Attentat ou fait divers ? Des questions sur l’attaque qui s’est déroulée à Trappes, près de Paris, hier. Des questions, et pas encore de réponse. « Quelles étaient les motivations réelles de Kamel S ? », se demande ainsi Le Parisien. Cet homme de 36 ans a tué sa sœur et sa mère au couteau, avant d’être abattu par le Raid, cette unité d’intervention spéciale de la police. Peu de temps après ce drame, l’organisation jihadiste de l’Etat islamique « s’est empressée » de revendiquer l’attaque.
« L’EI revendique un fait divers ? », lance en Une Libération, avec un point d’interrogation indiquant que ce quotidien a comme un doute. Libé y voit un signe de « l’affaiblissement » de l’EI. « Si ce scénario se confirme, on peut en conclure que, malgré les drames, les épreuves, les tragédies, la lutte contre le terrorisme marque des points. »
Libé met toutefois en garde contre un « double danger ». Un, qualifier de terroriste un acte qui ne l’est pas, mais qui relève du fait divers, c’est « alimenter les fantasmes trop souvent répandus, qui accusent les autorités de jouer la peur et la stigmatisation de l’islam ». Mais deux, répugner à le faire quand les éléments sont là, c’est « nourrir une paranoïa symétrique, selon laquelle l’Etat sous-estimerait la menace, n’oserait pas désigner l’ennemi et chercherait à échapper à ses responsabilités en matière de sécurité ».
Plus de pognon de dingue
En France encore, ça bouillonne dans les ministères. Le gouvernement veut faire des économies et envisagerait à cet effet de geler certaines prestations sociales. Selon Les Echos, le gouvernement « est tenté de geler le RSA », le revenu de solidarité active. Explication du quotidien économique français : ledit gouvernement « fonde sa doctrine sociale sur le travail ». Les allocations familiales, la prime d’activité, le minimum vieillesse et l’allocation adulte handicapé seront, en revanche, revalorisés, croit savoir ce journal.
Selon L’Express, les ministres Agnès Buzyn (Solidarités et Santé) et Muriel Pénicaud (Travail) ont protesté, auprès du Président et du Premier ministre, contre des projets de réforme visant des aides sociales.
L’affaire Françoise Nyssen
« L’affaire Françoise Nyssen » prend de l’ampleur, la justice s’en mêle, et ce bouillon de culture là, le gouvernement, à n’en pas douter, s’en serait bien passé. Le parquet de Paris a, en effet, ouvert hier une enquête préliminaire pour déterminer si les travaux d’agrandissement dans les locaux parisiens des éditions Actes Sud en 1997 et en 2012 respectent le code de l’urbanisme.
Etant rappelé que cette maison d’édition était auparavant dirigée par la ministre de la Culture Françoise Nyssen, et qu’elle l’est aujourd’hui par son mari, Le Parisien donne ce matin dans la formule botanique. « Un cactus nommé Nyssen », lance ce journal, dans lequel une source gouvernementale anonyme admet que « si c’est avéré, cela fait tache ».
« Cela » ? C’est ce que Le Parisien appelle en effet, « l’affaire Françoise Nyssen ».
C’est Le Canard Enchaîné qui, avant-hier, avait révélé la réalisation de ces travaux sans autorisation de la mairie ni notification au fisc. Environ 150 mètres carrés y auraient été gagnés par l’installation de plusieurs mezzanines, dans un hôtel particulier du XVIIIe siècle, inscrit aux Monuments historiques.
Une association du nom de Sites et Monuments dit vouloir porter plainte contre la ministre de la Culture.
La maison d’édition a annoncé hier son intention d’entreprendre « les démarches qui s’avéreraient nécessaires pour une mise en conformité au code de l’urbanisme » de ses locaux.
Quant à Françoise Nyssen, elle est « agacée, elle en a plein le dos », dit un ministre au Parisien.
Plein le dos ? Que faut-il comprendre ? « C’est à Françoise Nyssen, une femme dont tout le monde reconnaît les qualités humaines et professionnelles, de décider si, politiquement et moralement, elle doit conserver sa fonction, énonce La Voix du Nord. Et au président de savoir s’il prend le risque d’une affaire enclenchée dès la rentrée, après une autre qui inaugura bruyamment les vacances », l’affaire Benalla.
Adieu, New-York sur Seine !
Une qui s’est retirée de la politique, c’est Nathalie Kosciusko-Morizet. Et aujourd’hui, l’ancienne ministre de droite tire définitivement sa révérence. Reconvertie dans les affaires à New-York, Nathalie Kosciusko-Morizet « démissionne aujourd’hui du Conseil de Paris », son dernier mandat électif, signale Le Parisien. C’est une page qui se tourne, « en toute discrétion ou presque », pointe ce quotidien. La preuve…
Un été avec Valéry ; et Prévert
En politique enfin, les principales formations de gauche se réunissent cette fin de semaine pour leurs « universités d’été ». Et cette année encore, c’est pour elles la période des vaches maigres. C’est le cas, par exemple, de La France insoumise. Laquelle formation réunie à Marseille, terre d’élection de sa figure de proue Jean-Luc Mélenchon, organise jusqu’à dimanche ses « amfis d’été ».
« Que faire des partis politiques ? », se demande L’Humanité. Car à l’heure où l’on assiste à un « acharnement à vouloir (les) enterrer », leur rôle est « mis sur la table », admet le quotidien communiste français.
Les universités d’été sont « l’automne des partis politiques, enjolive à la manière de Prévert le journal L’Opinion, les illusions s’y ramassent à la pelle, les ambitions et les regrets aussi ». Ce n’est pas du Valéry, c’est du Prévert…