« Comme l’ombre d’un doute, pointe Le Monde. Au lendemain de la réélection d’Emmanuel Macron, fin avril, ses lieutenants imaginaient les élections législatives comme une formalité. (…) Un mois et demi plus tard, à l’approche du scrutin des 12 et 19 juin, le paysage s’est assombri. À cinq jours du premier tour, les troupes d’Emmanuel Macron restent confiantes mais sans être, toutefois, certaines de décrocher la majorité absolue. Avec le déclin progressif enregistré par le camp présidentiel dans les sondages, les lieutenants du chef de l’État ont sérieusement revu à la baisse leurs ambitions, en redoutant désormais une majorité étriquée… Voire une défaite, désormais jugée "pas impossible" à l’Élysée. »

En effet, pointe La Croix, « dans une campagne qui n’intéresse guère les Français – les instituts de sondages prévoient un taux d’abstention supérieur à 50 % –, et alors que les premiers pas du nouveau gouvernement ont été éclipsés par l’affaire Damien Abad et le fiasco du Stade de France, la majorité est à la peine dans les sondages. La République en marche et ses alliés arriveraient en tête du scrutin, mais obtiendraient seulement entre 275 et 315 sièges sur 577. Sans certitude, donc, d’avoir la majorité absolue dans l’Hémicycle. »
Comme un élan à gauche
Alors, « serait-ce le calme avant une possible tempête ? », s’interroge Le Figaro. « Derrière la morne plaine, les colères volcaniques d’une partie des Français subsistent et, faute d’avoir été prises à bras-le-corps depuis longtemps, elles pourraient un jour se réveiller. De fait, les fractures sont multiples : sociale, générationnelle, géographique, culturelle, ethnique… L’épisode des gilets jaunes a laissé des traces et donné un avant-goût de ce qui pourrait arriver. »

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En effet, à gauche, il y a comme un « élan », pointe Libération. « À moins d’une semaine du premier tour, les militants continuent de mobiliser pour empêcher Macron d’obtenir une confortable majorité à l’Assemblée. Si Mélenchon ne devient pas Premier ministre, l’Union aura au moins eu le mérite d’insuffler une nouvelle dynamique à gauche. (…) Jean-Luc Mélenchon a réussi à bâtir une opposition qui écrase toutes les autres. Ils sont nombreux, un peu partout en France, les "fâchés pas fachos" qui réclament la revitalisation des services publics, un renouvellement des institutions, et la lutte contre le dérèglement climatique ou les injustices sociales. »
Bojo : reculer pour mieux sauter…
À la Une également, Boris Johnson a eu chaud hier soir… « Boris Johnson a obtenu un (petit) sursis, constate Le Parisien. En emportant hier soir le vote de confiance, le Premier ministre britannique peut souffler un temps, aucune autre motion de défiance ne pouvant être déposée pendant un an. Mais cette fois, le couperet n’est pas passé loin. Le scandale des soirées clandestines fort arrosées en série au 10 Downing Street, pendant que le Royaume était confiné pour cause de Covid-19, a failli coûter son poste au turbulent Boris Johnson, que certains de ses "amis" de son propre parti voulaient pousser dehors. Bojo reste en poste grâce aux 211 voix des députés conservateurs en sa faveur. 148 ont voté contre, et il se retrouve désormais face à une majorité fracturée. »

« Touché, mais pas (encore) coulé », commentent Les Dernières Nouvelles d’Alsace. « Techniquement, Boris Johnson a sauvé son siège de Premier ministre mais psychologiquement et même politiquement, il l’a déjà perdu. (…) Bojo est désormais cerné par les affaires et les scandales. Plus isolé et affaibli que jamais. Régnant sur un champ de ruines. »
Inflation : haro sur le discount !
On revient en France, on revient au Parisien qui constate « une ruée sur les magasins discounts : l’arme anti-inflation », s’exclame le journal en Une. « Selon une récente étude publiée par le magazine 60 Millions de consommateurs, l’inflation représente déjà un surcoût de 90 euros par mois et par famille, relève Le Parisien. Alors, les Français s’organisent : pour maintenir leur consommation, ils n’ont d’autre choix que de se tourner vers les enseignes discount, où les prix riquiquis sont légion. »

Enfin, dans la série tout augmente : les prix s’envolent aussi dans les transports… « Avion, train : le prix des billets flambe », constate La Dépêche en première page. Plus 15% à la SNCF ces trois derniers mois, plus 10% pour les billets d’avion, déplore le journal qui trouve là l’occasion « d’une profonde réflexion sur les transports dont nous aurons besoin dans les années à venir : transports plus écologiques, moins polluants et plus efficients, transports plus abordables, transports plus innovants… »