Lundi 18 décembre – c’est demain - ce sera la Journée internationale des migrants. Justement, le pouvoir exécutif « veut durcir le droit d’asile », lance « en Une » Le Journal du Dimanche, il veut « augmenter le nombre d’expulsions » !
Evoquant la future loi dite « immigration-asile », Le JDD souligne que cette réforme en gestation « prend un tour répressif », avec notamment la réduction du délai de traitement des demandes d’asile « à six mois maximum » (contre quatorze aujourd’hui) et le doublement, de quarante-cinq à « quatre-vingt-dix jours », de la durée légale de rétention dans les centre administratifs dédiés, dont le nombre de places serait augmenté « de 400 » ; sans omettre une augmentation des " effectifs de la police de l’air et des frontières " », complète Le Journal du Dimanche.
Pas de doute, « il s’agit d’expulser davantage, et mieux », rajoute Le JDD. Ce que cet hebdomadaire résume d’un titre-choc : « Macron et Collomb veulent plus d’expulsions ». Bienvenue en France !
Alors, ballon d’essai par presse interposée ou nouveau tour de vis aux frontières en perspective ? Toujours est-il que « Macron choisit la ligne dure », déplore Le Monde « en Une ». Et  ce journal s’en émeut. « Quand la brutalité semble l’emporter sur l’humanité, c’est aussi l’honneur de la France qui est en jeu »…
Macron : regain d’hiver
La cote de popularité d'Emmanuel Macron rebondit ce mois-ci. Et celle du Premier ministre Edouard Philippe aussi. Selon le baromètre mensuel concocté par l’Ifop pour Le Journal du Dimanche, 52% des Français approuvent désormais l’action du président, contre 46 % qui la désapprouvent. C’est 6 points de plus qu’en novembre. Et 54 % donnent leur quitus à celle du Premier ministre, soit une hausse de 5 points par rapport au mois dernier, contre 42 % qui la blâment, indique Le JDD.
Johnny Hallyday : deuil, larmes et dérapage
Paris Match consacre 55 pages aux funérailles du rocker sur l’île de Saint-Barthélemy, mais aussi à la cérémonie sur les Champs-Elysées et à l’église de la Madeleine à Paris. En images, Match illustre son album souvenir de photos de fans en pleurs que ce journal, d’une formule hardie, appelle « le peuple de Johnny ».
Justement. Ce présumé « peuple de Johnny » a fait l’objet cette semaine d’une de ces polémiques dont la France a le secret, après que le philosophe Alain Finkielkraut ait déclaré que seul le « peuple des petits blancs » s'était rendu à l'hommage de Johnny, estimant que les « non-souchiens » avaient « brillé par leur absence ».
Par « non-souchiens », cet essayiste et polémiste faisait-il référence à une différence entre, d’un côté, des « Français de souche » et d’autres qui ne le sont pas ? Toujours est-il que ce lexique provocateur (employée avec ironie, précisera ensuite, mais un peu tard, Alain Finkielkraut) enflammera vite les réseaux sociaux.
Vous avez dit dérapage ? En employant l'expression « non-souchiens », Alain Finkielkraut « accepte ce qu'il a toujours refusé, déplore Marianne, l'assignation de chacun à la couleur de sa peau, à ses origines et à sa date d'entrée sur le territoire ».
Or, regrette cet hebdomadaire, « on ne combat pas le racisme en l'intériorisant. (…) Il n’y a qu’une France, indivisible comme la République, qui ne connaît et ne veut connaître les couleurs, les religions et les origines de ces citoyens, énonce avec gravité Marianne. Sa défense se passe de mots chiens. »
Mexique : le venimeux serpent à plumes
Bienvenue cette fois-ci au Mexique ! Ce pays caracole depuis plusieurs années à la « seconde place des états les plus meurtriers du monde – après la Syrie », souligne Le Figaro-Magazine. « Les ONG s’accordent à établir le bilan de l’année 2016 à plus de 23 000 morts dans tout le pays. Un bilan qui, au vu des premières estimations de 2017, devrait être majoré de près de 30 % », dénombre cet hebdomadaire. « Aux morts déclarés s’ajoutent les enlèvements et les disparitions, qui sont pléthore dans le pays. Depuis 2006, année où l’ancien président Felipe Calderon déclara officiellement la guerre aux cartels mexicains, ce conflit a complètement sclérosé le pays. Dernier symptôme de ce cancer institutionnalisé ? L’explosion de la violence dans l’Etat de Colima », complète Le Fig Mag, qui s’est rendu sur place.
Car proportionnellement à sa population, cet Etat sur la côte Pacifique du Mexique est devenu le plus violent du Mexique. « Jusque très récemment, ce petit bout de terre située à quelque 700 kilomètres de la ville de Mexico n’étaient réputé que pour la beauté de ses plages de sable fin, ses palmiers, son climat tropical et son volcan. Aujourd’hui, Manzanillo (sa capitale), c’est Enfer – sur – Paradis », formule Le Figaro Magazine.
Et ce pour deux raisons : logistique et géographique. « En plus d’être coincé entre deux autres Etats clés pour les cartels (de la drogue), Jalisco et Michoacan, Colima abrite le port de Manzanillo – le plus important du Mexique en tonnage -, ainsi que le plus grand réseau de voies ferrées (…), ce qui lui permet de desservir aisément la frontière avec les Etats-Unis », explique ce journal.
Résultat, Colima est le « symptôme en résumé de l’affection dont souffre le pays. Onze ans après la déclaration de guerre de Calderon aux cartels, cinq ans après l’élection du nouveau président Enrique Pena Nieto et alors que les Etats-Unis déboursent chaque année plus de 40 milliards de dollars pour lutter contre le trafic de drogue, le conflit continue de s’enliser. Pire encore : il gagne en intensité et en brutalité ». Bienvenue donc au Mexique, pays du serpent à plumes, si toutefois vous tenez à en laisser, justement, des plumes…