Le plan du gouvernement pour accueillir les migrants, dévoilé hier, ne convainc pas.
« Le gouvernement en panne de solutions », titre ainsi Le Figaro qui réclame des mesures concrètes et non pas un « énième plan ». Le quotidien regrette surtout le manque de fermeté et de garanties sur le retour effectif de ceux qui n'auront pas obtenu le droit d'asile, des migrants économiques pour le grande majorité d'entre eux, précise le journal. Et de citer Bill Gates qui « confiait récemment dans la presse allemande : +Plus vous êtes généreux, plus vous motivez d'autres personnes à quitter l'Afrique.+ Le milliardaire américain nous conseillait de changer d'approche », juge Le Figaro.
Alors comment revoir notre approche ? Voilà ce que propose le quotidien : en Afrique, « l'aide au développement devrait être conditionnée à la bonne volonté des Etats d'accueillir leurs ressortissants ». Il faut aussi revoir la politique migratoire au sein de l'Union européenne où les accords de Schengen et de Dublin sont dépassés par la réalité, plaide encore Le Figaro.
A l'inverse, Le Midi libre souligne qu'« Édouard Philippe en rappelant le devoir d'accueil a fermé la porte aux discours simplistes qui laissent entendre qu'il suffit de dresser des barrières pour stopper l'arrivée de migrants, fuyant les guerres, bientôt peut-être les changements climatiques. » Le quotidien critique toutefois un plan pas assez détaillé et qui ne règle pas non plus « les situations déplorables actuelles ».
Même constat de La Voix du Nord qui regrette qu'aucune réponse à la situation de Calais ne soit apportée. Situation « héritée des accords du Touquet qu'on ne parle plus de renégocier », déplore encore le quotidien qui rappelle que « l'appel d'air vient de l'autre rive de la Manche », pas de l'ouverture de centres d'accueil.
A lire également dans les colonnes de Ouest France, l’interview d'Emmanuel Macron
Le président appelle l'Allemagne à « bouger ». Des réformes sont nécessaires afin de corriger les « dysfonctionnements » de la zone euro. Voilà ce qu'explique Emmanuel Macron qui présidera aujourd'hui le 19e Conseil des ministres franco-allemand et qui donne, donc, le ton des échanges qu'il aura avec Angela Merkel. Comme il l'explique dans les colonnes du quotidien breton mais aussi de journaux allemands, le président français plaidera pour que l'Allemagne accompagne une « relance de l'investissement public et privé en Europe ». Le pays doit assumer ses responsabilités, insiste Emmanuel Macron, car sa compétitivité, l'Allemagne la doit en partie aux « dysfonctionnements de la zone euro » et « à la faiblesse d'autres économies ». Le président français redit aussi qu'il souhaite que la zone euro se dote d'un budget propre.
Alors le couple franco-allemand que le président s'efforce de relancer depuis son élection, à coup de grandes déclarations d'amour, va-t-il être confronté à ses premières disputes ? La Montagne ne se fait guère d'illusions. « Les belles images et la langue diplomatique officielle ne changeront rien à la réalité, à savoir les profondes divergences peut-on les dire "structurelles" ? d'intérêt et de vues existant entre Paris et Berlin. »
Les «fantômes de la Vologne» une nouvelle fois à la une de la presse française
L'expression est de Sud-Ouest qui, comme beaucoup de journaux, revient sur la mort du juge Lambert. « S'est-il demandé une dernière fois quels hasards du destin l'avaient plongé au cœur d'une telle affaire pour son premier poste ? Pourquoi il avait été livré aux feux d'une presse qui le brûla et qui devrait encore aujourd'hui s'interroger sur ses dérives en meute ? Ce qu'il avait fait pour devenir un "petit juge" ?»
Pour le Journal de la Haute-Marne, les dérives judiciaires et médiatiques de l'époque pourraient bien se répéter aujourd'hui. « Il n'est pas impossible que les erreurs passées n'aient pas vraiment servi de leçon », écrit le quotidien. Une analyse partagée par l'Est Républicain. « Voilà un mois que l'enquête est repartie. Et l'on cherche toujours les faits solidement établis qui ont permis de relancer la procédure. Comme au milieu des années 80, il est question de forcer le silence d'un clan impénétrable à l'aide de témoignages se contredisant et laissant le champ libre à l'affrontement des théories et des passions», peut-on lire dans le quotidien qui insiste : « Il ne faudra jamais renoncer à la quête de la vérité. Mais tout se passe comme si trois décennies de fiasco judiciaire ne nous avaient rien appris. »
« La folie d'hier » est « intacte 32 ans après », renchérit le Figaro. « Folie des déductions, folie du désir de résoudre coûte que coûte l'énigme judiciaire absolue ». Folie qui habite les juges, les journalistes, les gendarmes. Les gendarmes qui, dans la nouvelle synthèse des faits qui a relancé l'affaire, écrivent au sujet du petit Grégory « notre petite victime ». Folie alors que, insiste le quotidien, aujourd'hui, il n'y a ni élément matériel, ni ADN, ni aveu.