Pour leur neuvième samedi consécutif de mobilisation, hier en France, les « gilets jaunes », de l’aveu-même du ministère de l’Intérieur, étaient nettement plus nombreux que la semaine dernière – 84 000 – et, contrairement aux alarmantes prévisions, dont la presse française se faisait largement l’écho hier matin, les violences, hier, étaient « en baisse », admettent en chœur Le Journal du Dimanche et Le Parisien Dimanche.
Avec, pour la première fois dans les cortèges, l’apparition de « services d’ordre », souligne ce dernier journal. Lequel se demande si l’on a assisté hier à un « tournant » dans le mouvement des « gilets jaunes », à la veille du « grand débat » lancé par le gouvernement.
Dans ce contexte, Jean-Luc Mélenchon est ce matin à la Une du JDD, qui pointe ce que cet hebdomadaire appelle la « dérive » du chef de la France insoumise, en soulignant l’existence « d’intersections » entre ce parti et le Rassemblement national, celui de Marine Le Pen, telles que « la sortie de l’Europe présentée comme une solution, l’admiration revendiquée pour la Russie de Poutine, la détestation radicale des médias », déplore Le Journal du Dimanche.
Selon un sondage Ifop pour ce-même hebdomadaire, 82 % des Français jugent non-souhaitable une alliance entre La France Insoumise de Jean-Luc Mélenchon, le Rassemblement national de Marine Le Pen et le mouvement des « gilets jaunes », alliance que 20 % des sondés estiment « probable », dans un scenario « à l'italienne », en référence à la convergence entre « la Ligue » et le mouvement « 5 étoiles » qui ont formé un gouvernement d’union et dirigent l'Italie.
Vent en poupe pour la Marine
Convergence entrevue cette semaine par Marine Le Pen, à la lumière de cette crise des « gilets jaunes ». La présidente du Rassemblement national le souligne dans un entretien à Valeurs Actuelles. « Incontestablement, les Gilets jaunes ont souligné certaines convergences » entre son parti et celui de Jean-Luc Mélenchon, dit-elle à ce magazine.
Les yeux fixés sur les élections européennes de mai prochain, Marine Le Pen y dit n’avoir « aucune raison de douter », en soulignant ce qu’elle appelle « l’affaiblissement » d’Emmanuel Macron. Du quinquennat du président, Marine Le Pen pense qu’il est « terminé » que la « fracture » est « acquise, profonde » ; elle la pense même « inguérissable », dit-elle, donc, à Valeurs Actuelles.
Déby pourfend la Françafrique
Cette semaine, on en apprend un peu plus sur le voyage effectué au Tchad par Alexandre Benalla avec un de ses passeports diplomatiques. Devant lui, Idriss Déby s’est lâché. C’est l’hebdomadaire Marianne qui raconte la scène. A l’issue de l’audience accordée par le président tchadien à l’ex chargé de mission de l’Elysée, qui accompagnait ce jour-là un homme d’affaires israélien, Idriss Déby aurait interpellé le déjà célèbre Alexandre Benalla en ces termes : « Alors, t’as fait le voyou ? ». Puis le chef de l’Etat tchadien aurait pourfendu « "la politique africaine de la France", avec en ligne de mire Franck Paris, 40 ans, le "M. Afrique" de la présidence française », énonce ce journal.
« Dans les semaines qui suivent, plusieurs chefs d’Etats africains apprennent que "Macron a passé une énorme soufflante à sa cellule Afrique"», complètent Marianne, étant précisé que le mot « soufflante », en argot, équivaut peu ou prou au mot « gifle » (au sens figuré, bien sûr…). Marianne rapporte encore qu’Alexandre Benalla « répète souvent que "le vrai président de la France, c’est Kohler" », le secrétaire général de l’Elysée. 
J’irai agioter sur vos tombes
Micmac dans le business feutré de l’art. Une famille russe et l’Etat en France se font la guerre au sujet d’une statue de Brancusi. Une statue qui orne… une tombe au cimetière Montparnasse à Paris. C’est le magazine L’Express qui raconte cette affaire. Intitulée Le Baiser, cette statue de 90 centimètres de haut perche sur la tombe d’une certaine Tatiana Rachewskaïa, jeune Russe qui s’est donné la mort à Paris en 1910. Pour orner sa tombe au cimetière Montparnasse, sa famille, alors, avait commandé ladite statue à un sculpteur roumain pas encore connu, un certain Constantin Brancusi.
Plus d’un siècle durant, cette statue, payée 200 francs de l’époque mais aujourd’hui estimée à quelques 40 millions d’euros (!), allait, dans l’indifférence générale, trôner sur la tombe de la jeune suicidée.
Seulement voilà, en 2005 chez Christie’s, à New York, un « marbre » de Brancusi « allait se négocier à près de 30 millions d’euros », rapporte cet hebdomadaire.
« Etrange coïncidence, remarque L’Express, cette même année, six inconnus venus de pays de l’est, font valoir auprès de la Ville de Paris leurs droits de propriété sur la tombe de Tatiana Rachewskaïa. Ils sont tous descendants de la jeune Russe, laquelle bénéficie d’une concession perpétuelle au cimetière Montparnasse. En clair, ils sont propriétaires de la tombe. Donc du Baiser » !
L’année suivante, le ministère de la Culture classait Le Baiser « trésor national ». Quatre ans plus tard, « la totalité de la tombe » était inscrite au registre des monuments historiques, rapporte encore L’Express. Depuis, la statue a été enchâssée dans une caisse en bois surveillée par « trois discrètes caméras » et protégée par « une alarme », en attendant la suite du « bras de fer judiciaire ».
Comme le remarque L’Express, Constantin Brancusi, lui, est installé « aux premières loges » pour suivre les rebondissements de cette affaire : « sa sépulture ne repose qu’à quelques dizaines de mètres de celle de Tatiana Rachewskaïa. Sous une simple dalle, sans stèle, sans sculpture. Et sans caisse en bois » !