Le premier tour des élections législatives, ce dimanche, en France métropolitaine ? Pour la presse, il se résume à un duel entre Emmanuel Macron et Jean-Luc Mélenchon. Pourtant, une étude hissée à la Une du journal Le Monde, daté d’aujourd’hui, confirme « la structuration en trois pôles de poids équivalents » du paysage politique français.

Saisissant contraste entre les gros titres, dans les kiosques, et le risque d’abstention record anticipée par les ultimes sondages portant sur les intentions de vote. La plupart des enquêtes d’opinion anticipent une abstention élevée, comme par exemple celle de l’Ifop pour Paris Match, selon laquelle quatre Français sur dix s’intéressent aux élections législatives, sondage prédisant en conséquence un taux de participation de 40% à peine.

Ainsi, à en croire la Une du Parisien Dimanche, ça n’est rien moins que le quinquennat qui « se joue maintenant ». Et pour se mieux faire comprendre, ce journal, en pages intérieures, assure que « Macron joue l’avenir de son quinquennat ».

Il va de soi que, par l’usage qu’il fait ainsi du verbe « jouer », Le Parisien Dimanche entend signifier l’enjeu de ces législatives. Et pour le président de la République fraichement réélu ; et pour l’opposition...

L’Opposition ? C’est justement une partie de cette dernière, et non des moindres, qu’a choisi de hisser à sa Une Le Journal du Dimanche, en agitant « le chiffon rouge », alias Jean-Luc Mélenchon, figure de proue de l’alliance de gauche, engagé, donc, par une bonne partie de la presse, cette semaine, dans un « duel » avec le président Macron, et qui apparaît regard sévère et geste péremptoire, dans une posture toute d’injonction et d’autorité, à la Une du JDD.

Boursouflure lexicale encore, avec ce titre de Marianne présentant le scrutin d’aujourd’hui et dimanche prochain comme « les élections les plus importantes depuis quarante ans » !

N’en jetez plus ? Mais que dire alors de ce titre du JDD qui présente la droite « au bord du dépôt de bilan » ? On le voit, l’atmosphère printanière de ce dimanche ensoleillé sur la France métropolitaine, à en croire la presse, qui installe le suspense, pourrait s’achever dans une ambiance plus tendue, ce soir, à l’ouverture des urnes. 
Ukraine, l’enfance martyre
« Ils étaient enfants et ont été assassinés à Boutcha ». C’est l’hebdomadaire L’Obs qui, cette semaine, a « retracé leur martyre ». Ce magazine évoque ainsi la tragédie d’Igor, 15 ans, abattu « de sang-froid » devant l’entrée de la cave où se terraient une centaine d’habitants « pendant l’occupation russe de Boutcha », ville proche de Kiev où, à ce jour, 416 corps ont été retrouvés, dont 32 d’enfants. Tragédie encore, que celle d’Ivan, 15 ans, « mitraillé dans la voiture de sa mère ». Et que dire de celle de Nastia, 6 ans, qui « a agonisé dans un jardin d’enfants »…

Enfants martyres, mais aussi survivants… orphelins. « Les chiffres ne veulent rien dire, souligne L’Obs, parce qu’ils escamotent, par exemple, cette tragédie : les orphelinats ukrainiens évacués dans l’urgence. Ils seraient au moins 100 000 gamins, selon le Haut-Commissariat aux Réfugiés, à avoir été transférés vers l’ouest du pays, ou dans les pays limitrophes : rien qu’en Pologne 4 000 sont hébergés dans des maisons d’accueil temporaires. Mais qu’adviendra-t-il d’eux demain, interroge cet hebdomadaire, d’autant que beaucoup ne sont pas légalement adoptables ? 70 % de ces enfants ont encore des parents, et ont été placés dans ces institutions parce que ces derniers, handicapés ou confrontés à la misère, ne pouvaient les garder à la maison… Les pays d’accueil pourront-ils les prendre en charge indéfiniment, alors qu’on sait le manque cruel de budget de l’Aide sociale à l’Enfance en France ? », se demande encore L’Obs.