Rien ne va plus pour les républicains aux Etats-Unis : malgré tous les efforts de l’establishment du parti, le peuple s’apprête à désigner l’épouvantail Donald Trump comme candidat officiel du parti à la présidentielle.
« Carnage pour les élites républicaines, constate Le Figaro. Elles avaient mis toutes leurs forces de persuasion dans la bataille, pour discréditer Donald Trump et arrêter sa marche de plus en plus inexorable vers la nomination, dépensant près de 35 millions de dollars de publicités négatives pour peindre l’image d’un Hitler en puissance, raciste et dangereux, non taillé pour la fonction suprême. Après avoir appelé à l’aide d’anciens candidats présidentiels comme Mitt Romney et John McCain, elles avaient même surfé, avec l’aide de médias américains ayant abandonné toute neutralité, sur les incidents violents survenus dans les meetings du milliardaire - investis par des manifestants de gauche venus en découdre - pour démontrer qu’une présidence Trump serait synonyme de chaos. L’ensemble de la classe politique avait aussi dénoncé l’irresponsabilité de l’homme d’affaires et ses appels choquants à rudoyer les protestataires intempestifs. »
 
Eh bien, rien n’y a fait, s’exclame Le Figaro… « Cette vague d’attaques massives s’est révélée inefficace, peut-être même contre-productive : mardi soir, lors d’un nouveau Super Tuesday qui mettait en jeu cinq États cruciaux, dont l’Ohio et la Floride, c’est leur champion Marco Rubio qui a dû quitter la scène. (…) À travers ces résultats, c’est l’establishment du Grand Old Party tout entier qui se voit infliger une claque politique magistrale. Le peuple de Trump n’a rien voulu entendre. »
 
Et Le Figaro de citer l’éditorialiste du Wall Street Journal Peggy Noonan : « Nous sommes au milieu d’une rébellion », confirme-t-elle, évoquant « l’émergence politique des 'non protégés' (qu’elle oppose aux élites 'protégées', bien calées dans leur monde sécurisé). Ils voient les dysfonctionnements de Washington et… se disent : dans un monde de bandits, Trump sera notre bandit. »
 
Ce pourrait être pire ?
 
« N’ayez pas peur de Donald Trump », lance pour sa part l’écrivain américain Iain Levison, un brin provoquant, dans une tribune publiée par Libération. « Serait-il un bon président ? Probablement pas, mais on ne sait jamais. Il a passé les trente dernières années à négocier avec les gens, et avec succès. Aussi dur que soit le climat politique à Washington, j’imagine qu’il n’est pas pire que le milieu de l’immobilier à New York, pointe l’écrivain américain. Donald Trump sait comment faire des compromis. Il pense que la guerre en Irak était une erreur, c’est un social-libéral, et il a invité Hillary Clinton à son mariage. Il sera peut-être une bonne surprise. Ou alors, dès son entrée en fonction, il nommera Lady Gaga à la Cour suprême. Nous ne pouvons encore rien en dire. La question est : pourrait-il être pire que George W. Bush ? Je n’essaie pas de dire que Donald Trump est un bon candidat, poursuit Iain Levison. Il est complètement déjanté, la moitié de ce qu’il dit ne tient pas debout, et le reste le fait ressembler à un gamin de CM1 qui joue au caïd. Mais si vous pensez que c’est le pire scénario possible pour la politique américaine, c’est qu’il y a très longtemps, affirme le romancier, que vous n’avez pas regardé le Parti républicain. Donald Trump en 2016 ? Ce pourrait être bien pire. »
 
L’étau se resserre autour de Mgr Barbarin
 
On reste avec Libération qui donne la parole ou plutôt la plume à des écrivains ce jeudi… C’est le Libé des écrivains, comme chaque année, à l’occasion du Salon du livre. Avec souvent des points de vue originaux, personnels et tranchés. On vient de le voir avec Iain Levison. Le sujet d’ouverture de ce Libé des écrivains, c’est l’affaire des prêtres pédophiles. Avec ce long papier signé Philippe Besson : « Déjà accusé d’avoir couvert des actes de pédophilie, l’archevêque de Lyon, Mgr Barbarin, aurait promu un prêtre condamné pour agressions sexuelles. » Et l’écrivain de s’interroger : « L’Eglise, qui entendait protéger les enfants avec la Manif pour tous, serait-elle moins tendre avec ses propres petits fidèles ? »
 
Philippe Besson rappelle les propos d’une des victimes devenue adulte, après une rencontre avec Mgr Barbarin : « Le cardinal m’a dit qu’il était parfaitement au courant, que ce prêtre reconnaissait les faits me concernant. Et puis il s’est abrité derrière la prescription pénale. Il n’a rien fait pour protéger les autres enfants, il l’a laissé en place, au même endroit. »
 
Et le romancier de laisser éclater sa colère : « L’écrivain que je suis, il voit cette scène, il entend le dialogue et l’homme que je suis, il hurle. D’où vient la réponse du cardinal ? De quelle irresponsabilité ? De quel sentiment d’impunité ? De quelle hypocrisie ? Comment un homme de Dieu peut-il témoigner aussi peu de compassion ? Autant de perversité ? Comment un homme tout court peut-il ne pas dénoncer pareil crime ? Comment n’admet-il pas qu’il a mis en danger la vie d’autrui ? Et comment, dans le silence revenu, s’arrange-t-il avec sa conscience ? »
 
Démission ?
 
Cette affaire de prêtres pédophiles fait également la Une du Parisien. « L’affaire de trop », titre le journal. Avec cette question : « Le cardinal Barbarin doit-il démissionner ? » Eh bien oui, estime Le Parisien. « Chaque jour qui passe épaissit le malaise que suscitent les décisions du cardinal Barbarin. Hier, le plus éminent membre de l'Eglise catholique de France arrivait encore à faire croire à sa bonne foi, celle d’un homme de dialogue qui se serait laissé convaincre de l’innocence de l’un de ses prêtres. (…) Mais en accordant une promotion à un curé condamné quelques années plus tôt pour des agressions sexuelles sur des étudiants, il a contredit par ses actes toutes ses bonnes paroles. Depuis qu’il est dans la tourmente, le cardinal répète qu’il est 'prêt à prendre ses responsabilités'. Dans cette situation intenable, cette promesse devrait le conduire à démissionner, affirme donc Le Parisien. Pour le bien de l’Eglise et de ses victimes. »
 
A la source !
 
Enfin, l’impôt à la source : ce sera pour 2018… C’est la Une du Figaro et des Echos. « Impôt : ce que va changer le prélèvement à la source », titre le quotidien économique. Finalement, tout et rien… « Pour les salariés, le revenu sera prélevé par les employeurs. L’impôt versé apparaîtra sur la fiche de paie comme c’est le cas aujourd’hui pour les cotisations sociales. » Pour sa part, précisent encore Les Echos, « l’administration fiscale transmettra au contribuable et à l’employeur un taux de prélèvement au deuxième semestre 2017. Ce taux sera actualisé en septembre 2018, suite à la déclaration d’impôts remplie au printemps 2018. Il faudra donc continuer de déclarer les revenus chaque année. »