéraire à part entière, ironise M, le magazine du Monde qui s’intéresse à l’ouvrage de Pierre-Louis Basse, ancien conseiller chargé des grands événements de François Hollande, et à celui de Patrice Biancone, l’ancien chef de cabinet de Valérie Trierweiler. Enfin, M s’interroge surtout sur ce qui peut bien pousser d’anciens conseillers à raconter les coulisses de l’Elysée. Et ce n’est pas très glorieux. Comme le résume le sociologue Jean-Michel Eymeri-Douzans, « tous ces ouvrages procèdent d’un » besoin de reconnaissance. Ils ont passé plusieurs années à travailler comme des fous, dans l’ombre, et ils ont besoin de le dire. De faire savoir qu’ils étaient là. »
Et puis autre motivation, bien plus pragmatique : la nécessité de se trouver un avenir. Comme le dit encore Jean-Michel Eymeri-Douzans, « le retour à la vie normale est rude. Toute l’agitation autour d’eux s’arrête. Ecrire un livre leur permet de gagner en notoriété, pour se négocier une place de chroniqueur ou autre dans les médias, mais aussi de monétiser leur expérience, de se mettre en avant, en vue de conférences… »
Enfin pour ça, il faut que le livre se vende bien… S’il y a une vraie fascination pour les coulisses du pouvoir en France, encore faut-il que l’ancien conseiller soit un tout petit peu connu, que son livre sorte au bon moment, et surtout qu’il soit croustillant. Il faut de la polémique, du secret, du scoop ! Le livre de Patrick Buisson, qui repose en partie sur des enregistrements secrets qu’il avait faits de Nicolas Sarkozy, s’est écoulé à plus de 75 000 exemplaires, le mois de sa sortie, l’an dernier.
Le succès du street art
Cet art populaire est en train de devenir un art tout court, raconte L’Obs. Cette discipline apparue dans les années 60 « a peu à peu envahi les murs des villes, puis leurs galeries et leurs musées ». Le phénomène est particulièrement marqué en France. « Le street art est devenu depuis peu une baguette magique pour faire briller les immeubles ternes de le plupart des grandes villes », détaille l’hebdomadaire. Mais surtout les lieux d’exposition se multiplient.
Conséquence, les prix des œuvres flambent. Un Bansky vaut désormais 10 fois plus qu’il y a 10 ans, rapporte L’Obs. On reste toutefois bien loin des prix de l’art contemporain. Mais toute de même, il y a un vrai marché. Du coup, certains artistes délaissent la rue pour la toile. C’est bien plus facile à vendre.
La marchandisation du street art
Pour certains artistes, la discipline est en train de perdre son âme. Ainsi l’artiste italien Blu a récemment repeint plusieurs de ses œuvres, dont une à Bologne. Manière pour lui de dénoncer la politique municipale censée sauver les fresques murales en les décollant. Manière aussi de dénoncer les collectionneurs qui spéculent sur son travail.
Une indignation partagée par bon nombre de graffeurs. Ceux que L’Obs a interrogés estiment que le street art est perverti par l’argent. « Dès lors qu’il n’est plus exécuté sauvagement et librement dans la ville, dans un acte sacrificiel gratuit et désintéressé, le graffiti perd de son piment subversif et contestataire », estime ainsi l’artiste O’Clock.