Le Mexique « attend le pape », se réjouit La Croix. Et dans l’emploi du verbe « attendre » par la manchette du quotidien catholique, il convient assurément de comprendre que le pays de la vierge de la Guadalupe attend beaucoup du souverain pontife, qui est arrivé dans le pays pour un voyage de cinq jours.
Car, depuis les années 90, c’est un vrai martyr que cette terre de chrétienté subit avec la violence qui le déchire. Le Mexique est « frappé par les crimes du narcotrafic et la corruption », soupire La Croix, dont la correspondante locale a osé faire le voyage de Ciudad Juárez, connue il n’y a pas si longtemps comme la ville « la plus meurtrière au monde ». Cette cité frontalière d’avec le Texas, c’est un vrai « far-west ». À Ciudad Juárez, « les tirs croisés et les fusillades survenaient n’importe où, n’importe quand », s’effare le journal, et le bilan est hallucinant : « 125 000 morts et 26 000 disparus », dénombre La Croix. Dans l’État de Michoacán, sur la côte pacifique, c’est tout comme, « la violence aiguë se conjugue au présent », constate La Croix.
 
Alors, oui, François a du pain sur la planche, mais l’église mexicaine affronte avec courage cette détresse et se mobilise avec des acteurs sociaux et des entreprises locales pour organiser, ici des « camps jésuites », là des centres « pour détourner les jeunes du narcotrafic », comme à Acapulco où le diocèse, mais aussi Caritas International et l’organisme Service à la jeunesse, le Seraj, ont développé des « services d’intervention destinés spécifiquement aux jeunes », relève La Croix.
 
Chrétiens d’Orient et d’Occident : la réconciliation
 
Mais avant Mexico, François était à Cuba, pour une rencontre des plus historiques, c’est le moins que l’on puisse dire puisqu’à l’aéroport Jose Marti de La Havane, le pape a rencontré en tête-à-tête le Patriarche orthodoxe Cyrille, tout sourire, qu’il a « chaleureusement » salué et embrassé, souligne Le Figaro. Une première depuis pratiquement un millénaire, c’est-à-dire depuis le schisme entre chrétiens d’Orient et d’Occident !
 
Pour le journal Les Dernières Nouvelles d'Alsace, le pape François a ainsi jeté une « passerelle par-dessus mille ans de rupture ». Car à la différence des relations entre catholiques et protestants, qui se sont simplifiées et réchauffées à la fin du XXe siècle, bien des « suspicions » subsistent entre le Vatican et le patriarcat de Moscou, explique ce quotidien de l’est de la France. D’autant que Cyrille travaille « main dans la main avec Vladimir Poutine », indique Les Dernières Nouvelles d'Alsace.
 
Syrie : trêve ou cessez-le-feu ?
 
Justement, l’ombre du président russe a plané à Munich, en Allemagne, où, dans la nuit de jeudi à vendredi, la Russie et les États-Unis ont finalement trouvé un accord sur une « cessation des hostilités » d’ici à une semaine en Syrie. Cet accord doit s’appliquer à toutes les parties, à l’exception de l’État islamique et du Front al-Nosra, branche syrienne d’Al-Qaeda, qui en sont exclus. Il se double d’un volet humanitaire concernant pour l’heure sept villes syriennes. Espoir « ténu », modère Libération, qui souligne la « fragilité » de l’accord, lequel « relève plus de la trêve que du cessez-le-feu », nuance Libé.
 
Le Figaro n’écrit pas autre chose, en qualifiant de « mince » l’espoir d’un cessez-le-feu en Syrie. Etant rappelé que Manuel Valls est à Munich pour participer aujourd’hui aux débats de la conférence sur la Syrie, Le Figaro se fait l’écho d’un entretien accordé par le Premier ministre français à des journaux régionaux, dont le Berliner Morgenpost, au cours duquel Manuel Valls déclare qu’une « offensive terrestre de troupes locales régionales, arabes pour ainsi dire, serait décisive ». De son côté, le premier ministre russe a, lui, accordé une interview au quotidien Handelsblatt, dans laquelle Dmitri Medvedev met en garde contre « un risque de guerre mondiale », note encore Le Figaro.
 
Oui, confirme Le Journal de la Haute-Marne, le défi de demain, comme d'aujourd'hui d'ailleurs, est « l'éradication de Daech. Elle se fera au sol. Les Russes y sont déjà. […] Ils ne sont donc pas prêts à lâcher leur fidèle serviteur de Damas ».
Pour Sud-Ouest aussi, la Russie n'a qu'un seul objectif, « maintenir Bachar al-Assad au pouvoir. Lui tailler un fief, un royaume assez vaste pour qu'il s'y sente à son aise et qu'il puisse retourner ses forces contre la menace aux yeux de Moscou la plus importante, celle de Daech et des groupes islamistes ainsi que ceux qui se réclament d'al-Qaida ».
 
Attentats : la piste autrichienne
 
Du nouveau dans l’enquête sur les attentats de Paris le 13 novembre dernier. Selon Le Parisien, deux migrants qui ont été arrêtés en Autriche après avoir déposé une demande d’asile à Salzburg, et qui ont ainsi été repérés par leurs empreintes digitales, étaient en fait des terroristes liés à ceux du Stade de France. Cet algérien et ce pakistanais, « Fozi B. et Faysal A. », énonce le journal, avaient appelé un numéro de téléphone étranger, une ligne « bien connue des enquêteurs français car elle a été jointe par l’un des terroristes morts au Stade de France. Le lien avec les attaques du 13 novembre est définitivement établi » complète le quotidien.
 
Remaniement : cap 2017
 
La presse française ne s’en lasse pas. Le remaniement ministériel voulu par François Hollande vise surtout à mettre le cap sur la prochaine élection présidentielle. « Tout est fait pour préparer 2017, énonce ainsi La Nouvelle République du Centre Ouest. Cela se voit comme le nez au milieu de la figure ». Pour le journal La Montagne/Centre France, l'opération est « d'abord un outil pour que le chef de l'État prépare sa prochaine candidature. C'est tactique et c'est bien là l'essentiel de cette opération » explique le confrère. Le Figaro le souligne également. La logique du chef de l’Etat « répond à un seul objectif, qui s'appelle 2017 ». Vivement l’an prochain…