Le Première ministre britannique Theresa May a dévoilé hier son plan de sortie de l’Europe. Et elle a donc opté pour le hard Brexit… « Sortie du marché unique, sortie de l’union douanière, rejet de la Cour européenne de justice…, constate Libération. La Première ministre britannique a choisi la ligne dure des plus acharnés des brexiters. Dans ce cadre, le contrôle de l’immigration prime sur le reste, y compris la prospérité économique du pays : 'Nous contrôlerons l’immigration en provenance de l’UE', a-t-elle martelé. »
Et cela ne s’arrête pas là, pointe encore Libération : Theresa May a prévenu. « Il serait malvenu que les Vingt-Sept envisagent un 'accord punitif' vis-à-vis du Royaume-Uni. 'Le Royaume-Uni ne pourrait accepter une telle approche. Aucun accord serait préférable à un mauvais accord', a-t-elle dit, avant d’agiter la menace de transformer le pays en paradis fiscal. 'Parce que nous serions toujours capables de commercer avec l’Europe. Nous serions libres de signer des accords commerciaux à travers le monde. Et nous aurions la liberté de décider de taux fiscaux compétitifs pour attirer les meilleures compagnies et les plus grands investisseurs'. »
Commentaire de Libération : « si ce n’est pas du chantage, ça y ressemble drôlement. Les grandes lignes sont tracées. Les négociations peuvent commencer. »
« Theresa May menace les Européens », titre pour sa part Le Figaro. « Il y a du Margaret Thatcher chez cette Theresa May-là. De celle qui dit "no, no, no" aux dirigeants de Bruxelles en tapant du poing sur la table. »
« Il fallait s’y attendre, soupire L’Opinion : un peuple capable d’inventer les règles tordues du rugby devait pouvoir imaginer une façon totalement nouvelle de tenir sa place dans le grand jeu diplomatique et économique mondial. C’est ce qu’a fait la Première ministre britannique en dévoilant sa feuille de route pour sortir son pays de l’Europe. Ce nouveau jeu s'appelle le 'hard Brexit', et la manière dont Theresa May l’a conçu en fait un objet international non-identifié. »
« Le Brexit ne sera donc pas un divorce à l’amiable, c’était à prévoir, constatent Les Dernières Nouvelles d’Alsace. Ce sera une séparation pure et simple, 'claire et nette', a-t-elle dit, ce qui revient globalement au même et sous-entend son lot de vaisselle cassée au moment du partage des biens de la communauté. Sortie du marché unique et de l’union douanière, rejet de la Cour européenne de justice. Tout ça est acté et ne posera pas de problème technique majeur. Là où les choses vont se corser, relève le quotidien alsacien, c’est quand il s’agira de négocier les accords bilatéraux entre la Grande-Bretagne et un 'partenaire' européen auquel Theresa May semble bien décidée à tordre le bras si nécessaire. Il n’est pas interdit non plus de penser que le ton ferme et les allusions parfois menaçantes qui ont affleuré tout au long de son discours ne sont qu’une façon de masquer que dans cette affaire, c’est la Grande-Bretagne qui est en position de demandeuse et donc de faiblesse. Pour peu que l’Europe parle d’une seule voix. Pour peu… »
Une chance pour l’Europe ?
En effet, remarque Ouest-France, « les Britanniques ont fait leur choix. Aux Européens de faire le leur. La tentation est grande chez certains de punir la perfide Albion. Mais rien ne dit que le risque de contagion est moins important avec un Brexit dur. C’est surtout sur leurs propres intérêts que les Européens doivent se concentrer. »
En effet, « les attaques grossières de Trump contre l’Europe et le discours radical de Theresa May en faveur du Brexit constituent finalement une chance pour le Vieux continent, estime Le Journal de la Haute-Marne. Finies les bisbilles permanentes avec une Grande-Bretagne qui n’a jamais joué le jeu. Finie aussi l’illusion d’un parapluie américain pour protéger nos intérêts. »
Et on revient à Libération pour qui « l’occasion est historique. L’Union doit choisir entre deux avenirs : la résignation ou le sursaut. La résignation : l’Europe peut succomber au vertige nationaliste à l’œuvre partout dans le monde et renoncer à sa mission en laissant ses institutions tomber en quenouille. Le sursaut : elle peut aussi se ressaisir et réaffirmer avec éclat son projet historique, qui consiste à construire un édifice politique où l’on préfère la coopération à l’affrontement, la concurrence économique maîtrisée à la guerre commerciale, les valeurs universelles aux égoïsmes nationaux. »
Et Libération de conclure : « sans initiative commune éclatante et rapide, qui soit aussi une refondation, l’Europe manquera le coche de l’histoire. »
Moins d’enfants…
A la Une également, la baisse de la natalité en France : « Pourquoi on fait moins d’enfants », nous explique Le Parisien.
« Pour la deuxième année consécutive, la natalité est en baisse. Selon une étude de l’Insee publiée hier, 785 000 bébés sont nés en 2016. C’est 14 000 de moins qu’en 2015. Une diminution qui ramène l’Hexagone au niveau de… 1999. En cause, notamment, précise donc Le Parisien : un ralentissement de la procréation chez les 25-29 ans qui préfèrent terminer leurs études ou trouver un emploi stable avant d’avoir un enfant. »
Autre facteur explicatif et c’est sans doute le plus important, pointe encore Le Parisien : « il y a moins de femmes en âge de procréer. Les plus fécondes, entre 20 et 40 ans, sont toutes nées après le baby-boom. Elles sont donc moins nombreuses que leurs aînées qui, elles, quittent petit à petit la tranche des 15-50 ans. Résultat : l’indice conjoncturel de fécondité se fixe cette année à 1,93 enfant par femme. Nous restons tout de même le pays champion d’Europe des naissances. »
Le Figaro voit dans cette baisse des naissances des raisons politiques : « les effets des coups de rabot donnés à la politique familiale ces dernières années sur la natalité restent difficiles à nier. Briser le principe d’universalité des allocations familiales ou revoir le quotient familial comme l’a fait le gouvernement, ce n’est pas seulement frapper les intéressés au porte-monnaie, c’est aussi déclasser la famille. On voit le résultat. »
En tout cas, reconnaît Le Figaro, « les simples lois mathématiques de la démographie restent implacables : pour stimuler la croissance et l’emploi, pour imposer son influence et sa culture en Europe et dans le monde, on n’a jamais trouvé mieux que la force du nombre ! »
Ça tombe bien : La France conserve malgré tout son titre de championne d’Europe des bébés. Et « au 1er janvier 2016, la France arrivait à la deuxième place sur le podium des pays le plus peuplé d’Europe (un peu moins de 67 millions d’habitants, juste derrière l’Allemagne (un peu plus de 82 millions d’habitants). »