La liste des candidats du mouvement La République en marche pour les législatives tient ses promesses, mais ne fait pas que des heureux. C’est ce que remarque Le Parisien en Une, et nous allons voir tout à l’heure avec François Bayrou, l’allié principal d’Emmanuel Macron, pas vraiment content…
La liste elle-même, tout d’abord ; c’est un « fusil à deux coups », résume ce même journal. Hier, c’était la « première détonation », avec les 428 premiers candidats « macronistes » à la députation. Un ensemble que Le Parisien qualifie d’« hétéroclite », en attendant la « deuxième salve » de 149 autres candidats. Fusil à deux coups car « après avoir fragmenté la gauche, il espère fragiliser la droite », explique ce quotidien. Mais « il n’est pas écrit qu’il fasse mouche ».
Car déjà, Libération souligne le paradoxe. La liste Macron est certes composée de têtes nouvelles pour les Français, mais « on peut être chaussé de neuf et rester, par la force des choses, une troupe de godillots », énonce Libé. Mais il n’empêche, cette liste, pour l’essentiel, tient ses promesses, et la presse française en convient. Nouvelles têtes, parité, société civile, jeunesse, tout y est.
En partie en tout cas, modère Le Figaro. « A ce jour, le président élu n'a tenu qu'une partie de son ambitieux pari. Oui, le renouvellement et le rajeunissement sont bien là et il s'agit plutôt d'une bonne nouvelle. Mais la recomposition ? Elle attendra. Quelques jours, quelques semaines, ou… quelques années. »
Pas du tout, rétorque Le Télégramme, « le renouvellement est réel, avec l'apparition de profils souvent rafraîchissants ». « Une parité, une moyenne d'âge en baisse, la société civile en force, des personnalités, La République en marche tient ses promesses de fraîcheur et d'inédit », enchérit La Montagne.
Quand au Républicain lorrain, il se soucie déjà des « 223 civils qui n'ont jamais exercé de mandat électoral (...) Et quant à pouvoir s'imposer face aux professionnels de la politique qui s'incrustent... On leur souhaite bon courage. »
Législatives : Bayrou se rebiffe
François Bayrou n’est pas d’accord avec la liste des investitures du mouvement politique d'Emmanuel Macron. Elle « n’est en aucun cas celle à laquelle le Modem a donné son assentiment », a dit le leader centriste, qui a convoqué aujourd’hui le bureau politique de son mouvement.
C’est un « gros couac » entre Bayrou et Macron, estime en Une Les Echos. « En laissant un trou dans un quart des circonscriptions, Emmanuel Macron veut garder toutes les portes ouvertes avant de prendre ses fonctions, dimanche, et de nommer son Premier ministre dans la foulée. Le nouveau président de la République entend recomposer la vie politique française, et il doit, pour ce faire, inclure des dirigeants de la droite modérée dans sa majorité. Nombre d’entre eux n’ont, à ce jour et à une semaine de la clôture des candidatures, aucun candidat En marche face à eux », note le quotidien économique français.
Et il n’est pas le seul. La Nouvelle République du Centre-Ouest s’inquiète de cet « affront public fait au MoDem, c'est-à-dire à François Bayrou lui-même qui s'indigne de ce marché de dupes ». Voilà pourquoi, estime Ouest-France, « la colère de Bayrou montre que la recomposition n'est pas encore acquise ! »
Macron : réparer la France
En tout cas, au-delà des législatives, Emmanuel Macron a du pain sur la planche. Pour La Croix, il faut sans délai « réparer la France ». Car « politiquement, elle apparaît fractionnée en quatre morceaux de taille à peu près égale, si l’on en juge par les scores de Jean-Luc Mélenchon, Emmanuel Macron, François Fillon et Marine Le Pen au premier tour de l’élection présidentielle », remarque à son tour le quotidien catholique.
Cette fracture française apparaît aussi géographiquement, car « Emmanuel Macron est l’élu des grandes villes où les possibilités d’emploi, d’échanges et de mobilité sociale sont fortes. Le vote protestataire se concentre dans les lieux où l’on se sent laissé de côté, oublié, abandonné : le monde rural, les périphéries urbaines, les zones désindustrialisées », complète La Croix.
Qui relève aussi, en toutes lettres de Une, ce que ce journal appelle la « visibilité croissante de l’islam. Sources d’une appréhension forte, notamment parmi les catholiques », énonce donc La Croix. Pour le quotidien catholique français, qui consacre à ce vaste chantier un numéro spécial, il faut tout de suite mener le « pacifique combat pour réparer la France ».
Benzema : l’éternel retour
Tout autre chose à présent : un mot de foot. Et cette question : Benzema va-t-il être rappelé en équipe de France ? Question posée en Une par Libération. Ce quotidien laisse entendre qu’un « gros coup se prépare. Le retour du fils prodigue est de toute façon dans l’air ». Et ce journal prédit que le sélectionneur des Bleus Didier Deschamps et son président Noël Le Gret vont devoir « sortir des rames de la taille de celles des galères romaines pour justifier publiquement le retour du bonhomme ».
Mais si d’aventure Karim Benzema ne revient jamais parmi les Bleus, il en est un qui, lui, refuse d’en faire autant au PSG, c’est Leonardo. L’ex-directeur sportif du club parisien le déclare, justement et fort logiquement, au journal Le Parisien : « Je ne reviendrai pas au PSG. » Pour Leonardo, ce qui a été fait à Paris « appartient au passé (…) il n’est pas question que je revienne », répète-t-il dans Le Parisien.
La Callas : sur un air de Figaro
Autre diva qui, elle, revient, mais une vraie cette fois-ci : Maria Callas est de retour, avec les « derniers secrets » de sa vie. Robe Soraya, gants longs et perlouzes en sautoir, la cantatrice est en Une du Figaro. Photo vintage exhumée des archives, à l’occasion de la sortie prochaine d’un livre et d’un film signés Tom Wolf, en attendant une exposition à la rentrée.
Fruit d’un travail colossal de ce « réalisateur » touche-à-tout qui a pu approcher bien des intimes encore en vie de La Callas et dont les recherches ont permis de dénicher, au détour d’un film amateur tourné en super-8, un « morceau » de l’opéra Cavalleria Rusticana, de Mascagni, que La Callas chante en 1964 « dans une fête de village, juste accompagnée au piano », révèle-t-il dans ce quotidien. Le faire dans Le Figaro au sujet d’une des plus grandes chanteuses d’opéra de l’histoire, cela ne s’imposait-il pas ?