Reportage édifiant dans Libération pour illustrer les profondes divisions religieuses qui mettent ce scrutin sous tension. L'envoyée spéciale de Libé s'est rendue dans un quartier d'Abuja (la capitale fédérale): Waru, autrefois un petit village tranquille, autrefois rural. Aujourd'hui, un bidonville crasseux, les ordures qui débordent, pas d'eau, l'école est fermée parce que les instituteurs ont déserté. Les habitants se surnomment eux-mêmes « les indigènes d'Abuja ». Et sur les murs délabrés de Waru, des affiches du parti au pouvoir, pas celles de l'opposant musulman. Ici, la majorité est chrétienne. Libération cite un jeune ébéniste du village : « Les musulmans sont violents. Quand ils étaient au pouvoir, ils ont volé tout l'argent du pétrole ».
Les musulmans de Waru, eux, sont discrets. Ils craignent les représailles. Le professeur de l'école coranique raconte comment sa communauté est montrée du doigt. « Vous êtes tous Boko Haram », lui disent les chrétiens. Sur la porte de la madrassa, cette inscription en grosses lettres blanches : « Ici, on enseigne l'école occidentale ».
 
Les failles cachées d'Andi La Tomate
 
Les journaux français restent focalisés sur le crash de l'Airbus A320 dans les Alpes, avec de nombreux détails sur la personnalité du co-pilote incriminé. Hier, Andreas Lubitz était montré souriant, en touriste, devant un pont de San Francisco. Aujourd'hui, il est en tenue de coureur à pied (l'une de ses passions avec le bowling et le vol à voile), le regard dans le vide. Le Monde se penche sur ses « failles cachées », son histoire avant le crash, serait d'une « banalité désespérante ». Les collègues du jeune homme, raconte Le Figaro, le surnommaient Andi La Tomate, à cause de ses débuts comme steward.
 
Précisément son ex-petite amie, une hôtesse de l'air, parle dans le journal allemand Bild. Très choquée après le drame, elle raconte qu'une « phrase lui est revenue en mémoire ». Andreas Lubitz lui aurait dit qu'un jour, il ferait « quelque chose qui allait changer tout le système. Tout le monde », qu'on connaîtra son nom et qu'on « s'en souviendra ». De ce point de vue, on peut dire que c'est assez réussi. Bild, qui a eu accès à son dossier médical, affirme qu'en 2009, il avait subi un traitement psychatrique.
 
A-t-il tout simplement eu peur de perdre son emploi ? A la Lufthansa, il a caché des arrêts maladie retrouvés chez lui déchirés. « Andreas Lubitz, dissimulateur de haut vol » : on appréciera ou non ce jeu de mot aérien dans Libération.
 
Le deuil clinique
 
Au delà de Lubitz, beaucoup d'interrogations dans la presse sur la portée de cette catastrophe : « qui est responsable ? Pouvait-on empêcher un tel drame ? Faut-il changer les procédures ? Renforcer les contrôles médicaux ? Les questions se bousculent », nous dit Jérôme Glaize dans Le Maine Libre. La plus immédiate, « pour toute personne qui confie son destin à un professionnel quel qu'il soit, est de savoir s'il peut le faire en toute confiance ».
 
« La chute de l'avion a inversé toutes les normes », ajoutent les Dernières Nouvelles d'Alsace. « Aux antiques pleureuses vêtues de noir ont succédé les blouses blanches des psychologues. Pas de débordement. De la fluidité dans le malheur. La mort de Camille Muffat et Florence Arthaud est déjà loin, les victimes du musée tunisien aussi. Sous l'oeil des caméras, le deuil est devenu clinique ».
 
Peur dans les musées
 
Après l'attentat du Bardo, et à la veille d'une marche contre le terrorisme à Tunis, les musées s'organisent face au risque terroriste. Le journal Le Monde publie une longue enquête, avec la photo d'une longue file d'attente devant le centre Pompidou à Paris. « La peur est une réalité », depuis également l'attaque contre le musée juif de Bruxelles l'an dernier. « Que faire si des gens tirent dans le tas », se demande le patron d'un centre d'art. Depuis Charlie Hebdo, le nombre de visiteurs a chuté de 20 % au Grand Palais. Les protections policières et militaires sont pourtant renforcées, notamment par l'installation de portiques de détection de métaux, ce que les petites structures n'ont pas les moyens de se payer. Le musée, écrit Le Monde, est bien plus qu'un service public. C'est un lieu éminemment symbolique. « Les dernières valeurs un peu fortes et identitaires du monde démocratique », explique le directeur du musée des arts décoratifs. « Il n'y a rien », poursuit un sociologue des religions, « que les islamistes puissent haïr plus qu'un musée, lieu de transfert du savoir, incarnation de la globalisation et de l'impérialisme, du croisement culturel, qu'ils exècrent ».
 
Des seniors heureux
 
La société française évolue, et les ans qui passent ne seraient plus un problème. « Senior, c'est l'âge d'or », titre d'emblée Le Parisien Aujourd'hui en France. Quand bascule-t-on dans la catégorie des plus âgés ? A 66 ans, répond un sondage qui montre surtout que le moral des intéressés est plutôt bon. 85 % se disent satisfaits de leur vie. La meilleure recette ? Etre entourés, ouverts sur le monde, sortir de leur zone de confort. « Plus très jeune, pas encore vieux ». La preuve, on continue de se marier. On divorce aussi de plus en plus, après la retraite.
 
De la grâce sur la glace
 
Deux très jeunes français à la Une de L'Equipe : l'un est passionné de danse et de dessin, l'autre fait des études de lettres et joue de la guitare. Gabriella Papadakis et Guillaume Cizeron, champions du monde de danse sur glace, sortent vraiment de l'ordinaire. Ils n'ont que 19 et 20 ans. « Deux gamins, deux artistes », relate le quotidien sportif, qui par l'émotion dégagée sur la patinoire de Shanghai, ont offert un « moment hors du temps ». Lui refuse « l'image de potiche souvent associée aux hommes de sa discipline ». Elle, venue de Grèce, étourdie et joviale. Une comédienne leur a appris à exprimer des émotions sur la glace, à offrir les émotions d'une passion amoureuse alors que dans la vie, ils sont de simples camarades.