C’est le grand titre de La Croix. « Le Quai d’Orsay en pleine crise existentielle » constate le quotidien catholique. « Les diplomates sont appelés à faire grève, ce jeudi, pour protester contre la suppression du corps diplomatique. Un mouvement qui reflète la dégradation plus large des conditions de travail et la réduction des moyens du ministère des Affaires étrangères depuis trente ans. (…) C’est une histoire française, raconte le journal, une réforme imposée d’en haut, qui se termine en 'mouvement social' dans un ministère, le Quai d’Orsay, plus habitué à courber l’échine qu’à contester l’autorité. »

Le mouvement a été lancé par un collectif rassemblant près de 600 diplomates signataires d’une tribune, il y a quelques jours dans Le Monde : « Nous faisons face à un risque de disparition de notre diplomatie professionnelle », peut-on y lire. « De très nombreuses personnalités ont alerté sur les risques d’une telle décision qui permettra des nominations de complaisance au détriment de la compétence et aura pour conséquence la déstructuration des carrières, une perte de l’expertise et une crise des vocations. Les métiers du Quai d’Orsay s’apprennent en effet sur le temps long, affirment encore les diplomates signataires de cette tribune, par la multiplication d’expériences, notamment à l’étranger et dans des postes difficiles, et la transmission des savoirs et des expériences entre les agents. »
Mépris et méconnaissance ?
« Le cri du corps diplomatique », s’exclame Libération. En effet, « très remontés contre la réforme de la haute fonction publique, les diplomates, en grève ce jeudi, pointent du doigt le mépris à leur égard et la méconnaissance dont ferait preuve l’exécutif. »

Libération qui cite notamment cette remarque de Gérard Araud, ancien ambassadeur de France à Washington et à l’ONU : « Je ne reviens toujours pas de l’absurdité de la décision de supprimer le corps diplomatique français affirme-t-il. Alors que la guerre revient, alors que le politique reprend le pas sur l’économique et alors que le monde est plus dangereux que jamais. »
La diplomatie : un « art » qui doit évoluer ?
On revient à La Croix qui estime qu’une évolution du métier de diplomate s’impose malgré tout…

« L’inquiétude des diplomates n’est pas illégitime : la diplomatie est en partie un métier – un art – de la négociation qui s’apprend au fil d’une carrière. Néanmoins, le monde évolue tellement vite que des changements sont nécessaires, affirme La Croix. Les États négocient sur des sujets comme le climat, la cybersécurité, les cryptomonnaies, la fiscalité… Des compétences extrêmement techniques sont alors nécessaires. La scène internationale intègre par ailleurs un nombre croissant d’acteurs non étatiques (coalition d’ONG, de collectivités territoriales, de scientifiques…) dont il faut intégrer les codes et les dynamiques. (…) Le Quai d’Orsay, qui a déjà connu des refontes, a donc besoin de cette réforme, martèle encore La Croix. Mais aussi de davantage de moyens pour assumer son rôle indispensable de coordination entre les services de l’État tournés vers l’extérieur. »
Elisabeth II : hors du temps…
A la Une également, le jubilé de platine de la reine Elizabeth…

« 70 ans de règne : chapeau », lance Le Parisien en première page, avec cette photo de la souveraine arborant l’un de ces couvre-chefs colorés qu’elle affectionne. « Elizabeth s’impose comme la reine éternelle par excellence », commente Le Parisien. Elle est « hors du temps. (…) Durant ce règne commencé à la télévision en mondovision en 1953, elle a su rester de marbre face aux avanies familiales et aux convulsions du monde ! Imperturbable, inébranlable, impassible. »

En effet, approuvent Les Dernières Nouvelles d’Alsace, « Elizabeth est le symbole d’une Angleterre éternelle qu’elle incarne jusqu’à la caricature avec ses corgis, son cérémonial poussiéreux et son extrême vieillesse qui tranche avec les trépidations de l’époque. »
Etes-vous riche ?
Enfin, « êtes-vous riche ? » Question posée à la Une de Libération. « C’est une petite bombe qu’a lancé hier l’Observatoire des inégalités dans son dernier 'Rapport sur les riches en France' », avec la fixation d’un seuil de richesse : « 7.700 euros par mois pour un couple avec deux enfants, 3.673 euros pour une personne seule. Pour certains, ça a l’air bien peu, pourtant ça ne l’est pas, s’exclame Libération: 93 % de la population touche moins que ça. »

Des seuils de richesse, estime le journal qui « interrogent sur la redistribution et l’augmentation des impôts. »