Le feuilleton grec ne sera pas celui de l’été, s’il faut en croire Les Echos. Dernier épisode ce soir, assure le quotidien économique. Les chefs d’Etat de la zone euro se retrouvent à Bruxelles. Et, cette fois-ci, lancent Les Echos, « la réunion est vraiment décisive : ce sera l’accord ou la faillite. »
« Grèce : l’Europe sur le fil du rasoir », s’exclame Le Figaro. Le Figaro qui concentre le tir sur le Premier ministre grec : « Voilà six mois qu’Alexis Tsipras mystifie les Européens, reniant ses propres engagements d’un jour sur l’autre. Tenu à bout de bras par ses partenaires et par la BCE, il n’a pour l’instant présenté aucune réforme crédible, susceptible d’assurer la viabilité économique de son pays. L’application de son programme, irréaliste et démagogique, revient à exiger de nouvelles libéralités pour financer l’embauche de fonctionnaires et la distribution de nouvelles prestations. En somme, de faire une nouvelle fois payer par d’autres la gabegie grecque. Qui peut accepter un tel chantage ? »
L’Humanité, pour sa part, s’insurge contre la troïka : « Jusqu’au bout, la troïka des créanciers d’Athènes (UE, BCE et FMI) aura exercé son chantage : ou bien vous vous alignez sur la poursuite des politiques antisociales pour rembourser la dette, ou bien Bruxelles ne vous versera pas les 7,5 milliards promis de longue date par son second plan d’aide, et c’est votre faillite assurée. » Et le quotidien communiste d’en appeler à François Hollande : « Il est plus que temps pour le président de mettre enfin tout le poids de la France dans la balance afin d’éviter un " Grexit " aux conséquences catastrophiques. Il y a va de l’avenir de la Grèce et de l’Europe. »
Démocratie ?
Finalement, « qui faut-il croire ?, s’interroge La Charente Libre. Le FMI et tous les experts qui dépeignent que la Grèce n’a jamais été aussi proche du défaut de paiement, d’une sortie inéluctable de l’euro, de ce " Grexit " qui obligerait l’ensemble de l’Europe à un saut périlleux " en zone inconnue ", selon Michel Sapin ? Ou plutôt Matteo Renzi, le Premier ministre italien, pour qui les dernières concessions grecques permettraient un " accord gagnant-gagnant " relevant jusque-là de l’impossible ? Dramatisé à l’extrême, pointe le quotidien charentais, le sommet de Bruxelles met surtout à l’épreuve des dirigeants européens tétanisés par un dossier grec trop longtemps délégué au face-à-face stérile entre le gouvernement Syriza et la troïka. Tout accord permettant le remboursement prévu au 30 juin des 1,5 milliards d’euros dus par la Grèce au FMI sera forcément salué positivement. Mais les dirigeants européens se montreraient particulièrement légers, estime encore La Charente Libre, s’ils ne saisissaient pas l’occasion de cette crise paroxystique pour reconsidérer un deal " aide financière contre orthodoxie budgétaire réformes " qui, depuis cinq ans, a plongé la Grèce dans la récession et la misère. Prêchant désormais mondialement pour une politique de relance monétaire, le FMI continue de vouloir imposer l’inverse pour la Grèce malgré une chute du PIB et un endettement global d’Athènes qu’il sait notoirement insoutenable. »
Enfin, cette réflexion de La Montagne : « L’actualité de la Grèce interpelle sur le fonctionnement démocratique des États de l’Union. En effet, est-ce qu’un gouvernement issu des urnes peut aller au bout de sa politique dans le cadre des traités européens ? Est-ce que la voix des peuples a encore de la valeur sous le régime de la Commission de Bruxelles ? L’Europe a sauvé les banques et l’Europe ne sauverait pas la Grèce ! Il ne s’agit d’ailleurs pas de sauver à fonds perdus. Il s’agit de respecter un peuple plongé dans la misère. Comment réduire aujourd’hui un peu plus des petites retraites qui sont le dernier amortisseur social dans ce pays ?, s’exclame encore La Montagne. Jeter la Grèce dans l’inconnu c’est en outre la placer face à un péril politique. Ce serait prendre le risque de livrer Athènes à un populisme d’extrême-droite qui a les couleurs des néo-nazis. »
Sacré transfert d’appels !
A la Une également, les grandes manœuvres dans le secteur de la téléphonie en France… Le PDG de SFR, Patrick Drahi, met plus de 10 milliards sur la table pour racheter Bouygues Telecom. Bouygues qui pourrait bien être tenté…
Et « qu’ils le veuillent ou non, constatent Les Dernières Nouvelles d’Alsace, onze millions de Français vont peut-être changer d’opérateur de téléphonie mobile. Sacré transfert d’appels ! Pour racheter Bouygues Telecom, SFR met sur la table le double de ses concurrents il n'y a pas si longtemps. Le chèque, prêt à être signé, serait donc de dix milliards d’euros. Vue de Grèce, la somme paraît colossale : le pays tout entier peine à débourser six fois moins avant fin juin. Vue de France aussi, l’addition fait énorme. Elle montre à quel point cet achat s’annonce stratégique, pointe le quotidien alsacien. S’il réussit à phagocyter Bouygues, SFR ramène le nombre d’acteurs nationaux à trois. C’est autant de batailles des prix évitées. Car en s’achetant des parts de marché, même chères, SFR se hisse en tête des opérateurs de mobiles face à Orange et se consolide contre cet agitateur tarifaire qu’est Free. »
Attention, toutefois, lance La Nouvelle République du Centre-Ouest, « Patrick Drahi, pour ses détracteurs, souffre du syndrome Messier. Depuis sa base genevoise ou le quartier-général d'Altice au Luxembourg, l’homme d’affaires franco-israélien acquiert à coup d’emprunts massifs les groupes et les entreprises. Son groupe serait devenu trop gros pour faire faillite et il assure avoir le contrôle total. Après SFR, il veut racheter Bouygues Telecom. Mais il faudra bien rembourser les emprunts massifs contractés en son nom par les banques et les investisseurs tout en respectant les engagements de maillage pris avec l’État. Au moindre grain de sable ou revers de fortune, on sait que les économies d’échelle ont leur limite. Quand il faudra dégager toujours plus de marges, la menace sera toujours plus grande sur les emplois. Enfin, pour les consommateurs, le retour de quatre à trois opérateurs pose la question de l’impact sur le portefeuille. »
Et « c’est toute la stratégie de Drahi qui interpelle ou qui fait peur, s’alarme Le Journal de la Haute-Marne. Ses acquisitions s’effectuent au prix d’un endettement massif, estimé déjà à plus de 30 milliards d’euros, avant même le rachat éventuel de Bouygues Telecom. Le précédent Jean-Marie Messier et sa boulimie légendaire ont laissé de mauvais souvenirs en France. Les syndicats craignent déjà un essorage d’effectifs sans précédent. Le gouvernement se montre réticent face à une opération qui risque de réduire de facto la concurrence entre les opérateurs. Le consommateur, lui, assiste impuissant à de gigantesques manœuvres dont il pourrait être le dindon de la farce. Depuis que SFR a été repris par Numéricâble, les abonnés ont vu les tarifs augmenter. 400.000 d'entre eux sont d’ailleurs partis. On est bien là face à une logique purement financière, conclut Le Journal de la Haute-Marne, à des années-lumière d’une démarche industrielle, et certainement pas avec pour priorité la satisfaction du client. Une fuite en avant. »