Le pape François en photo en première page du Figaro, alors qu’il était en train hier de bénir la foule des pèlerins à Rome, à l’occasion du dimanche pascal. « Le pape, qui a prié pour les chrétiens d’Orient " persécutés ", constate le journal, mais aussi pour " tous ceux qui pâtissent des conséquences des conflits et des violences actuels ". En cette période d’adversité, le souverain pontife a toutefois recommandé " l’humilité " et " le pardon ". Évoquant le massacre des étudiants kényans jeudi, François a invoqué " le don de la paix " pour plusieurs pays d’Afrique. »
« N’oublions pas les chrétiens persécutés », un message papal approuvé, relayé et amplifié par Sud Ouest : « Il aura donc fallu que s’élève la voix du pape François pour qu’enfin se dessine une prise de conscience sur ce qui est en train de se jouer sous nos yeux, et dans l’indifférence presque générale, estime le journal : le martyre des chrétiens à travers une partie du monde. Car il ne faut pas compter sur nos chefs d’Etat et de gouvernement occidentaux pour s’engager trop avant sur ce terrain », affirme Sud Ouest. Exemple : « François Hollande, à deux reprises, vient de pêcher par pusillanimité dans des communiqués officiels condamnant ces massacres. Concernant les coptes décapités par Daech en Lybie, l’Elysée n’a fait que déplorer l’assassinat de " citoyens égyptiens ". Bis repetita jeudi dernier : le président n’a pas mentionné parmi " les nombreuses victimes " le fait qu’il s’agissait pour l’essentiel de chrétiens, exécutés en tant que tels. »
Commentaire de Sud Ouest : « Quand des juifs sont assassinés pour ce qu’ils sont, comme ce fut encore le cas au début de l’année porte de Vincennes, chacun condamne et à juste titre, la résurgence d’un antisémitisme abject et inquiétant. Pourquoi, s’interroge le journal, se voiler la face lorsqu’il s’agit de chrétiens, même si cela se passe loin de chez nous ? »
En tout cas, que les victimes soient chrétiennes ou non, « personne ne pourra dire qu’il ne savait pas !, lance L’Union à Reims. Le pape François a poussé un coup de gueule pour dire l’immense tragédie humaine vécue par un monde où la violence, les séquestrations, les humiliations, les nouvelles formes d’esclavage sont les ennemis de la liberté et de la paix. Ferme, il a bousculé le monde des palais et des coteries, trop indifférent aux souffrances immenses qui déchirent les peuples, et interpellé les fidèles. Quitte à sembler radoter, soupire L’Union, les assauts cruels et assassins des commandos islamistes, les persécutions contre les chrétiens, la terreur au Yémen, en Syrie, en Irak, au Kenya, les fragilités en Palestine et en Ukraine attestent un monde éruptif où les trafiquants d’armes, de drogues et les négriers du XXIe siècle font aussi leur beurre. Il est temps d’ouvrir les yeux. »
Ouest France, pour sa part, s’attarde sur le cas du Kenya : « Le massacre perpétré à l’université de Garissa, jeudi, marque une nouvelle étape dans l’horreur jihadiste. Tout un pays, traditionnellement ouvert au monde et très engagé dans l’éducation, est meurtri. Les étudiants du campus ont été surpris dans leur sommeil. Assassinés. Pire encore. Triés. Oui. Triés en fonction de leur appartenance religieuse. Et exécutés lorsqu’ils étaient chrétiens. Sur la scène médiatique désormais globalisée, les terroristes ont atteint plusieurs objectifs, pointe Ouest France. Mettre en état de choc un pays qui lutte contre leurs réseaux. Frapper le symbole même du renouveau, la jeunesse, et du savoir, l’université. Frapper des chrétiens. Ajouter sur la carte du monde une nouvelle plaie, et étirer le front jihadiste sur celle de l’Afrique. »
Paradoxe…
A la Une également ce matin, les Français d’accord pour garder Manuel Valls. Le sondage publié par Le Journal du dimanche fait couler beaucoup d’encre ce matin. Pour rappel, 62% des personnes interrogées ne veulent pas d’un changement de Premier ministre.
Pour L’Alsace, « cette enquête prouve que les frondeurs et autres ennemis, aussi bien intimes qu’internes, du chef du gouvernement, se trompent lourdement quand ils lui attribuent la défaite de la gauche. Pis : 60% des sondés veulent que le cap des réformes soit maintenu. Mmes Taubira, Aubry ou Duflot, acharnées à déboulonner le " bonapartiste " qu’elles accablent de leurs piques, devraient méditer cette enquête, estime encore le quotidien alsacien. Elles auraient tout autant intérêt à se demander si les Français ne rejettent pas plutôt la gauche doctrinale qu’elles incarnent. »
C’est un paradoxe, relève Le Courrier Picard : « S’ils ont sanctionné la politique du gouvernement, les Français épargnent donc celui qui en est à sa tête. Un paradoxe qui peut, en tout cas, donner les coudées franches au Premier ministre, flanqué d’un blanc-seing populaire pour poursuivre ses réformes. Mais s’ils plébiscitent Manuel Valls, alors à qui les électeurs (et surtout ceux de la gauche) ont-ils voulu envoyer un message lors du dernier scrutin ?, s’interroge le quotidien picard, François Hollande ? Lui aussi peut désormais se sentir conforté à l’aune des résultats de cette enquête d’opinion. Et à plus d’un titre. »
En effet, pointe La Presse de la Manche, « président et Premier ministre, face aux Françaises et aux Français, ont donc les mains libres pour poursuivre leur politique sans qu’il soit nécessaire de changer d’équipe gouvernementale, qui, d’ailleurs, se montre beaucoup plus solidaire que par le passé. Seulement voilà, tempère le quotidien normand, d’une part, il y a le prochain Congrès du PS pour lequel le président Hollande sait qu’il doit éviter un renforcement des frondeurs, notamment par le dépôt d’une contribution signée Martine Aubry ; d’autre part, il y a un décalage de plus en plus grand entre ce que pensent et souhaitent les Français et la classe politique qui vit sa vie allègrement, en se compliquant tous les jours un peu plus la tâche qui n’est déjà pas si facile. »
Paris a tenu le choc !
« Eblouissant » : c’est le grand titre de L’Equipe. Eblouissants les joueurs du PSG qui ont battu hier l’Olympique de Marseille, 3 buts à 2, lors de la 31e journée de Ligue 1. « Pris à la gorge par Marseille et mené 2 à 1, le PSG s’est révolté en seconde période pour finalement l’emporter. (…) Et à la fin, c’est Paris qui gagne », s’exclame le quotidien sportif pour qui ce Classico n’a rien eu à envier aux meilleures rencontres des meilleurs championnats européens.
« Paris, lui, a tenu le choc », se félicite Le Parisien. « Ils aiment jouer avec le ballon et aussi sûrement avec le feu. Ils sont parfois aussi géniaux qu’agaçants mais tant qu’ils gagnent… Et ils gagnent ! Le PSG confirme que c’est en ogre qui se voit avaler l’orgie de compétitions qu’on lui propose. En gagnant au Vélodrome, conclut Le Parisien, le dernier pic en L 1 qu’il lui restait à gravir, le PSG s’ouvre une voie royale vers le titre. »