Marine Le Pen contre Emmanuel Macron, c’est l’affiche du second tour de l’élection suprême, et c’est « un choc », lance L’Obs en Une. Pour cet hebdomadaire, la France est désormais découpée en « deux camps qui ne se comprennent plus ».
« C’est le choc des deux France », complète L’Express, « celle qui espère contre celle qui n’espère plus ». Quant à la présence de Marine Le Pen au second tour, ça n’est pas une surprise, « mais une punition logique pour la classe politique », estime l'hebdomadaire.
Dans Marianne, Marcel Gauchet souligne qu’à son avis, cette élection est une photographie de la « fracture sociale » dont il avait forgé le concept avant l’élection présidentielle de 1995. « D’un côté la France officielle, celle d’Emmanuel Macron, (…) derrière l’homme qui se présente comme un outsider, un hors système, vient se ranger toute la classe politique ; et de l’autre une France qui n’a plus vraiment droit de cité, la France qui souffre (…) métropoles contre périphéries, riches contre pauvres, éduqués contre faiblement diplômés… c’est cyniquement terrible, car l’on sent derrière ces antagonismes un mépris social dont je crains les conséquences à terme », redoute ce philosophe et historien.
L’hebdomadaire Le Point va même plus loin en discernant carrément sur l’affiche de ce second tour un « choc des civilisations ». Pour mieux l’expliquer, ce journal remonte à 1983, quand François Mitterrand a effectué le « tournant de la rigueur », mettant en sourdine les « délires dépensiers » de son début de mandat. « En réalité, il s’agissait de l’acceptation tacite de l’économie de marché et du jeu européen. Sans le dire, (…) Mitterrand avait fait un choix historique. » Depuis 1983, « ce clivage de fond a régulièrement troublé le jeu droite-gauche », poursuit Le Point. « Mais les deux grands partis, formidablement résilients, ont longtemps réussi à rafistoler leurs fractures internes. Jusqu’à ce 23 avril », jour où le bipartisme a « volé en éclats », conclut ce magazine.
Macron : tous derrière et lui devant
Alors, à une semaine pile de ce « choc », les mises en garde se multiplient. Dans Le Journal du Dimanche, 61 associations et organisations non-gouvernementales lancent un « cri d’alarme » face à ce qu’elles appellent le « pire » - entendez, ici, une victoire de Marine Le Pen - qui reste, selon ces associations et ONG, « toujours possible ».
Dans ce même JDD, le centriste Jean-Louis Borloo sort de son « silence » pour sonner le « tocsin ». L'ancien ministre dit faire « le pari d’Emmanuel Macron » qu’il veut « aider » car le candidat d’En Marche ! incarne « notre dernière chance ».
Autres prises de position en faveur d’Emmanuel Macron, encore et toujours dans Le Journal du Dimanche, celle de l’ancien avocat et garde des Sceaux Robert Badinter, ou encore celle de l’ancien secrétaire de Jean Moulin, chef de la Résistance française durant la Seconde Guerre mondiale. A 96 ans, Daniel Cordier parle au JDD pour dénoncer l’alliance se réclamant du gaullisme entre Nicolas Dupont-Aignan et Marine Le Pen, la seconde ayant promis de nommer le premier à Matignon en cas de victoire. « Gaulliste » leur alliance ? C’est une « imposture », déclare-t-il.
Whirpool : le « coup » de Marine Le Pen
Cette semaine, le début de la campagne électorale a été marqué par un autre choc, à Amiens, devant les grilles de l’usine Whirlpool. Cette usine de sèche-linges appartenant à un grand groupe multinational va fermer, laissant plusieurs centaines de salariés sur le carreau. Tandis que le candidat Macron rencontrait l’intersyndicale à trois kilomètres de l’usine, Marine Le Pen créait la surprise en surgissant devant les grilles de l’usine où les ouvriers en grève lui ont fait bon accueil. Sourires, tapes dans le dos et selfies pour une Marine Le Pen radieuse, ce vrai coup de campagne électorale n’est pas du goût de Marianne. « Et voilà qu’un quart d’heure de selfies de Marine Le Pen avec des sympathisants frontistes sur le parking de l’usine Whirlpool passe pour un coup de génie politique… », s’effare cet hebdomadaire.
Il y a une « urgence républicaine », lance Marianne. Car « 15 ans après le 21 avril 2002, le "front républicain" se lézarde, les syndicats se divisent, mais l’épiscopat baisse la garde. Les « pudeurs de gazelle » de Jean Luc Mélenchon pour désigner l’ennemie de la République ne lassent pas de décevoir. Son insoutenable silence participe de la dangereuse banalisation du Front national. Il y a urgence. Il est temps d’ouvrir les yeux sur l’enjeu vital du second tour ». Lézarde dans le front républicain ? Pour le journal Le Monde, la messe est dite, c’est « la fin » de ce front républicain contre le FN.
Norvège : chambrées mixtes à la caserne

En Norvège, le service militaire ne fait plus la différence. Femmes et hommes sont sous les drapeaux et ils le sont ensemble. Depuis août 2016, la Norvège a en effet rendu son service militaire obligatoire aux filles. A ce jour, c’est « le seul pays de l’Otan à avoir rendu  le service obligatoire pour tous », constate sur place Grazia. Résultat, les filles sont « sur un pied d’égalité total » avec les garçons de 19 ans, relève ce magazine. « Dans ce pays modèle en termes d’égalité, la réforme semble être passée comme une lettre à la poste », s’enthousiasme cet hebdomadaire, qui souligne qu'en Norvège, les femmes « ont des droits, mais aussi des obligations… Les mêmes que les hommes ».
Dans les chambrées, c’est aussi la mixité. « On se promène en sous-vêtements les uns devant les autres, confie cette jeune recrue aux tresses blondes. On s’en fiche un peu. Franchement, quand vous devez être prêt pour l’inspection à 6h10  le matin, vous n’avez pas le temps de vous poser  ces questions-là ». La jeune femme l’admet, elle a toujours préféré traîner avec des garçons. Pour les « filles un peu girly, c’est plus compliqué. Elles ne comprennent pas toujours l’humour des gars, elles s’offusquent s’ils se moquent ». La mixité ? Les chercheurs norvégiens qui se sont penchés sur la question l’assurent : « chez les jeunes soldats (elle) n’aurait que des vertus ».