La chute d’un missile de fabrication russe avant-hier mardi en territoire polonais aurait pu avoir des conséquences terribles… Heureusement, il n’en a rien été… L’heure est à l’apaisement, relève La Croix : « la pression est rapidement retombée. Après les États-Unis, la Pologne elle-même a calmé le jeu. Selon son président, 'rien n’indique qu’il s’agissait d’une attaque intentionnelle'. L’hypothèse présentée comme la plus probable est celle de la chute d’un engin de la défense antimissile ukrainienne. Kiev demande l’accès au site pour mener sa propre enquête et donner sa version. Mais, relève La Croix, s’agissant d’une guerre en cours, les faits importent moins que la lecture que décident d’en faire les parties prenantes à un moment donné : ce qu’il faut retenir pour l’heure, c’est le choix des pays de l’Otan de ne pas surenchérir. L’escalade a été évitée, particulièrement grâce au sang-froid du gouvernement polonais. Cette attitude souligne par contraste, pointe encore le quotidien catholique, l’irresponsabilité de Vladimir Poutine qui, perdu dans une stratégie sans lendemain, a fait une fois encore le choix de la terreur, en bombardant massivement l’Ukraine. »

Et « cet 'accident malheureux', qui a fait deux morts, doit résonner comme une sirène d’alerte dans toute l’Europe, estime pour sa part Libération. L’hiver risque en effet d’être insupportable sur le continent tout entier. »
Fragile équilibre
En effet, renchérit Le Figaro, « c’est le cauchemar des Occidentaux depuis le début de la guerre contre l’Ukraine : une extension du conflit en cas de frappe russe, même accidentelle, contre un pays de l’Otan. (…) Le risque est toujours là. Sans toujours le voir, les pays occidentaux, en augmentant progressivement leur aide militaire à l’Ukraine, se sont engagés de manière indirecte dans ce conflit qui dure. L’incident polonais vient redire que l’équilibre entretenu par les pays occidentaux dans la guerre est de plus en plus fragile. Le risque d’accident est encore aggravé depuis que les forces russes, en difficulté sur le terrain dans l’est de l’Ukraine, ont intensifié leurs bombardements contre les infrastructures et les villes ukrainiennes. (…) Pour les Occidentaux, la question reste la même, conclut Le Figaro : comment éviter l’escalade tout en réaffirmant leur détermination à aider les Ukrainiens ? »
Sortir de l’engrenage
En tout cas, soupire Le Parisien, « aujourd’hui, entre cette bavure, la pluie d’obus sur l’Ukraine et le retour en force de l’Otan, la paix paraît loin… et le monde plus dangereux que jamais. »

Pour autant, « pour sortir de cet engrenage, la communauté internationale doit tout faire pour que Kiev et Moscou entrent dans le jeu diplomatique, estime L’Humanité. En renforçant par exemple la pression que peuvent exercer les pays émergents et la Chine sur la Russie, mais aussi en proposant les cadres d’un accord, comme celui d’Istanbul élaboré en mars. Bref, conclut le quotidien communiste, ne pas se résoudre à cet inévitable 'temps de guerre', comme l’écrivent déjà certains commentateurs fatalistes, déjà prêts à voir perdurer ce face-à-face sanglant. »
Donald Trump peut-il rempiler ?
A la Une également : Trump qui veut se représenter à la Maison-Blanche… Et pas sûr qu’il obtienne l’assentiment de son camp… C’est du moins ce qu’estiment Les Dernières Nouvelles d’Alsace.

« La déception des Midterms, la contestation au sein même des Républicains et la pression judiciaire qui s’accentue sur Donald Trump sont les signes que l’Amérique d’aujourd’hui n’est plus la même que celle de 2016, lorsque le magnat de l’immobilier s’était imposé après deux mandats de Barack Obama. La figure de l’homme providentiel s’est flétrie, laissant la place à celle d’un revanchard, incapable de surmonter ses frustrations et d’envisager une retraite pour le bien du pays. »

Toutefois, attention, prévient La Voix du Nord, il ne faut « jamais sous-estimer Donald Trump. (…) On aurait tort de croire que la martingale de 2016 est éculée. Quand Trump promet de 'curer le marigot' de Washington, quand il hurle à la fraude électorale et multiplie les infos sur son réseau social, sa popularité continue de prospérer bien au-delà de la seule sphère des complotistes radicalisés. Elle irrigue le camp républicain qui n’a jamais su ­- ou voulu - s’en débarrasser. »