J-8 avant le premier tour des élections législatives, en France. Dans un entretien à plusieurs journaux régionaux ainsi qu’au quotidien national Le Parisien, Emmanuel Macron tente de reprendre la main en défendant sa « nouvelle méthode ». Il assure vouloir « agir vite et fort » afin de lancer ses réformes touchant au pouvoir d'achat, à l'écologie, aux institutions et aux retraites.

Estimant que « les Français sont fatigués des réformes qui viennent d'en haut », le chef de l’État, après les législatives, dit vouloir réunir les forces politiques, économiques, sociales ou associatives du pays ainsi que des citoyens tirés au sort au sein d’un « Conseil national de la refondation » qui pourrait s’apparenter à ce que fut le Conseil national de la résistance durant la Seconde Guerre mondiale, la France vivant, selon lui, dans un « temps comparable », dit Emmanuel Macron à la presse régionale comme au Parisien.
Macron et la France d’en bas
Le président présente aussi son catalogue de réformes qu’il souhaite venues « d’en bas ». La loi pouvoir d'achat ? Elle sera votée « dès cet été », ainsi qu’un texte « de simplification et d'urgence pour les projets d'énergie », assure Emmanuel Macron. En attendant un « dispositif pour les gros rouleurs dès cet automne », Emmanuel Macron confirme que la ristourne de 18 centimes sur les carburants sera « prolongée en août ». Au sujet de la crise des hôpitaux, le président promet « dès juillet des décisions d'urgence indépendamment du conseil de refondation ». Quant à la réforme des retraites, elle entrera en vigueur « dès l'été 2023 », sans autre précision sur ce dossier oh combien délicat.
Haro sur Mélenchon et Le Pen
Dans cette interview, Emmanuel Macron attaque aussi ses rivaux Jean-Luc Mélenchon et Marine Le Pen. Rivaux, selon lui, porteurs de « projets de désordre et de soumission ». Jean-Luc Mélenchon veut se faire « élire Premier ministre » si la Nupes obtient la majorité aux législatives. « Il est rare de gagner une élection à laquelle on ne se présente pas, dit Emmanuel Macron. Aucun parti politique ne peut imposer un nom au président ». Tout en concédant ne bénéficier d'aucun état de grâce en ce début de second quinquennat, Emmanuel Macron en réfute tout temps mort ou atonie.

Le chaos, il y a une semaine, le soir de la finale de la Ligue des champions de football au Stade de France ? Il l'a « indigné », dit-il. Les accusations de viol contre le nouveau ministre des Solidarités ? Emmanuel Macron excipe la « présomption d'innocence » et souhaite que Damien Abad « puisse mener à bien son travail ».

Au sujet de la guerre en Ukraine, enfin, le président français dit de son homologue russe Vladimir Poutine qu’il a commis « une erreur historique et fondamentale » et qu'il s’est aujourd'hui « isolé ». Dans cet entretien, Emmanuel Macron répète qu'il ne faut « pas humilier la Russie », afin que « le jour où les combats cesseront, nous puissions bâtir un chemin de sortie par les voies diplomatiques ».
Liberté pour la droite contrainte
La bataille des législatives encore, avec cet appel lancé par Valérie Pécresse à la droite ayant voté Macron à reprendre sa « liberté ». Dans une tribune publiée par Le Figaro, l’ex-candidate du parti de droite Les Républicains à la dernière élection présidentielle invite les électeurs de la droite et du centre qui, dès le premier tour de l'élection présidentielle, « ont cru nécessaire de voter "utile" - c'est-à-dire Macron - pour ne pas risquer un duel Le Pen-Mélenchon, à ne pas tomber dans le même piège et à reprendre leur liberté ». Selon Valérie Pécresse, la France est « placée devant les risques d'un affrontement entre, d'un côté, l'hyperprésidence, de l'autre l'hyperpopulisme. Une démocratie réduite à ce duel ne peut qu'être violente et stérile pour les Français », énonce-t-elle dans Le Figaro.
Trois tartarins sous influence
Pour conclure, l’affaire de ces trois influenceurs visés par la justice après leur voyage au Proche-Orient. Selon Le Parisien, une enquête a été ouverte par le parquet d'Évry, visant trois influenceurs du nom de Rayanne B., Ibrahim K. et Amir L. afin de déterminer si des infractions ont été commises après la mise en ligne de vidéos montrant le premier tirer à la kalachnikov, puis au bazooka. Sur les images d'une seconde vidéo, ces influenceurs que Le Parisien qualifie de « trio de fanfarons » feraient un barbecue en Syrie, déclarant : « On est bien arrivés en Syrie. N'écoutez pas la télé, y'a pas la guerre, tout se passe bien ici, c'est super cool en fait ! ». En Syrie ? Le Parisien a comme un doute, et croit savoir que ces vidéos ont en fait été tournées au Liban.